Tensions post-électorales : L’arrêt de la Cour passe mal

L’arrêt de la Cour constitutionnelle du Mali portant proclamation des résultats définitifs du second tour des élections législatives provoque des tensions à Sikasso, Kati, Commune I du district de Bamako, Bougouni où des militants manifestent leur ras-le-bol.

Dans le Kénédougou, la tension est à son comble. «Sikasso n’est pas prête». Des pneus brûlés et barricades jalonnent les voies publiques. Manifestement très fâchés, les manifestants scandent des slogans hostiles au président IBK ! À Niéna, une marche pacifique a temporairement paralysé la circulation sur la RN7. A Koumantou dans le cercle de Bougouni,la tension était vive aussi au moment où nous mettions sous presse.

Les chefs de quartiers de Sikasso étaient en conclave le samedi et s’apprêtaient à envoyer deux correspondances à Bamako : l’une à la Présidente de la Cour Constitutionnelle et l’autre au Président de la République. Une rencontre est prévue en principe ce lundi 4 maientre les manifestants et le gouverneur de région.

A Kati et Moribabougou, des barricades ont été érigées et des pneus enflammés sur les voies publiques. En commune I de Bamako, précisément à Djélibougou-Doumanzana, des échauffourées ont opposé les adeptes de la liste PRVM-Fasoko-Yèlèma aux forces de sécuritéquelques heures après le verdict de la Cour.

Dans un communiqué daté du 1er mai 2020, le Parti PRVM-FASOKO invite la classe politique à rejeter les résultats proclamés par la Cour le 30 avril 2020 relatifs aux élections législatives. « Le Parti PRVM-FASOKO informe le peuple malien du caractère autoritaire de l’Arrêt du 30 avril 2020 de la Cour Constitutionnelle relatif aux élections législatives (2ème tour) du 19 Avril 2020. La Cour Constitutionnelle, au second tour, ne peut qu’infirmer ou confirmer les résultats provisoires fournis par le Ministère de l’Administration Territoriale. Mais cette compétence ne doit pas être le moyen d’ajuster les résultats provisoires mis à sa disposition par le Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. L’annulation de milliers de votes est apparue comme une tactique d’ajustement des résultats des votes en faveur du parti au pouvoir et de ses alliés. Cette stratégie constitutionnelle a anéanti les vrais résultats issus des urnes. Les aspirations et le choix du Peuple souverain de Kati et de la Commune I ont été dès lors méconnus par la Cour. Cet arrêt de la Cour constitutionnelle, insusceptible de recours, outrepasse les limites légales de la compétence reconnue à la Cour dans la gestion du contentieux électoral. Cette violation grave commise par la Cour ne consolide ni la démocratie ni l’Etat de droit dans notre pays. Face à cette méconnaissance de la volonté du peuple, le PRVM-FASOKO se réserve en conséquence tous les droits pour rétablir la vérité des urnes », peut-on lire dans le communiqué. 

Le candidat du Parena recalé à Kati, Ibrahim Kébé, dénonce une Cour constitutionnelle inféodée au régime actuel.« Contre toute attente et malgré les résultats provisoires du deuxième tour validés par l’administration territoriale, la Cour constitutionnelle, inféodée au régime actuel, a déclaré notre liste perdante. J’en prends acte, tout comme je prends acte que la démocratie malienne est prise en otage par un système politique maffieux, qui ne recule devant rien pour préserver ses avantages, ses biens mal acquis et ses hautes trahisons. Ce qu’ils n’ont pas réussi à obtenir par l’achat des votes et le tripatouillage des bulletins de vote, ils l’ont obtenu dans le secret lâche des délibérations de la Cour constitutionnelle », a souligné dans un communiqué le jeune leader d’opinion.

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