Sommet de Pau : ce que Macron doit savoir

La première convocation du sommet de Pau ayant été avortée après l’attaque barbare perpétrée contre les soldats nigériens à Inatès. Les présidents du G5 Sahel seront à Pau, ce 13 janvier, devant Emmanuel Macron. Une rencontre qui devrait évaluer l’engagement des troupes françaises dans le Sahel. D’autant que l’opération Barkhane est décriée par les populations des pays du Sahel pour son inaction et sa duplicité.

Le président français, acculé par l’opinion publique française et celle des populations des pays du G5 Sahel, pour l’inefficacité de la force Barkhane, à combattre véritablement les terroristes dans le Sahel, tient à redistribuer les cartes à Pau.

D’autant que le décompte macabre a fini par incommoder les populations des pays du Sahel où civils et militaires ne sont pas épargnés par la barbarie des fous de Dieu, qui écument cette bande sahélienne. Toutes choses qui ont donné naissance à des manifestations hostiles à la présence française dans les différentes capitales des pays du Sahel.

Au Mali, le sentiment anti-français réside dans le fait que la France ferme la ville de Kidal aux forces armées maliennes. Or, il n’est un secret pour personne que les groupes armés, qui contrôlent Kidal, ont des accointances avec les groupes terroristes. Plusieurs voix se sont levées pour dénoncer cet état de fait, dont le président Issoufou du Niger, qui pense que le statut actuel de Kidal est une menace pour son pays.

Malgré la présence de Barkhane à Kidal, les groupes armés engagés dans le processus de paix et de désarmement ne se cachent plus pour exhiber des armes lourdes dérobées dans les magasins libyens lors de la chute de Kadhafi, aux différents congrès du HCUA (Haut conseil pour l’unité de l’Azawad) et du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad).

Aujourd’hui, les Maliens, dans leur grande majorité, pensent que la paix viendra du contrôle de la ville de Kidal par les Fama (Forces armées maliennes) et du retour de l’administration.

Si le président français Emmanuel Macron tient vraiment à accompagner le Mali et le G5 Sahel, à lutter contre le terrorisme, il devrait ouvrir les portes de la ville de Kidal aux Fama, afin que le Mali puisse y exercer sa souveraineté. Il ne peut demander aux présidents du G5 Sahel de clarifier leurs positions, alors même que celle de son pays au Mali et au Sahel est et reste floue.

Les forces françaises présentes dans les pays du G5 Sahel ne sont pas capables, avec tous les moyens dont elles disposent, de renseigner les pays du G5 Sahel sur d’éventuelles attaques terroristes. Malgré tout, dans cette confusion entretenue par la France, Emmanuel Macron cherche à impliquer d’autres pays européens dans la lutte contre le terrorisme.

Au demeurant, les présidents du G5 Sahel savent bien qu’à Pau, c’est la voix du peuple qu’il faudra porter et faire entendre au président français.

Le Sultan/L’Oeil du Mali

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