L’explosif d’Ibrahim Cissé dit Bara : Un scandale à ciel ouvert à Kalabancoura Extension-sud

L’opérateur économique Ibrahim Cissé dit Bara met en danger la sécurité de ses semblables en érigeant sa station d’essence contiguë au domicile d’une veuve, en plein cœur des habitations à Kalabancoura Extension-sud d’essence. Seule, la pauvre Korotimi Kané mène seule un combat désespéré contre cet homme aux bras longs. Mais le scandale pourrait éclabousser plus d’un.

«Si mon mari vivait, Bara n’aurait jamais osé construire une station d’essence contigüe à son domicile». D’une voix pleine d’amertume, Mme Berthé Korotimi Kané nous confiait son impuissance face aux travaux de construction d’une station d’essence contigüe à son domicile. Le propriétaire est   Ibrahim Cissé dit Bara, un opérateur économique aux bras longs et peu soucieux de la sécurité de ses semblables. Ce puissant homme d’affaires a réussi la prouesse de transformer une parcelle à usage d’habitation en station d’essence. Vivant avec la peur au ventre, Korotimi Kané mène depuis plusieurs mois une bataille judiciaire pour faire échec à la construction de cette bombe.

Dans une correspondance en date du 16 février 2017 adressée au Maire de la commune V, Amadou Ouattara, Mme Berthé Korotimi Kané signifiait son opposition à la construction d’une « Station d’essence » contigüe à son domicile, sans aucun document administratif, ni autorisation d’installation. Face au danger permanent et au caractère illégal et illégitime de cette installation, elle a demandé au maire sa démolition pure et simple.

 

Détermination d’une veuve aux mains nues

La veuve dépourvue, de moyens matériels et financiers mais vraiment déterminée à aller jusqu’au bout pour que justice soit faite (car, il y va de la vie de sa famille et de celle de ses enfants), porte l’affaire devant le Tribunal de Grande Instance de la Commune V du district de Bamako.

Par Ordonnance de référé n°86 du 16 janvier 2018, le tribunal a rejeté l’exception d’incompétence soulevée par les défendeurs, à savoir, Amadou Diallo commis par Ibrahim Cissé pour suivre le chantier. Il a ordonné la cessation des travaux de construction de la station d’essence. « La réalité du dommage imminent lié aux travaux d’installation de la station et des effets néfastes y afférents est, on ne peut plus, établie, d’où il y a lieu d’ordonner la cessation des travaux en application de l’article 490 du Code de Procédure Civile, Commerciale et Sociale. En tout état de cause, le juge des référés n’est pas tenu de se conformer à l’avis de l’expert, au visa de l’article 295 du Code de Procédure Civile, Commerciale et Sociale », peut-on lire dans l’extrait du jugement rendu par Mme Diarrah Coulibaly, Présidente du Tribunal de l’époque.

Par contre, le tribunal s’est déclaré incompétent du chef de démolition. « Au demeurant, la démolition sollicitée par la demanderesse échappe manifestement aux pouvoirs du juge des référés en cela qu’elle se rapporte à une question de fond, il convient de ne pas y faire droit », précise le jugement.  

Contre toute attente, la Cour d’appel de Bamako, dans son Arrêt n°368/2019 du 28 décembre 2019, infirme l’Ordonnance du tribunal de grande instance de la commune V. Statuant à nouveau, elle dit n’y avoir lieu à référer. Elle a aussi rejeté l’exception d’irrecevabilité de l’appel formulée par Mme Korotimi Kané.

Or, il résulte clairement du procès-verbal de constat en date du 27 novembre 2017 établi par Maître Fadimata Diénépo, Huissier-Commissaire de justice à Bamako que « le fait pour Ibrahim Cissé d’élever une station d’hydrocarbures au milieu des habitations dont celle de la requérante, constitue, à n’en pas douter, un trouble manifestement illicite et cause à celle-ci un préjudice en ce sens que, eu égard au risque d’incendie, la quiétude des riverains est perturbée».

La distance sécuritaire d’au moins 25 mètres des concessions habitées (d’une station d’essence au cœur des habitations. La fosse dans laquelle les cuves d’essence doivent être entreposées se trouve à 10 centimètres de sa clôture) a été allègrement foulée au pied par Ibrahim Cissé qui compte sur le pouvoir de son fric pour obtenir des documents administratifs à différents niveaux.

Il suffit de regarder l’emplacement de la station pour craindre les dangers pesant sur les riverains dont Mme Berthé, prise au piège.

Du changement de la vocation à l’autorisation de construction sans oublier les avis des services techniques de l’administration publique, on sent une odeur de laxisme. La vocation de la parcelle a-t-elle été changée par la Mairie de la Commune V du district ? Si oui, en contrepartie de quoi ? Des pots-de-vin ? La tutelle a-t-elle été informée de cette décision ? Que cache l’autorisation provisoire n°092/MCV Mairie de la Commune V du 08 mai 2019 ? Quid du rapport de constat du bureau d’appui conseil (antenne urbanisme) du 29 avril 2019 de la Mairie de la Commune V ? Dans quelle condition la Direction régionale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances du District de Bamako a donné son accord pour la réalisation de ce projet par Lettre n°054/DRCPN-DB en date du 05 octobre 2017 ?

 

Sécurité des riverains méprisée par Ibrahim Cissé

Il ressort des témoignages recueillis çà et là que le Rapport de notice d’Impact environnemental et social de la Direction régionale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances du district de Bamako n’accorde aucun intérêt à la sécurité des citoyens.

Dans un rapport de constat en date du 30 octobre 2019, dont ‘’Le Challenger a pu obtenir une copie’’, le chef de division prévention de la Direction générale de la Protection, Commandant Sapeurs-pompiers, Seydou F. Traoré, a fait des recommandations contre la construction de cette station d’essence au cœur des habitations. Le Commandant Traoré a recommandé l’aménagement d’un mur coupe-feu de 4 mètres de hauteur sur la fosse, l’installation des extincteurs appropriés, l’installation des bacs à sable près des pompes, la formation de l’ensemble du personnel à l’utilisation de ces équipements de sécurité et de lutte contre l’incendie. Si ces recommandations étaient suivies à la lettre, a constaté l’équipe de la Protection Civile, cela atténuerait les effets les risques d’incendie. Ce rapport a été fait après les deux procès. Or, ce constat de la Protection Civile devrait intervenir avant toute construction si la sécurité des voisins était une priorité du sieur Cissé.

Des voisins de Korotimi Kané se mobilisent pour la soutenir à travers une pétition contre la station qui a enregistré de nombreuses signatures.

Cette situation pourrait devenir source de trouble si les autorités communales et le Gouverneur du district de Bamako continuent à fermer les yeux.

A suivre

Drissa Togola/le Challenger

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