Dr Oumar Mariko, président du parti SADI: Ce cruel destin du « héros » solitaire

Ce patriote au grand cœur et aux idées généreuses rêve depuis plusieurs années d’une nouvelle République des vertus basée sur le collectivisme, la reconnaissance du mérite, et la sanction de la faute. En vain…

Depuis plusieurs années son parcours politique intrigue, déroute, agace même de nombreux concitoyens, qui se perdent en conjectures sur le destin national de cet « éternel incompris », obsédé en permanence par l’émergence d’une république saine, juste et irréprochable. Un combat intrépide de plusieurs années, mais qui fut toujours mal récompensé, au regard de son extrême engagement en faveur de la défense et la promotion de grands idéaux démocratiques de notre pays. Comme en atteste d’ailleurs les très faibles résultats électoraux engrangés au cours des différents scrutins par le parti SADI,.Pour la petite histoire, ce mouvement transformé en parti politique obtient toujours ses meilleurs résultats hors de la ville de Bamako, transformée en une arène géante, pour des partis disposant surtout de véritables « trésors de guerre » acquis au cours de plusieurs années de gestion gouvernementale et ses privilèges colossaux ( ADEMA, URD, RPM). Au cours des municipales d’avril 2009, son parti n’a eu un seul conseiller municipal sur l’ensemble des six communes du district de Bamako. En novembre 2016, ce tableau ne s’est guère amélioré à cause du discours politique d’Oumar Mariko, proudhonien certes, mais peu réaliste et inadapté à la mentalité ambiante, car dans une société devenue fortement précarisée, par plusieurs années de « gestion erratique » et insouciante des ressources de l’Etat, les valeurs culturelles fondatrices du « peuple malien »( ce vocable creux, mais encore si cher à Oumar Mariko) ont été littéralement jetées aux orties. Conséquence : la corruption, l’incurie, la délinquance financière font désormais partie de notre vécu quotidien, autant de maux face auxquels, nous sommes bien contraints de nous accommoder à tout prix. C’est le vice qui rend hommage à la vertu ou vice versa, selon que l’on soit riche ou pauvre

La reconnaissance du mérite et la sanction de la faute…
Devant la faillite notoire des partis politiques, dans leur mission première de conscientiser les masses, vers la voie du progrès, du modernisme social et démocratique, l’intégrisme religieux a naturellement repris le sinistre flambeau. Ce triste et douloureux constat d’échec n’empêche pas cependant le Dr Oumar Mariko, de croire à un nouveau sursaut patriotique de notre peuple : « Pour moi, le mouvement démocratique est mort. Il faut applaudir à sa mort. Je vois des gens dire que le mouvement démocratique doit se retrouver. Je prie Dieu qu’ils ne se retrouvent jamais, parce que s’ils se retrouvent, tels qu’ils se sont comportés, ce n’est pas pour le bonheur du Mali. Je prie Dieu pour qu’il y ait un mouvement révolutionnaire qui se mette en place et qui puisse mettre fin à la IIIe République de la démocratie, pour engager le Mali vers une IVe République des vertus basées sur le collectivisme, la reconnaissance du mérite et la sanction de la faute… »

Le coup d’Etat de mars 2012, c’est lui….
En tout cas, pour certains proches et ex-collaborateurs du Général déchu, dont notamment ce conseiller français Dimitri Brélière, pour ne pas le citer, Oumar Mariko est le seul à endosser l’entière responsabilité de la chute d’ATT victime selon lui, d’un vaste complot international : « ATT a en quelque sorte payé son entêtement à vouloir maintenir la date de l’élection présidentielle, à laquelle, il n’était d’ailleurs pas candidat. En effet derrière le coup d’Etat du 22 mars qui l’a évincé, il y’a un homme : Oumar Mariko. Cet opposant à ATT s’était lui prononcé pour un report de l’élection, parce qu’il estimait qu’elle ne pouvait avoir lieu tant que le conflit perdurait au Nord, mais certainement aussi parce qu’il n’avait aucune chance de remporter ce scrutin. Par l’intermédiaire d’un réseau de radios privées qu’il contrôle et que beaucoup au Mali ont surnommé « radios mille collines », en référence au Rwanda et en passant son temps auprès des militaires de rang de la caserne de Kati, il a su instrumentaliser les revers subis par l’armée malienne au nord, pour distiller un sentiment de haine contre le régime d’ATT, auprès d’une partie de la population, et des soldats.Sa propagande a si bien fonctionné qu’il a ensuite suffi d’un mouvement de colère des militaires à Kati, pour que cela conduise à une mutinerie, qui elle-même s’est transformé en véritable coup d’Etat. Mariko a été le premier à applaudir le putsch. ».Avec un tel témoignage, il est évident que le sort d’Oumar Mariko est scellé à jamais du côté des partisans et inconditionnels du General ATT, dont le retour en triomphe à Bamako, durant son exil dorée, au pays de la Teranga sénégalaise avait mobilisé des milliers de personnes de l’aéroport de Bamako-Sénou, jusqu’à Sebenicoro, domicile du couple présidentiel. ( Depuis quelques jours ce couple présidentiel est rentré définitivement à Bamako)
Les élections présidentielles 2018 sont terminées. Cette énième tentative ( depuis 2002, il n’a raté aucune élection) à briguer la magistrature suprême s’est à nouveau soldée « sans surprise » par un cuisant échec. Le pauvre Oumar Mariko n’a pas pu encore franchir la barre des 3% de l’électorat, ce qui n’a rien d’étonnant au regard surtout de la pauvreté sémantique de ses messages politiques, mais surtout de l’extrême modicité des moyens financiers, dont dispose sa formation pour crédibiliser cette candidature.

Peut-on aimer une chose et son contraire ?
La politique est devenue une affaire de « gros sous », de compromissions et de revirements spectaculaires sous toutes ses formes.Les partis qui ont longtemps profité des larges ressources et privilèges de l’Etat ( Adema, RPM, URD) continuent de régner en maitres sur l’échiquier politique malien, en y raflant tout sur leurs passages, lors des différents scrutins. Ce n’est pas un hasard si le président IBK s’est totalement assuré du soutien indispensable du parti de l’abeille avant de déclarer ensuite sa candidature pour un second et dernier mandat. Combien de temps faudrait-il à notre peuple et à sa jeunesse de comprendre que ces trois formations nourries aux seins de l’Etat ne forment en réalité qu’un seul et unique « bloc idéologique » et qu’aucun candidat issu de ses rangs ne peut incarner la vraie alternance politique, telle que pensée et imaginée par Oumar Mariko, héraut d’une époque idéologique révolue, ringarde et presque anachronique, tout au moins selon une opinion bien claire de ses détracteurs. En vérité notre « barbu » prête lui-même le flanc, comme si le fait de s’opposer pour s’opposer en toute occasion ( la prorogation du mandat des députés et ses « Questions orales» adressées aux ministres pendant la même période) avait quelque chose de jouissif pour lui. Surfant sur l’actualité brulante( les tueries sauvages de nos patriotes soldats par des hordes terroristes).

Un sentiment anti-français de belle facture…
Surfant sur l’actualité brulante(les tueries sauvages de nos patriotes soldats par des hordes terroristes), Oumar Mariko ne rate plus aucune occasion pour exprimer (sans porter le moindre gant) ses sentiments anti-français. Par pur calcul politicien ou simple expression d’une conviction plus ancrée. Pour lui la finalité de la stratégie française est le contrôle des ressources stratégiques, minières, gazières. Pour y parvenir, elle engage une déstabilisation politique, institutionnelle, territoriale et sociale avec les violences inter et intra-communautaires et l’instrumentalisation des groupes armés. Il milite également pour la sortie de la MINUSMA de la tutelle française et la rectification de sa mission. Mais sur ce sentiment antifrançais qui prospère en réalité dans les couches inferieures de notre société, il faut savoir que, dans bien de pays, les élites ont surtout pris leurs distances avec leurs peuples.
Il est vraiment loin le temps, ou les vulgates marxistes constituaient les seules sources d’inspiration philosophiques et idéologiques pour de milliers de jeunes de notre génération .Non pas que le marxisme soit aujourd’hui ringarde et caduque, bien au contraire, mais pour sa survie menacée sous nos tropiques par la bourrasque intégriste, il faudrait l’adapter à cette nouvelle vision sociale, religieuse du monde et de l’univers. Plutôt que d’être un opium pour le peuple, la religion offre par excellence ce nouveau socle fédérateur à nos sociétés africaines. Notre « camarade » Oumar Mariko doit intégrer ce détail dans ses analyses politiques sur notre société en proie à d’énormes dérives sectaires et identitaires.

 B.Camara

Source: Le Phénix

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