Kadi Doumbia, une malienne de la diaspora américaine

La lutte contre le fléau de l’excision est devenue son principal cheval de bataille.

La magistrale troupe de théâtre « DON »de Sabalibougou en CV s’est produite le Samedi 11 janvier 2020, sur un espace situé derrière l’école publique de Fadjiguila, un quartier populaire situé en CI du district de Bamako. C’est à travers ses chants, danses chorégraphiques, et sa pièce théâtrale dédiée à cette thématique, que cette troupe a vraiment réussie à émerveiller les habitants de cette zone. Qui sont sortis en masse pour assister à cette formidable représentation artistique. Ce joli spectacle a été gracieusement offert par une malienne de la diaspora américaine : Kadi Doumbia (Elle vit à Chicago aux USA) qui a fait de la lutte contre ce fléau, son principal cheval de bataille, pour ne pas dire son combat pour la vie. C’est le Centre culturel Togola de Sabalibougou qui a abrité l’année dernière le même spectacle, toujours dans la même ambiance de fête populaire.
Cette belle initiative a été vivement saluée par Karim Togola, manager principal de la troupe theatrale « DON », lequel n’a pas manqué de louer en guise d’introduction de cette belle cérémonie, les qualités humaines, patriotiques de cette grande dame malienne au cœur d’ange : « C’est une femme de courage de persévérance et d’engagement, qui se bat depuis plusieurs années avec ses propres moyens financiers pour lutter contre le fléau de l’excision. Tout le monde sait que ce travail n’est pas simple, encore moins facile, tant les forces nocives de résistance restent assez nombreuses (traditions anciennes, idées reçues, mentalité locale).Mais nous sommes persuadés, comme notre sœur Kadi Doumbia, que nous réussirons progressivement, à travers nos efforts d’information et de sensibilisation des populations, à pouvoir éradiquer ce mal qui persiste encore dans certains endroits du Mali. Nous disons merci à Kadi, nous sommes vraiment fiers d’elle.».
La pièce théâtrale présentée avec brio par cette troupe s’est elle-même achevée sur une note plutôt positive et surtout pleine d’espérance pour tous ceux qui continuent à se battre au quotidien contre la persistance de ce phénomène ancestral, mais désormais dépassée, archaïque. Lorsque « l’exciseuse » du village remet à la fin de la pièce son couteau au chef de village, on peut penser du coup que la pratique est terminée. Mais de quoi va-t-elle vivre désormais, si elle ne bénéficiait pas de mesures alternatives mieux appropriées, afin de faire face désormais à leurs nouveaux besoins de subsistance. Ce détail si important n’a pas n’a pas échappé aux créateurs de cette pièce, qui met face à face les tenants de la tradition pure et dure(le chef de village) et ceux ou celles qui défendent la modernité et qui sont aujourd’hui prêtes à briser des tabous dépassés et archaïques, à l’image donc de la Canadienne Niakalé. Comme on le voit, c’est à force d’explications et d’exemples pertinents, que le chef de village (autrefois arc-bouté sur la continuité de cette pratique) se laissera littéralement convaincre de l’impérieuse nécessite d’y mettre fin, à cause de ses effets très dommageables (à court et long terme) sur les corps féminins. C’est pour cette raison, qu’il accepta de prendre la sage décision de l’interdire définitivement dans son village resté pendant longtemps, un des derniers bastions de cette résistance, pendant que beaucoup de villages voisins de la contrée avaient déjà tourné le dos au phénomène. Quant à la généreuse Kadi Doumbia, elle a encore une fois insisté sur les méfaits réels de ce fléau, en y affirmant de manière très didactique, qu’aucune religion sur terre ne tolère aujourd’hui l’existence de l’excision. En clair, ceux qui s’adonnent encore à la perpétuation de cette pratique au nom de la religion ne vous disent pas la vérité. dira-t-elle.

BC

Source: Le Phénix

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