Seid Ousmane Madani Haïdara, Président du HCI : Un Mahométan très républicain

Professeur émérite en Islamologie, philosophe, critique social de talent, il compte aujourd’hui de milliers de disciples à travers le monde. Pour ceux qui en douteraient encore de l’esprit éminemment « républicain » de ce prêcheur de talent, sachez qu’Ousmane Madani Haïdara fut également un acteur incontesté du mouvement démocratique. C’est à travers ses prêches brillantes, sincères, engagées, contre le régime dit « totalitaire » de Moussa Traoré, qu’il a su conquérir rapidement une très grande estime auprès de ses concitoyens, car dénonçant sans cesse « la grande hypocrisie » du régime UDPM, à travers la fermeture des bars, restaurants et autres lieux de plaisance durant le mois béni du carême, et cela en violation flagrante d’une disposition constitutionnelle consacrant la laïcité de l’Etat. Et pourtant la charge de ce prédicateur hors-pair n’était pas seulement dirigée contre les caciques et autres idéologues du pouvoir UDPM, mais aussi contre tous ces « faux-marabouts » qui ne cessent pas d’instrumentaliser l’islam à des fins d’escroquerie intellectuelle et financière. Afin de joindre le geste à la parole, il accepta de créer avec quelques fidèles une association du nom d’Ançar ad-in, c’est-à-dire « ceux qui aident la religion », sans aucun lien avec celle plutôt criminelle d’Ançar Dine, l’un des protagonistes du conflit armé au Nord-Mali. En plus de cette association, il est aussi l’un des fondateurs en avril 2015, du groupement des leaders spirituels musulmans du Mali( GLSM)
Ousmane Madani Haïdara a toujours expliqué que ce groupement n’a d’autre objectif que la promotion d’une société paisible et prospère au bénéfice de tous les musulmans .Seules l’union et l’entente entre les leaders religieux permettront à l’islam de faire face à l’obscurantisme et aux mauvaises interprétations de ses ennemis : « L’islam tel que nous l’avons appris auprès de nos grands-parents n’est pas cette religion de violence, ou l’on tue son prochain parce qu’il n’est pas du même avis que soi. Nous étions habitués au « vivre ensemble » dans la diversité religieuse et culturelle. Moi, je pense que c’est l’islam qui peut me sauver. Si l’autre pense que c’est le christianisme qui peut le sauver, il n’y a pas de problème, c’est Dieu qui va nous départager. C’est aussi simple que ça et personne n’a le droit de verser du sang au nom de la religion. Il appartient donc aux leaders de rétablir l’image de l’islam, aujourd’hui écornée par les pratiques terroristes qui ne font que détruire les valeurs qui ont fait le rayonnement de cette religion pendant des siècles. On constate aujourd’hui qu’ils sont en train d’instrumentaliser les jeunes un peu partout dans notre pays. On leur donne de l’argent, on leur tient des discours haineux. Il y’a des mouvements qui reçoivent des financements pour endoctriner la jeunesse. Ils ne reculent devant rien, ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Pour lutter contre cela, nous avons été voir le président de la république, le premier ministre, le ministre de la défense, mais jusqu’à présent, il y’a des prêches qui se font dans certaines mosquées, sur certaines radios privées de la place, au point que l’on se demande, s’il y’a un gouvernement dans ce pays. Notre groupement depuis sa création ne fait que la promotion de la solidarité et de la cohésion entre les maliens.
Fondée en 1991, l’Association Ançardine est une organisation, à la fois populiste, internationaliste et afro-centrée, qui porte la critique sociale à l’égard de l’Etat, tout en se voulant une puissante alternative à l’establishment musulman constitué de Wahabites et d’aristocraties religieuses.. A travers une action islamique vécue en tant qu’action sociale et de développement, Ançardine propose une série de règles aux vrais croyants censés former les prémices d’une société à la fois juste et pieuse. Ces règles passent par une exigence de la transparence de soi et du groupe vis à vis de l’extérieur en rupture avec les pratiques arbitraires et occultes des acteurs politiques et religieux permettant de conquérir sa propre existence sociale et économique et ce faisant, de refonder un peuple religieux qui s’efforce de remettre la cité en ordre hors de l’Etat.

B.Camara/Le Phénix

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