Affaire dite des bérets rouges : De fortes présomptions de culpabilité pèsent sur Aya Sanogo, selon la chambre d’accusation

«Amadou Aya Sanogo connaissait tout ce qui se tramait à l’intérieur camp, il était bien au courant de toutes les exécutions. »Selon le colonel Blonkoro Samaké. En effet dans cette tragique affaire dite des bérets rouges, il y a trois catégories d’accusés : ceux qui ont fusillé à bout portant des soldats enchainés, ligotés, et sans défense, avant de prendre ensuite la fuite dans les buissons, de peur d’être battus à leur tour, par un second peloton invisible. Ce sont : Fousseyni Diarra dit fouss, Tièmoko dit Adama Diarra et Mamadou Koné tous poursuivis pour « crimes d’enlèvement et d’assassinat.
Le seconds sont inculpés pour complicité d’enlèvement et d’assassinat : Amadou Aya Sanogo, d’Amassogo Dolo (décédé), d’Oumar Sanoufo dit Kif Kif », de Blonkoro Samaké, Siméon Keïta, Soiba Diarra considéré comme le vrai «psychopathe » et Christophe Dembélé. Ces militaires rejettent en bloc l’accusation de complicité d’enlèvement de personnes. Ils crient leur innocence et hurlent au complot à cause surtout de leur appartenance à la fameuse junte, c’est-à-dire le CNRDRE et non à ce qu’ils ont fait. Voilà une thèse que réfute naturellement l’accusation qui soutient avec force arguments, que le capitaine Sanogo avait au moment des faits autorité sur ses collaborateurs, et pour cause, tous les renseignements concernant les bérets rouges détenus lui parvenaient régulièrement. Dans ces conditions, il lui sera vraiment difficile de soutenir qu’il ignorait que les 21 bérets rouges avaient été enlevés des lieux de leur détention pour être exécutés ailleurs.
La troisième catégorie concerne les Généraux Yamoussa Camara et Dahirou Dembélé, poursuivis pour complicité d’assassinat. Si le Capitaine Aya continue de nier, selon une ligne de défense qui pourrait révéler, lors d’un nouveau prochain procès toutes ses failles, son coaccusé le colonel de gendarmerie Blonkoro Samaké reste pour sa part très catégorique : « Aya connaissait tout ce qui se tramait à l’intérieur du camp, il était bien au courant de toutes les exécutions. ».Cette version sera davantage soutenue par l’inculpé Mamadou Koné, l’un des principaux exécuteurs qui à soutenu lors de son interrogatoire que l’adjudant Soiba Diarra, lui avait remis une liste de 20 bérets rouges à exécuter auxquels est venu s’ajouter Aboubacar Kola Cissé, sorti de prison pour le lieu de son exécution. Soiba Diarra soutient pour sa part que la liste lui avait été remise par Blonkoro Samaké, lequel recevait directement ses instructions d’Amadou Aya Sanogo et les répercutait sur qui de droit. En tout état de cause, ce procès permettra d’élucider toute cette montagne de mystères, qui continue de couvrir les conditions effroyables d’exécution des bérets rouges enterrés dans le plus lourd secret à Diago.

Les avocats de la
défense jouent au dilatoire et à la
manipulation
Les soldats chargés d’exécuter froidement les bérets rouges ont choisi une « ligne de défense » propre à eux et n’entendent pas qu’elle soit mêlée à celle de leurs « commanditaires ». En clair ils veulent mettre en avant l’application d’une règle presque sacro-sainte au sein de l’armée, qui consiste à dire que le soldat doit obéir presque aveuglement à son supérieur hiérarchique, en tout lieu et en tout temps, sans manifester la moindre intention de protester contre une décision venant de ses supérieurs hiérarchiques. Sous peine de passer de vie à trépas. Avec de bons avocats, ses soldats exécuteurs espèrent obtenir ainsi au cours du procès de larges circonstances atténuantes. C’est pourquoi, en comprenant bien la malice des avocats de Sanogo, ils ne souhaitent pas que leur statut soit confondu soit mêlé ou confondu à ceux de leurs « donneurs d’ordre ».Cette mise au point est très importante, car elle a au moins le mérite de clarifier les différents rôles joués par les uns et les autres dans cette affaire, avant la tenue d’un improbable procès. En effet comme on a pu le constater à Sikasso, certains avocats très futés de Sanogo ont présenté une stratégie de défense de leurs clients, qui consiste à adopter une même et unique ligne de défense pour l’ensemble des accusés.

MF

Source: Le Phénix

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