Afri’ Actu : En dépit de tout !

A moins de 48 heures de l’échéance électorale du double scrutin, des jeunes soldats du Camp Alpha Yaya Diallo, la plus grande caserne militaire de la Guinée Conakry où siège le Bataillon aéroporté (BATA), se sont violemment mutinés. Des rumeurs avaient annoncé la mort du président de la République Alpha Condé. Lequel a aussitôt fait une sortie publique, entouré de ses partisans, pour montrer qu’il est bien en vie. Des mutins seraient arrêtés et d’autres en fuite. Simple mutinerie ou tentative de coup d’Etat ?  Machination de complots du pouvoir pour accomplir son dessein électoral ? Le ministère de la Défense confirme qu’il y a bien eu une mutinerie avortée.

Toutefois, une chose est désormais évidente : la Guinée Conakry est plus que jamais plongée dans l’incertitude et l’inquiétude depuis la veille du double scrutin très controversé, couplant législatives et référendum constitutionnel qui auront lieu ce dimanche 22 mars. Un scrutin référendaire auquel le Front National de Défense de la Constitution (FNDC) s’est opposé parce que certain que le Chef de l’Etat compte en profiter pour s’offrir la possibilité de briguer un troisième mandat présidentiel.

Cette situation confuse de mutinerie renforce le doute de nombreuses chancelleries quant à la bonne tenue du double scrutin. Un avis partagé par l’Union européenne (UE) qui considérait que les conditions d’organisation d’un scrutin sérieux et apaisé, avec des résultats acceptés par tous, n’étaient pas réunis. Encore que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et la Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’étaient retirées  du processus électoral.

Le président de la Commission de l’Union Africaine (UA) n’avait pas manqué, la veille du double scrutin, d’exprimer «sa préoccupation face aux tensions et aux divergences qui prévalent entre les acteurs politiques et à leurs conséquences potentielles sur la stabilité à long terme du pays ». Il avait invité «instamment toutes les parties concernées à s’abstenir de toute action susceptible de compliquer davantage la situation actuelle».

En dépit des appréhensions des uns et du boycott des autres, le pouvoir guinéen est resté droit dans ses bottes en s’entêtant dans sa logique de tenir son double scrutin sans la participation de l’opposition et l’accompagnement de la Communauté Internationale (CI). D’autant que les scrutins ont bel et bien lieu mais avec un taux de participation des plus médiocres que le pays n’a jamais connu. Que Dieu préserve la Guinée du démon de la déstabilisation !

Gaoussou Madani Traoré/Le Challenger

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