Négociation avec les djihadistes : La recherche d’un émissaire ou la grande préoccupation de Bamako

Il faut négocier avec les Djihadistes. C’est désormais la position de Bamako, annoncée publiquement par Dioncounda Traoré, le haut représentant du chef de l’Etat au centre, avant d’être officialisée par le président de la république lui-même, sur une chaine internationale : « le nombre de mort au sahel est exponentiel. Je crois qu’il est temps que certaines voies soient explorées… Pourquoi pas, essayer le contact avec Iyad et Kouffa, dont nous savons, qui sont ceux-là qui tirent les ficelles de la situation au Mali ». Ainsi, officiellement, Bamako voit une solution de la crise par la « négociation » avec les 2 ténors de la crise malienne : Iyad Ag Ghaly, et Amadou Kouffa. Cependant, après la Mission de bons offices conduite début 2018 par l’imam Mahamoud Dicko, qui n’a rien changé, et avec le tintamarre ou désaveu autour de la prise de langue entre Me Hassane Barry et Kouffa (au nom du gouvernement), on serait tenté de se demander : Si Bamako a encore une liste large conséquente de personnes ressources aptes à tenir le dialogue franc, respectueux et sincères avec les djihadistes du nord et du centre.

En effet, de Mahmoud Dicko à Me Hassane Barry, tous ont emprunté respectivement le chemin de Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa pour négocier. En 2018, après sa mission de bons offices, Mahamoud Dicko est revenu avec un cahier de points défendus par Iyad Ag Ghaly, et qui n’étaient pas bienvenus à Bamako. Car, ils déchiraient la « constitution » au profit de la « Charia », demandaient le remplacement des « tribunaux » par la « loi divine ». Toutes choses qui n’étaient pas les bienvenues dans une république laïque. Et tout bonnement, ces points ont été striés de l’ordre du jour, et jetés dans la poubelle. Mahmoud Dicko pourra-t-il encore avoir le courage de reprendre langue avec Iyad ? qui reste sur ses positions extrémistes : « appliquer la charia, chasser les forces occidentales avec leurs cultures ».

IBK et Mahamoud Dicko, une relation à la recherche de sa sainteté d’antan :

Depuis quelques temps, notamment lors de la demande de l’imam Dicko pour le départ du premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga de la primature, après les échos du programme : d’éducation sexuelle complète », le file entre IBK et l’imam Dicko se sont amincit. En effet, si aux yeux de bon nombre d’observateurs, l’imam Dicko serait la personne la mieux indiquée pour prendre langue avec Iyad Ag Ghaly, il reste un fossé. Alors que, en sus de la lancinante équation d’Iyad, il n’y en a encore pas moindre, Amadou Kouffa le chef de la Katiba du Macina.

En effet, l’allié « sûr » de Yad Ag Ghaly, Amadou Kouffa, qui sème lui aussi la terreur dans le Macina sous le label du GSIM « groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », pour serrer sa main, en (catimini) dit-on, le gouvernement aurait commis Me Barry. Un scénario qui a de peu fallu tourner au tintamarre, car de désaveu du gouvernement, aux révélations de son émissaire, il y a lieu de se demander si cette épreuve ne pourrait tout de même pas raccourcir la liste des personnes ressources disponibles pour l’Etat, afin de négocier avec les djihadistes. Rien que l’exemple par les deux précédents émissaires.

En tous cas, Bamako veut revoir sa diplomatie face : « aux morts exponentielles » selon le président de la république lui-même, selon qui, il faut arrêter l’effusion de sang. Toutefois, IBK n’a plus droit à se tromper de casting, pour indiquer les émissaires qui devront porter la parole du gouvernement à Iyad et Kouffa.

JB/Le Flagrant

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