Qui pour sauver le coton malien ?

L’ex-président de l’APCAM, Bakary Togola, incarcéré depuis plusieurs mois à la maison centrale d’arrêt de Bamako, pourra-t-il bénéficier dans les jours et semaines à venir, d’une remise en liberté, comme le souhaitent encore vivement ses parents, proches et amis ?Si ce vœu était amplement exaucé, avec la bénédiction et la bonne compréhension de nos plus hautes autorités judiciaires, ce serait en tout cas, une excellente opportunité pour de milliers de paysans de notre pays, en particulier les producteurs de coton ou « cotonculteurs » qui menacent sérieusement depuis quelques jours, de boycotter la saison cotonnière de cette année. Ce qui serait un coup extrêmement dur, périlleux, pour les recettes budgétaires de notre pays. La principale pomme de discorde : le prix de 215 FCFA proposé par l’Etat cette année contre 275FCFA, l’année dernière, soit une différence inacceptable de 60 FCFA. Quant on sait l’importance économique et stratégique que ce produit de rente représente pour notre économie, il va sans dite que ce nouveau climat de crispation entre l’Etat, à travers la CMDT et les cotonculteurs ne présage rien de bon pour l’avenir.
L’ex-président de l’APCAM et président de la C-SCPC, Bakary Togola également surnommé « le roi du coton » est de par son charisme, sa grande expérience, ses réseaux, la personnalité la mieux indiquée pour trouver un meilleur terrain d’entente entre les deux entités : la CMDT et la C-SCPC. A la lumière de toutes ses qualités, il possède sans nul doute, un ascendant naturel et psychologique sur le monde paysan, qu’il côtoie depuis de nombreuses années, avant d’en devenir ensuite, une référence du genre, au plan national et même dans la sous-région. Son titre de « paysan modèle » n’est nullement usurpé.
 
La CNA-BT, toujours à la pointe du combat pour sa remise en liberté…
Dès les premières heures de son incarcération, la Coordination nationale des amis de Bakary Togola (CNA-BT) a aussitôt nié le « bien-fondé » des dénonciations exagérées et surtout « fausses » de l’ex-comptable de la C-SCPC, auprès du pole économique et financier, avant de procéder ensuite à un réel recadrage des choses. Le Secrétaire général Moussa Z Doumbia (il est aussi conseiller municipal en CV) est assez formel dans ses propos : il y’a plus de dix ans, que l’on utilise plus le terme « ristourne » entre les cotonculteurs et la CMDT, mais de « complément de prix ». En fait de quoi s’agit-il ? Selon les informations recueillies auprès des acteurs de la filière le prix au producteur est fixé avant chaque campagne cotonnière, et à la fin de la campagne, un consultant indépendant évalue le produit de commercialisation du coton, le prix de vente de la graine, et celui de la fibre, en un parfait commun accord entre la CMDT et les producteurs, comme c’est aussi le cas dans d’autres pays africains. Lorsque le produit de commercialisation évalué est supérieur au prix du coton au producteur préalablement fixé, le bénéfice appelé alors « complément de prix » est ainsi partagé entre la CMDT et les producteurs.
40% du bénéfice pour la CMDT, 60% du bénéfice pour les producteurs de coton
Pour ce qui est de la répartition des 60%pour les producteurs :
 
La CMDT verse directement 40% dans les comptes de chaque coopérative.
45% constituent un fond de soutien à la filière coton qui n’est pas à la disposition de la Confédération des Sociétés Coopératives des Producteurs de coton C-SCPC.
15% pour le budget de fonctionnement de la Confédération des sociétés coopératives des producteurs de coton C-SCPC. Pour les membres de cette coordination, le président Bakary Togola est poursuivi pour la gestion d’un fond qu’il n’a jamais géré. Les prétendues ristournes que le dénonciateur anonyme fait allusion sont versées directement par la CMDT aux coopératives. Par ailleurs, le groupement des syndicats cotonniers et vivriers a aussi tenu un point de presse, le 20 septembre 2019, en annonçant que le complément de prix de la dernière campagne cotonnière a été déjà versé aux coopératives par la CMDT et qu’il n’y a pas de reliquat des années antérieures.
B.CAMARA/Le Phénix
 
 
 

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