Général de Division Salif Traoré : «J’ai toujours été ouvert aux critiques et suggestions…»

Dans une interview accordée au journal « Le Prétoire », le ministre de la Sécurité et de la protection civile revient longuement sur les évènements tragiques qui sont survenus à Niono.

Le 19 septembre 2019, dans la ville de Niono, Région de Ségou, lors d’une manifestation, une foule colérique très excitée, s’en est prise au commissariat de police occasionnant la mort du commissaire principal Tounkara. L’affaire a été commentée par diverses voies. Certains individus ne se sont pas fait prier pour indexer le ministre en charge de la sécurité et de la protection civile comme étant le seul coupable et ont même poussé le pion un peu loin, en réclamant sa démission. Des critiques aux accusations, le général de division Salif Traoré avait été traité de tous les noms d’oiseaux. Pour la première fois, il s’est exprimé publiquement sur ce drame via « Le Prétoire ».

A ceux qui l’accusent d’être le seul responsable de la situation, le patron du département de la sécurité a souligné que sa responsabilité morale est toujours engagée chaque fois qu’il perd un élément. Mais, il faut comprendre que le ministre est à un niveau politique et stratégique et que certains détails ne sont pas de son ressort, même s’il a la responsabilité globale de la gestion. « Je salue d’abord la mémoire du commissaire Tounkara. Ce qui s’est passé à Niono est très grave. C’est grave en ce sens que la population, pour laquelle nous sommes là, se retourne contre nous jusqu’à occasionner mort d’homme. Cela n’est pas compréhensible. C’est pourquoi dans la foulée, des renforts ont été envoyés pour rétablir l’ordre et interpeller tous ceux qui peuvent être impliqués, de près ou de loin, dans cette histoire en les mettant à la disposition de la justice qui fera le tri. Ce que je voudrais dire, c’est que nous ne faisons pas d’amalgame », a-t-il précisé.

En ce qui concerne les enquêtes pour traduire les auteurs devant la justice, le Général de Division Salif Traoré a confié qu’il y en a deux types, une qui est toujours en cours au niveau de la police et l’autre au niveau de l’inspection des services de sécurité. « La responsabilité administrative de tout un chacun va être dégagée en ce moment », selon le ministre de la Sécurité et de protection civile.

S’agissant des enseignements, il indique qu’ils seront tirés à l’issue des enquêtes. « Mais nous ne devons pas faire en sorte qu’au niveau de la collectivité, quelques-uns puissent être mécontents jusqu’à faire recours à la violence. Cela ne doit pas se faire. Et j’ai quitté Niono récemment, les discours qui ont été tenus étaient des discours forts. Les notables disent que c’est à eux la honte ».

Le cadre était bien indiqué pour le ministre de s’adresser à ceux qui ont réclamé son départ du gouvernement. « Vous savez, moi je suis militaire.

Le chef suprême des armées m’a mis ici. Ce n’est pas à moi de fuir ma mission. J’ai été toujours ouvert aux critiques et suggestions. Je veux que les choses changent et qu’il y ait de l’accalmie. Je suis conscient de la gravité de la situation actuelle, mais c’est ensemble que nous pourrons relever le défi », lance le ministre qui ajoute qu’il ne peut pas y avoir antagonisme entre la population et la police car la police n’existe que s’il y a une population.

En attendant la clôture des enquêtes, le ministre en charge de la sécurité reste sereinement focalisé sur les consignes qui lui on été données par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, pour sécuriser les personnes. C’est pourquoi, ses hommes mènent la baguette à la trousse de tout malfaiteur qui sème le trouble au quotidien des paisibles citoyens.

Bintou Diarra

Source: Le Challenger

 

 

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