Affaire dite des bérets rouges : Est-ce la fin de l’histoire ?

 

Les « bourreaux » ont-t-ils commis ces crimes d’eux-mêmes ou recevaient-ils des ordres ? C’est la grande question à laquelle, un nouveau procès devra répondre.

Selon les professionnels du droit, la mise en liberté provisoire est accordée à la condition que l’inculpé prenne l’engagement de se représenter à tous les actes de la procédure aussitôt qui lui sera demandé et de tenir le magistrat instructeur informé de tous ses déplacements. C’est en effet le deuxième acte concret enregistré depuis le début de la bataille juridique qui oppose l’ex-homme fort de Kati aux familles des commandos parachutistes froidement assassinés et enterrés à Diago.

Tout a commencé le 30 avril 2012, quand des « bérets rouges » ont tenté un contre-putsch qui a été sévèrement réprimé par les tombeurs du régime d’ATT.C’est ainsi que 21 soldats et officiers du 33e régiment des commandos parachutistes seront enlevés et assassinés. Lorsqu’il a ouvert l’instruction du dossier, le juge Yaya Karembé du Pole économique de Bamako a d’abord posé l’inculpation « d’enlèvement de personnes ».

 Le 10avril 2015, il a requalifié les faits en assassinat. Une infraction retenue par la Chambre d’accusation, la juridiction d’instruction du second degré qui, au passage a mis hors de cause le Général Sidi Alassane Touré, patron de la sécurité d’Etat, au moment des faits. Parmi les accusés, l’adjudant-chef Fousseyni Diarra dit Fouss, Tiemoko Adama Diarra et Mamadou Koné sont déjà passés aux aveux depuis l’instruction du dossier.

Dans l’arret de  mise en accusation et de renvoi devant la Cour d’assises, il est écrit : « Dans la nuit du 2 au 3 mai 2012, les 21 bérets rouges qui devaient être exécutés furent embarqués à bord d’un camion militaire, les mains attachés derrière le dos, les yeux bandés d’etoffe noire pour prendre la direction de Diago sous la garde de Fousseyni Diarra dit Fouss ou encore le « Boucher de Kati » et de Tiémoko Diarra, qui furent rejoints plus tard sur les lieux, par Mamadou Koné. Et une fois à Diago, sur les lieux de leur exécution, les suppliciés furent attachés et jetés dans une fosse déjà préparée avant d’être arrosés par des rafales. » Ont-ils commis ces crimes d’eux-mêmes ou recevaient-ils des ordres ? C’est la grande question à laquelle le procès devra répondre. Pour les juges qui ont signé le 22 décembre 2015, l’arrêt de mise en accusation, il ne fait aucun doute que « la décision prise d’enlever et d’exécuter les 21 bérets rouges est une décision prise par les responsables » de la junte.

Les regards sont donc tournés vers Amadou Aya Sanogo, même s’il est accusé de complicité d’enlèvement et d’assassinat. Mais, Amadou Aya Sanogo, tout comme Oumar Sanafo dit « Kif Kif », Blonkoro Samaké, Soiba Diarra et Christophe Dembélé ont nié en bloc les faits de complicité d’enlèvement de personnes tant à l’enquête préliminaire, que devant le magistrat instructeur. Cependant le colonel Blonkoro Samaké aurait confirmé lors de son interrogatoire qu’Amadou Haya était régulièrement tenu informé de la situation des détenus. Les Généraux Yamoussa Camara, alors ministre de la défense et Ibrahima Dahirou Dembélé, chef d’état-major au moment des faits sont également poursuivis pour complicité d’assassinat. La cour d’assise de Bamako en transport à Sikasso avait tenté en 2016 de trancher l’affaire. De suspension en suspension, le procès avait finalement buté sur une irrégularité de taille, relative à l’expertisé des corps enterrés à Diago. La cour avait alors ordonné une nouvelle expertise au niveau du laboratoire Charles Merieux de Bamako .Ainsi, Amadou Haya Sanogo et les autres accusés sont restés en prison, malgré les tractations menées par leurs avocats pour obtenir leur mise en liberté provisoire.

Pourquoi le nom d’Amadou Konaré n’est pas indiqué dans l’arrêt de renvoi alors qu’il est resté détention provisoire au même titre que les autres ?

MF/Le Phénix

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

maliafrique.ml

GRATUIT
VOIR