Les brèves du Témoin: IBK intéressé par le fauteuil de Tréta 

L’air d’un conflit de génération au gouvernement 
L’équipe de Dr Boubou Cissé présenterait-elle également les symptômes d’une carence de solidarité gouvernementale ? Le phénomène, qui n’était plus de saison depuis la sortie de Me Mohamed Ali Bathily, a tout l’air de ressurgir par la cohabitation entre membres distants par le grand écart d’âge. Il nous revient de source bien introduite, en effet, que la camaraderie et la familiarité passe mieux entre jeunes ministres de la même génération qu’avec leurs collègues du troisième âge. En cause, la grande différence entre des ministres comme Boubacar Alpha Bah, Hamadoun Konaté ou encore Michel Sidibé et d’autres comme Amadou Koïta, Housseini Amion Guindo et Amadou Thiam, entre autres. Le Premier ministre aurait pu faire figure de tampon entre les deux tendances, mais il se sent naturellement plus proche des fiston que des papi. Ça n’est pas tout. Le hic c’est qu’il arrive de plus en plus souvent que  la hiérarchie administrative soient ignorée et reléguée au profit du droit d’aînesse. Certains ministres en profitent même pour fouler certaines exigences protocolaires. Lors du passage du Premier ministre à Mopti, rapportent nos sources, certains ministres, au nom de la gérontocratie, ont pris leurs libertés et se sont éclipsés des étapes du séjour sans explication. Et sans être interpellés aussi.
 
IBK intéressé par le fauteuil de Tréta 
A bout de nombreuses tentatives échouées de déstabilisation du président du BPN actuel au profit de plus dévoué, Sébenikoro semble avoir opté pour l’ultime et l’irrésistible carte du chef de famille en personne. Il nous revient, en tout cas, que c’est le locataire de Koulouba lui-même qui pointe discrètement le nez pour un rôle prépondérant dans sa famille politique et ne renoncerait pas à reprendre les commandes de ce qu’il considère comme un patrimoine, en tant que «président-fondateur» du Rassemblement Pour le Mali. Le retour est annoncé, à en croire les mêmes confidences, par la présence inappropriée du chef de l’Etat au 19 ème l’anniversaire des Tisserands où, en plus d’avoir éclipsé Bocari Treta, il s’est illustré par des propos assez évocateur de son intérêt pour le fauteuil. 
Aussi trivial et intrigant que cela puisse paraître, le retour d’IBK à la tête du Rpm ne manque pas d’adeptes parmi ses camarades dont ceux qui estiment que le leadership actuel est en deçà de toute capacité de mobilisation et de rassemblement des militants autour des grands objectifs politiques et électoraux du parti présidentiel. Si les uns sont soucieux de préserver le Rpm pour leurs dessins électoraux propres, la famille, quant à elle, serait plutôt préoccupée par la protection des arrières du régime.  
Mais question : comment et quand le locataire de Koulouba compte s’y prendre ? En effectuant un passage un force – à travers notamment un congrès extraordinaire -, il risque de se heurter à l’incompatibilité des deux fonctions de chef de parti et de l’Etat. Reste donc à attendre la révision constitutionnelle pour s’en donner les ouvertures adéquates, soit sacrifier à un exercice dont on ne rougit plus Mali : l’ignorance des textes fondamentaux. 
 
Orange ou la culture de l’arnaque sans fin  
Le célèbre opérateur de téléphonie au Mali continue de conforter sa suprématie commerciale aux dépens des consommateurs maliens. On n’ignore les proportions réelles de ses profits annuelles, mais ils devrait générer des ristournes assez conséquentes pour que les hautes autorités du pays s’accommodent de ses dérives et de se taire là-dessus. Celles-ci se traduisent, ces derniers temps, par un retour au galop de l’état défectueux du réseau qui pénalise comme toujours impunément les usagers. Lesquels se procurent des unités au prix d’énormes sacrifices pour n’en profiter que très partiellement à cause de la mauvaise qualité des écoutes. Ces désagréments ne sont que la partie visible de l’iceberg pour qui sait que les bénéfices générés sur les appels sont de plus en plus relégués au second plan au profit de la vente de «forfaits» d’internet (mobile et fixe). Bien plus que les unités, leur tarification est quasi-incontrôlable et échappe au regard des usagers si bien que le prestataire s’en donne à cœur-joie. Il s’agit d’un vol à ciel ouvert dont se plaignent nombre de consommateurs étonnés par la vitesse avec laquelle leurs forfaits Orange se consume. Et dire que le phénomène s’accentue à mesure que le format du débit passe d’une Génération à une autre. Mais, puisque ce passage est coûteux et suppose en même temps l’obtention d’une licence d’arnaquer, aucune autorité n’ose lever le petit doigt pour l’arrêter. 
 
Pétition contre le Centre culturel français
Décidément la France est de plus en plus indésirable au Mali. En plus d’être vigoureusement prise à partie par des politiques pour une présumée complicité dans la percée djihadiste, l’ancienne métropole traîne assez d’antipathie pour s’attirer la foudre des citoyens lambda. La vague n’éclabousse pas pour l’heure les citoyens français en visite, mais le moindre symbole qui incarne la France officielle peut faire les frais d’hostilité. En dépit de sa mission spécifique et de sa grande utilité didactique au Mali, l’Institut culturel français ne fait pas exception. De source bien introduite, l’ancien «Centre cultuel français» s’est lancé dans un projet d’extension de son domaine, qui n’est point du goût d’un certain voisinage. Ledit projet aurait pu vraisemblablement passer sans encombre dans un contexte différent, mais aussitôt annoncé il a provoqué un lever de bouclier inédit à Bamako-Coura avec à la clé une pétition qui ratisse des adhésions par dizaines chez les riverains du Boulevard de l’Indépendance. Pas question de cautionner l’attribution d’une autorisation de construire pour un simple «mur de clôture», expliquent les signataires, au motif que l’Institut excède les dimensions initialement octroyées. Les pétitionnaires excipent ainsi d’un empiètement sur le domaine public, mais la réalité, selon toute évidence, est à chercher dans un sentiment anti-français qui prend corps. 
 
Des signaux d’une nette stabilité au Centre-Mali 
Le jeune Premier ministre Boubou Cissé est apparement bien parti pour réussir là où son prédécesseur a fait échec. En tout cas, on fait de moins en moins allusion au Centre du Mali à travers en se référant aux effroyables bilans macabres. Naguère encore, les événements du genre pullulaient au point d’encombrer les réseaux sociaux, au grand dam de paisibles citoyens sans solution devant la spirale d’escalades. Depuis le séjour du chef du Gouvernement, la tendance s’est pour le moins nettement inversée dans le sens de la stabilité. À la différence de son prédécesseur manifestement plus martial, Dr Boubou Cissé a préféré le dialogue intercommunautaire et l’apaisement à l’intimidation. Et grâce à son approche, Dogons et Peuls, à défaut d’une fumée de calumet définitive, ont l’air de ne plus se regarder en chiens de faïence.  Pas d’échos d’incendies de villages entier ni d’assassinats ciblés aux relents ´communautaristes’, etc. Bref, l’accalmie idéale et nécessaire pour une dynamique de réconciliation intercommunautaire assez solidement ancrée pour déjouer les stratégies islamistes de déstabilisation. 
 
Quid de l’importation excessive d’épaves chinoises 
«Je veux bien que les bureaux des ministres, les chaises, les tables, les fauteuils, les mobiliers confiés au secteur privé aient la même qualité de finition si possible que le produit importé». Le président de la République a ainsi nuancé le mérite des entreprises locales d’accéder à certaines commandes publiques. C’était la semaine dernière, à Koulouba, lors de la traditionnelle rentrée économique. Ce faisant, IBK justifie tacitement en même temps la préférence faite aux produits importés par leur compétitivité esthétique, la finition notamment. Quid alors des autres critères de compétitivité, doit-on s’interroger, et pour cause. Si le prix par exemple peut relativement s’ajouter aux facteurs défavorables pour les fabricants locaux de mobiliers, la question est en revanche d’une indiscutable pertinence quant à la résistance des produits importés. Sans doute le président IBK ne sait-il pas que l’amortissement des séduisantes fabrications importées (chinoises pour la plupart) intervient après deux années d’utilisation à peine et au bout desquelles elles deviennent des épaves irrécupérables. Il en résulte non seulement des investissements plus coûteux dans du matériel irréformable, qui encombre souvent les couloirs de l’administration et dont l’abondance commence à poser une sérieuse équation environnementale en tant que déchets solides. 
Source: Le Témoin

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