Fin du couvre-feu et réouverture des écoles : IBK a-t-il capitulé ?

Depuis une semaine des jeunes de Kayes, Kati, Ségou, Mopti, Sikasso, Bougouni et de Bamako manifestent dans les rues. Objectifs : dénoncer l’arrêt de la cour constitutionnelle et le couvre-feu instauré par le gouvernement pour lutter contre le Covid-19. On déplore plusieurs commissariats incendiés (Sébénicoro, Sabalibougou, Koutiala, Sikasso), des blessés à Bamako et Sikasso, de morts d’hommes signalés à Bamako et de nombreuses arrestations au passage (Bougouni).  Face à une insurrection généralisée, Koulouba est sorti de sa torpeur, en convoquant un conseil de défense extraordinaire.

A l’analyse des grandes lignes de ce qui a été décidé lors du conseil de défense extraordinaire, des observateurs s’interrogent. IBK a-t-il capitulé comme face à la Plateforme Ante Abana en 2017 et Mahmoud Dicko en 2019 (qui avaient pris d’assaut les rues de Bamako pour s’opposer respectivement à son projet de loi référendaire dument voté par les députés à l’Assemblée Nationale et réclamer la tête de son premier ministre, SBM, après le  massacre d’Ogossagou), en abrogeant le décret instaurant le couvre-feu et en ordonnant la réouverture des écoles pour exposer les enfants au covid-19 ?

Tout porte à croire qu’il n’a pas le choix. En effet, si rien a l’issue du conseil de défense, tenu, le 8 mai à la primature sous la présidence du président IBK,  le régime a fait  des concessions pour répondre à l’aspiration de la rue, notamment l’abrogation du décret instaurant le couvre-feu. Du pain béni pour de nombreux noctambules qui pourront se taper la rue, tandis que les forces de l’ordre seront désormais contraintes au profil bas.

Et après…

La levée du couvre-feu peut apaiser l’atmosphère à Bamako, mais elle n’est pas sans conséquence sur le devenir de l’Etat et de la nation dans son ensemble. En obtenant la capitulation d’IBK, la rue animée par des jeunes aurait l’impression d’avoir ouvert des brèches sans résoudre l’équation. En effet, le Mali, à la date du 08 Mai, soit moins de deux mois après la confirmation de son premier cas de COVID-19, compte 668 cas déclarés positifs, 285 cas de guérison et 35 décès. De ces chiffres, on voit clairement que les mesures prises par le Mali n’étaient pas insuffisantes pour contrer la pandémie. Un chiffre qui risque d’augmenter avec la levée apparemment forcée du couvre-feu instauré par les plus hautes autorités pour briser la chaine de contagion, déjà que les autres mesures barrières de lutte contre le Covid sont difficilement respectées. Et pour cause, les Maliens dans leur majorité ne sont pas convaincus de l’existence du coronavirus. Ils continuent les attroupements et les moquées restent ouvertes. En effet, des Maliens refusent d’admettre le désastre qu’a occasionné la pandémie à l’échelle mondiale : un système sanitaire international à l’épreuve et l’économie mondiale à genoux. Conséquence, ils continuent leurs occupations quotidiennes en foulant aux pieds les règles barrières de protection contre le virus.

Bill Carson/La Preuve

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