Soumeylou Boubeye Maïga au sujet de l’insécurité au Sahel :«On manque de vision claire et de coordination des stratégies au Sahel»

L’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maiga, s’est prononcé encore sur la situation sécuritaire du Mali et du Sahel le vendredi dernier à la faveur de la 20é édition du forum de Bamako, tenu sous le thème « Quelle Afrique à l’horizon 2040 ? ». L’événement annuel, une tribune pour échanger et discuter des problèmes et défis de développement du Continent, permet à des experts, décideurs, chercheurs et personnalités politiques de partager leurs expériences.
Animateur du panel sur « les enjeux au Sahel», Soumeylou Boubèye Maiga a retenu un manque de lucidité dans la gestion de la crise au Sahel, de vision claire et de coordination des stratégies. Il affirme retenir par ailleurs une série de problématiques qui sont de nature à dégrader la sécurité : le fait par exemple que des groupes terroristes se sont incrustés dans la sphère musulmane, majoritaire dans le continent, est devenu une menace majeure pour les sociétés, pour les Etats et pour les intérêts intra-régionaux. Autre problème évoqué par l’ancien premier, spécialiste des questions sécuritaires, est la prolifération des stratégies. Selon lui, il y a une mobilisation extraordinaire de la communauté internationale autour des Etats du Sahel. Sauf que cette mobilisation, sans laquelle il est difficile d’atteindre les objectifs, souffre de coordination, d’efficacité, a-t-il déploré. A ceux-ci s’ajoutent la faiblesse des institutions des Etats de l’espace du sahel car à présent le Sahel manque de vision stratégique globale pour l’ensemble du volet du problème.
Parlant de la Force, il estime qu’avec seulement 5 000 soldats, celle-ci reste confrontée à la disparité de ses éléments. Et d’expliquer que «la coordination interarmes et inter-armées éprouvent des problèmes et qu’entre les armées il n’existe presqu’aucune structure commune face à une menace non conventionnelle et différentes des standards sur lesquelles nos armées sont formées.»
Parlant de la crise au Sahel, il dira que celui-ci est confronté à deux crises majeures notamment la crise de gouvernance et celle de l’inégalité territoriale.

Parlant de l’insécurité au Mali, SBM, à ceux qui pensent que la solution militaire n’est pas suffisante, leur répond qu’elle demeure fondamentale. «Nous ne pouvons avoir une solution politique sans au préalable avoir un résultat militaire significatif», a-t-il martelé avec certitude, en concluant qu’il ne connait pas de victoire politique sans une victoire militaire.
Il en a profité pour expliquer aux participants que «Le pouvoir ne peut se gouverner sans tension, sans crise. Partout gouverner, c’est difficile. Ça va devenir de plus en plus difficile», a indiqué Soumeylou Boubèye Maïga.

Amidou KEITA/Le TEMOIN

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