Kalaban- Coura Ext Sud Commune V: La bataille solitaire d’une veuve contre une station d’essence anarchique

Depuis quelques années, les stations d’essence poussent de manière sauvage et anarchique dans nos rues, et quartiers, sans que les paisibles citoyens n’aient la moindre possibilité d’enrayer ce « fléau »( car c’est bien de cela qu’il s’agit)aux conséquences sociales assez désastreuses. Malheureusement, les personnes directement victimes de cette horrible situation sont bien souvent les seules (hélas !) à se battre, comme de pauvres hères, pour que dame justice soit rendue. Ce qui n’est pas une mince affaire dans un pays gangrenée par la corruption et ses corollaires de distribution de pots de vin, de déni de justice ou du droit. Mme Berthé Korotimi Kané ne dira certainement pas le contraire, car elle est depuis plusieurs mois engagée dans une bataille judiciaire contre Mr Ibrahima Cissé, un operateur économique de la place, aux bras longs, et manifestement peu scrupuleux sur la préservation de la vie de ses semblables. Quoi de plus normal quant on sait que « l’argent-roi » peut facilement tout régler et surtout lorsqu’on a en face de soi, une veuve dépourvue de grands moyens matériels et financiers. Mais c’est vraiment là, ou Cissé et ses conseils se sont littéralement trompés sur la farouche détermination de cette dame prête à consentir tous les sacrifices pour ramener la quiétude et la sérénité dans sa famille.

Mais en fait de quoi s’agit-il ?
Dans un courrier en date du 16 février 2017 et adressée au Maire de la communeV Mme Berthé Korotimi Kané demandait au maire, son opposition à la construction d’une « Station d’essence » contigüe à son domicile sis à kalaban coura ACI, en face du goudron par le sieur Amadou Diallo, sans aucun document administratif, ni une autorisation d’installation d’une station d’essence au cœur des habitations. La fosse dans laquelle les cuves d’essence doivent être entreposées se trouve à 10 centimètres de son mur de clôture. Face au danger permanent et le caractère illégal et illégitime de cette installation, elle a demandé au maire la démolition pure et simple de cette installation. Toutes les démarches effectuées auprès de Mr Diallo sont demeurées vaines, car celui-ci compte selon ses déclarations sur la puissance d’un Général à la retraite. Mais à la lecture des documents, ce Mr Diallo a été commis par Ibrahim Cissé, l’auteur des travaux, pour superviser le dit chantier.

Une odieuse tromperie sur la marchandise
En effet Mr Ibrahim Cissé, promoteur du projet de construction d’un point de vente d’hydrocarbures à Kalaban –coura extension-sud a déposé auprès de la direction régionale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances du district de Bamako, un rapport de notice d’impact environnemental et social de son projet et qu’en réponse celle-ci a par lettre n°054/DRACPN-DB en date du 05 octobre 2017, approuvé le rapport et déclaré faisable le projet de construction du « point de vente »d’hydrocarbures du sieur Ibrahim Cissé. Or, il apparait clairement au vu des éléments du dossier que les travaux entrepris par Mr Cissé tendent plutôt à l’établissement d’une « station d’essence » entre des concessions familiales.
Dans une ordonnance de référé rendue par le tribunal de la CV entre elle et Amadou et portant sur la cessation de travaux et démolition, l’argumentaire développé par les conseils de Ibrahima Cissé bien heurtés au puissant mur du procès- verbal de constat en date du 27 novembre 2017 établi par Maitre Fadimata Djenepo, Huissier-commissaire de justice à Bamako et des photos y jointes, ce qui suit : « Qu’il s’agit effectivement de travaux d’une station d’essence en chantier contigüe à la maison de la requérante ; qu’à l’intérieur se trouvent un bâtiment en dur, un hangar métallique, une grande cuve presque collée à la clôture ; que sur place les ouvriers et travailleurs transportant des cartons de carreaux et des sacs de ciment.
Comme on le constate à la lecture de l’ordonnance, le tribunal de grande instance de la CV a donné entière satisfaction à Mme Korotimi sur sa requête portant cessation des travaux de construction de la dite station d’essence. Mais en revanche, le juge des référés, selon le même tribunal ne saurait ordonner la mesure de « démolition » sollicité par elle et qui échappe à sa compétence, parce-que se rapportant à une question de fond et qu’en la matière, il faut nécessairement le recours à un juge de fond. Non content de cette décision du tribunal de la CV, Ibrahim Cissé qui compte dit-on sur ses soutiens financiers, a vite interjeté appel auprès de la Cour d’appel de Bamako, qui n’a pas encore rendu son jugement. Une convocation a été adressée à cet effet à Mme Korotimi qui attend toujours la suite. Le suspense ne cesse donc de continuer, dans la plus grande indifférence des autorités communales..

Faire feu de tout bois
Les faits sont têtus, mais le commentaire est libre. Dans un nouveau courrier adressé le 02/10/2019, au maire de la CV, Mme Berthé Korotimi Kané revient encore à la charge pour demander l’annulation de l’autorisation provisoire de cette station d’essence contigüe à son domicile : « En effet Monsieur le maire, malgré ma lettre d’opposition en date du 16/02/2017 et les avis défavorables des différents services techniques, votre 3e adjoint a accordé une autorisation provisoire à Monsieur Cissé qui n’a aucun document administratif, ni une autorisation d’installation d’une station d’essence au cœur des habitations. Toutes les démarches effectuées auprès de Mr Ibrahima Cissé sont demeurées vaines. En cas de dégâts, je tiens la mairie de la CV comme responsable et portera plainte contre elle, car ma vie et celle de mes enfants sont en danger. ».Cet émouvant cri de détresse de la veuve Korotimi sera-t-elle vraiment entendue ?

BC/Le Phénix

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

maliafrique.ml

GRATUIT
VOIR