Breves du Temoin : La prorogation des mandats parlementaires est désormais irreversible

Jusqu’à une date récente encore, le doute l’emportait largement sur la certitude quant à une seconde prorogation de la 5ème législature. Mais la signature et l’entrée en vigueur de l’accord politique de gouvernance entre les composantes de la classe politique aura levé toute équivoque sur la question car le contenu document final en dit long. C’est du moins ce qu’il ressort implicitement des justifications de l’accord où il est fait état notamment des attentes non comblées de la première prorogation. Laquelle, mentionne le document, n’a pas permis de procéder aux réformes pour lesquelles la mesure était intervenue. On peut en déduire logiquement que pour l’accomplissement desdites réformes au moins une seconde prorogation  sera nécessaire et que la Cour constitutionnelle n’y opposera aucun grief en juin dernier au terme de la première échéance accordée. Pas plus qu’il n’y aura d’opposition du côté de la rue et de l’opinion dont l’hostilité se manifestait naguère encore par des menaces de protestations populaires. Avec l’ouverture du gouvernement aux partis de l’opposition, il n’est point évident que les velléités rebondissent avec une ardeur aussi redoutable que s’il n’y avait pas d’entente politique.

Bientôt l’épilogue des pénuries d’eau et d’électricité
Le problème d’eau et d’électricité des Bamakois et de l’ensemble des Maliens va-t-elle appartenir à un mauvais souvenir ? Rien de plus sûr. Et pour cause, de source bien introduite, les principaux fournisseurs d’énergie à la société EDM n’ont désormais aucune raison de ne plus assurer son approvisionnement correct en électricité après le règlement de leurs créances à hauteur de 90 milliards par l’Etat. Quoiqu’elle intervienne à un moment où l’hivernage pointe le nez, la mesure aura manifestement contribué à une nette baisse de la fréquence des coupures électriques dans nombre de quartiers de la capitale.
Une amélioration similaire s’annonce également pour l’accès des populations à l’eau potable. De même source, en effet, la station de pompage sur laquelle tant d’espoirs reposaient- et qui en avait déçu autant – ne saurait plus tarder à entrer en service. Il nous revient de sources concordantes que les essais de pompage ont commencé en même temps que les consommateurs d’eau potable battaient le pavé pour réclamer leur droit à cette denrée.

Des rémunérations au ras des pâquerettes dans les Établissements MAARIF
S’il faut verser dans la facétie, on dirait que les écoles turques, anciennement appelées «Collège Horizon», engagent des enseignants salariés pour 750 francs CFA le mois. Vous ne vous êtes point trompés; il s’agit bel et bien des trois chiffres que vous avez sous les yeux et c’est bien le montant que certains instructeurs perçoivent mensuellement depuis quelques temps. Sauf qu’il ne s’agit pas d’un salaire mensuel consigné dans un contrat mais du résultat d’un calcul d’épicier appliqué à ceux d’entre eux qui sont rémunérés dans à la tâche et dont le rendement est calculé sur la base d’un travail pointé à la minute près. L’AEEM s’étant inscrite ces derniers temps dans une logique de nivellement au forceps des conditions d’études, les écoles privées ne sont plus un exemple de régularité comme naguère et leurs  élèves se voient contraints de vider les classes en même temps que leurs camarades du privé. Les sorties  intempestives assènent ainsi un coup mortel au porte-monnaie de certains enseignants de la Fondation MAARIF où la totalité de l’heure n’est payée  que lorsqu’elle est complète. Il arrive donc que le cumul des minutes passées en classe avant le débrayage quotidien n’atteigne même pas le prix de l’heure dans le mois. Sauf que les mêlés heures et jours d’études perdues ne sont pas inversement remboursés au parents d’élèves.

Vers un dénouement dans les logements sociaux
Il reviendra sans doute au tout nouveau ministre de l’Urbanisme, Sidi Mohamed Arby, de démêlées l’écheveau des 10 000 logements en suspens plus d’une année par le paiement des cautions par autant de postulants. Il nous revient de bonne source, en effet, que les ultimes blocages ont été levés avec le terrain d’entente trouvé entre le ministre des Finances et les promoteurs immobiliers après que le prédécesseur de Boubou Cisse à la Primature ait pris personnellement en charge la question des occupants illicites sur le site. Le nouveau ministre hérite par ailleurs d’un contentieux entre la Commission et la tutelle en rapport avec l’inspection des attributions, mais à la différence de son prédécesseur il ne parait point évident que M. Arby perde du temps à tirer davantage sur la corde. En tous les cas, les potentiels bénéficiaires se sont assez morfondus pour ne plus tolérer un autre ajournement du décret d’attribution et avaient même récemment donné de la voix à travers une menacé de sit-in de leur association.

SBM – IBK : destins croisés, postures  distinctes 
Nul besoin de trop fouiller dans le parcours des deux hommes pour ramasser des similitudes à la pelle. A l’instar d’IBK, par exemple, Soumeylou Boubeye Maiga est arrivé à la Primature avec le crédit de sauveur d’un régime aux abois. Et il s’en est d’ailleurs acquitté avec plus de brio en réussissant non seulement à tenir le gouvernail en pleine tempête jusqu’à l’organisation plus qu’hypothétique de la présidentielle puis la réélection de son employeur. Somme toute, SBM était en droit de prétendre au dauphinat pour les mêmes raisons pour lesquelles IBK prétendait au statut de candidat naturelle de l’Adema en son temps. Mais, comme l’actuel locataire de Koulouba, ses ambitions ont été brisées  en plein envol par des tirs croisés dont la provenance reste à déterminer. C’est dire que le coup pouvait provenir du même Palais présidentiel que le tout-puissant PM de l’époque – et non moins président du non moins puissant Pasj – soupçonnait de tirer les ficelles de sa déstabilisation. Sauf qu’à la différence d’IBK Soumeylou B Maïga l’a pris avec plus de philosophie et n’a nullement crié au scandale en ameutant plusieurs années durant le ban et l’arrière-ban pour venir au secours de la grande victime de trahison.

Soumi et IBK : les raisons du nouveau mur de glace
Qu’est-ce qu’il a bien pu se passer pour qu’entre le chef de l’Etat et le chef de file de l’opposition les relations se refroidissent aussitôt après un réchauffement acquis de haute lutte. La question demeure suspendue sur les lèvres, en dépit de l’avènement d’un accord politique dont le chef de file n’est pas signataires justement parce que la méfiance s’est réinstallée entre lui et son principal rival des dernières présidentielles. Soumi en veut notamment au président de la République d’avoir joué à prendre l’opposition à l’usure, mais IBK ne semble pas manquer non plus de griefs contre le challenger à qui la mission avait été dévolue de de démarcher les anciens présidents en vue de leur attribuer un rôle dans la décrispation politique et la résolution de la crise malienne. De source proche de Koulouba, IBK n’a point apprécié que Soumi s’en soit chargé en même temps qu’il accordait sa caution et sa bénédiction à la célèbre manifestation «dégagiste» du monde musulman contre Koulouba et le Gouvernement. En clair, IBK croit dur comme fer que le chef de file de l’opposition avait joué sur deux registres même s’il a trouvé des astuces pour s’absenter du pays pendant l’événement.

Bill boude le CE au profit  du groupe parlementaire

Comme après chaque remaniement ministériel, les Ruchers n’ont pas manqué de compter leurs ministres au sein du Gouvernement Boubou Cissé. Et pour ce faire, une rencontre a été aussitôt initiée entre le directoire du Pasj et les membres du gouvernement de même obédience. À cette rencontre, comme nombre d’observateurs s’y attendaient, ont répondu présents trois ministres au lieu de quatre. L’ancien maire de la Commune V, Boubacar Bah Bill, y a fait défection et confirme du coup la brouille qu’il entretient avec le Comité Exécutif du Pasj depuis le choix mitigé du président de la République sortant, son ami IBK, comme candidat de l’Adema au détriment d’une candidature interne. Le nouveau ministre de l’Administration Territoriale aura tout de même prouvé autrement son attachement à la Ruche en rendant de sa propre initiative une visite de courtoisie au groupe parlementaire avec qui il partageait d’ailleurs la même position lors de la polémique sur la candidature du Pasj. Et, tenez-vous bien, il s’est fait accompagner pour la circonstance d’un autre contestataire d’ailleurs exclu du parti pour la même position : le député élu à Yelimané Hamada Soukouna.

Tiemoko Sangaré dans l’œil du cyclone

A peine sorti du gouvernement et le président de l’Adema-Pasj est déjà dans le collimateur d’une fronde d’adversaires très active dans les manœuvres pour le déstabiliser. En ligne de mire, le futur congrès de la Ruche encore hypothétique mais qui polarise tous les calculs et stratégies de positionnement. Les adversaires lui reprochent un manque de dynamisme évident et criant dans l’animation du parti, mais l’ancien ministre de la Défense serait peut-être aussi en train de payer pour sa participation au coup de force politique ayant conduit au choix d’Ibrahim Boubacar Keïta comme candidat de l’Adema à la présidentielle de 2018, en lieu et place de la candidature interne prescrite par ses dispositions statutaires. Et dire aussi que certains responsables opposés ce choix pourraient en outre lui en vouloir d’avoir essuyé la disgrâce d’être sanctionnés sans ménagement par le directoire du Pasj.
Comme quoi, il n’est pas exclu que le Professeur Sangaré se retrouve au cœur des tribulations en rapport avec le prochain congrès des Abeilles dont les manœuvres ont  déclenché.

Quand la Haute Cour de Justice plaide pour son maintien dans l’arène institutionnelle

La Haute Cour de Justice  saura-t-elle résister à la vague des réformes institutionnelles latentes au Mali. Difficile d’y répondre par la positive tant son existence – du moins sous sa forme actuelle d’institution permanente – est compromise. En attendant de confirmer ou d’infirmer les présomptions sur un organe en voie de disparition, le sujet se trouve sur toutes les lèvres à cause des démarches de  son instance dirigeante sortante. Laquelle veut entendre parler de tout sauf de suppression de la Haute Cour de Justice.  Et pour les besoins de sa cause, le président de l’institution,  Abdrahamane Niàng, a pris la chose à bras le corps et décidé de sauver les meubles. C’est ainsi qu’une correspondance en bonne et due forme a été envoyée sous forme de plaidoyer à nombre d’acteurs impliqués dans la chaîne du processus de révision constitutionnelle. Il s’agit, comme on s’en doute, d’expliquer aux uns et aux autres le bien-fondé du maintien de la Haute Cour de Justice comme institution permanente d’essence constitutionnelle. Une tâche bien difficile, à en juger par la réticence de nombreuses cibles à accompagner la dynamique.

Le gouvernement Boubou : ouverture ou musèlement des contestataires

Présentée comme une équipe d’ouverture et de mission, l’équipe gouvernementale du PM Boubou Cissé s’est probablement tout aussi construite en vidant les creusets de la contestation de leurs contenus. Sa configuration en dit long en tout cas avec, exemple parmi tant d’autres, la part belle faite à un certain Tiebilé Dramé. Avec son nouveau manteau de chef de la diplomatie, la voix la plus virulente de l’opposition – et non moins Directeur de campagne de son chef de file – en est du coup privé de son jeu favori : relever la moindre tare du pouvoir y compris le nombre de voyages du chef de l’Etat. Voilà pour le choix le plus illustratif de la contestation quant à l’opposition. Pour la majorité également, la préférence en termes d’ouverture n’est bizarrement pas allée au delà des adversaires les plus coriaces du soutien à la candidature d’Ibk. C’est le cas de Boubacar Bah Bill, l’ancien maire de la Commune V de Bamako. C’est dans sa commune, en effet, que les protestations les plus irréductibles se son manifestées. A l’Adema, les observateurs attendent de pied ferme pour voir quelle sera désormais la posture de leur mentor, quoique Boubacar Bah Bill soit connu pour sa liberté d’esprit et de pensée à toute épreuve. Last but not the least, le nouveau ministre de la justice Malick Couloubali. Le même qui, du haut de son piédestal de sentinelle des droits de l’Homme à la Cndh a toujours objecté contre les tentatives des autorités de restreindre les libertés de manifestations de l’opposition.

Et pourtant, le casier vierge judiciaire de Tapily est vide

L’opinion ne saura sans doute jamais les réelles dessous du bras-de-fer ayant mis aux prises le président de la Cour suprême et son homologue du Patronat malien. Et pour cause, les intercesseurs sociaux sont passés par là et ont mis un terme à la procédure judiciaire susceptible de lever un grand coin du voile sur la portée et l’ampleur de la corruption à plus haut niveau. Ce qu’il était possible de tirer au clair sans déballage judiciaire, en revanche, c’est la présentation du numéro 1 du pouvoir judiciaire comme un repris de justice. Sur la question, on peut affirmer que l’intéressé est d’autant plus fondé à ester en justice pour outrage que l’accusation est totalement infondée – quoique l’histoire soit vraie. De source bien introduite, en effet, le passé de l’actuel président de la Cour suprême est bel et bien entaché de  détention préventive pour une affaire de meurtre par bavure policière. Mais, de même source, M Tapily avait tout aussi bien bénéficié d’un non-lieu qui rend son casier judiciaire blanc comme neige.

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