Docteur Martin Diarra, endocrinologue à la clinique St. Martin de Kati:«Je préfère le trainement médical conventionnel pour la prise en charge du diabète»

Pour la prise en charge du diabète, il faut suivre le traitement conventionnel et les conseils des médecins. Le traitement du diabète notamment le type 2, ne se fait pas seulement par les médicaments, lesquels viennent toujours en troisième position. C’est d’abord le régime qu’il faut bien maîtriser, ensuite pratiquer une activité physique de façon régulière. Dans cet entretien qu’il a voulu nous accorder, Dr Martin Diarra, endocrinologue et promoteur de la clinique de St. Martin de Kati, parle des différentes formes de diabète et de leur prise en charge.

Bonjour, Dr ! Pouvez-vous nous édifier sur le traitement médical ou conventionnel du diabète ?
Le traitement médical du diabète, c’est assez complexe dans la mesure où l’on doit tenir compte de plusieurs paramètres. Pour traiter le diabète, il faut d’abord identifier le typer (type 1 et le type 2).
Pour le diabète de type 1, le plus souvent, c’est l’insulinothérapie. Il faut simplement donner de l’insuline à la personne pour couvrir ses besoins en insuline parce que la personne se trouve en incapacité d’en produire. Ce travail revient aux spécialistes (les diabétologues, les médecins ou bien les endocrinologues).
Ensuite, il y a le diabète type 2, dont le traitement est basé sur trois choses : la première, c’est par rapport aux mesures hygiéno-diététiques. La personne doit suivre un régime adéquat : on ne va pas prendre de sucre rapide, les grignotages sur certains types d’aliments comme les bonbons, les confitures, le miel, les frites, tout ce qui est friture, ce sont des choses que nous interdisons, les mayonnaises, les moutardes, il y a également ‘’l’atiéké’’, ‘’le dèguè’’, ‘’le wudjilan’’. Ce sont des choses que nous ne voulons pas que les diabétiques consomment. Il y a aussi les fruits secs et gras, par exemple, les raisins secs, les dattes, les arachides, les noix d’acajou.
Deuxièmement, le diabétique type 2 a également besoin de faire du sport et des activités physiques régulières. Une activité physique sous forme de sport parce qu’on se dit que je me déplace, je fais un travail qui fait que je bouge. Cela ne veut pas dire que je fais du sport. Le sport dans sa définition propre est une activité physique continue sans interruption sur une période de trente minutes minimum. Donc, je dis que je vais aller voir quelqu’un, je vais chez un ami ou je me promène, ce n’est pas du sport ! C’est de la promenade, parce que sur la route, vous pouvez vous arrêter. Vous devez faire le sport sous forme de marche rapide sur une période de 30 minutes minimum matin et soir avant le repas, bicyclette (fixe) ou sur une route pendant 15 à 20 minutes. Le sport est toujours proposé avant le repas, on ne le fait pas après le repas. Et cela 4 jours sur 7 au minimum par semaine. Celui qui n’a pas le temps matin et soir, on lui recommande 45 minutes en une seule fois ; soit le petit matin ou le soir.
Troisièmement, le traitement médicamenteux : le médecin va proposer des médicaments à la personne. Et généralement, parmi les médicaments en première intention, le plus souvent c’est la Metformine sans jamais dépasser 2, voire 3 g par jour. Ce travail revient aux spécialistes. Après cela, si ça ne marche pas avec le régime et le sport, on peut associer ce qu’on appelle les sulfamides hypoglycémiants qui sont aussi une classe thérapeutique dans la prise en charge du diabète de type 2.
On pourra proposer d’autres arsenaux qui existent. Si le diabète de type 2 traine, malgré tous les médicaments, si la personne n’est pas infectée et que la glycémie continue à monter, on peut ajouter ce qu’on appelle une basale, c’est-à-dire, une insuline le soir à partir de 21 h ou 22 h. La personne peut prendre cela en plus des médicaments.
De toutes les façons, le traitement médicamenteux ne saurait être administré sans avoir une idée sur l’état des reins et du foie de la personne. Parce que, les reins, c’est ce qui nous aide à éliminer les substances médicamenteuses dont l’organisme n’a pas besoin et le foie contribue au métabolisme et à la transformation des médicaments. Ce qui fait que ces deux organes doivent être visités d’abord, pour voir s’il n’y a pas de défaillance et adapter le traitement médical, c’est-à-dire, donner les antidiabétiques oraux qu’on appelle les ADO aux diabétiques de type 2.

Qu’en est-il du traitement médicinal, c’est-à-dire la phytothérapie ?
La phytothérapie ? C’est vrai, il y a eu plusieurs études qui démontrent que les plantes ont des propriétés pharmacologiques par rapport à la lutte contre l’hyperglycémie ou le diabète de façon générale. Si on prend le contexte malien, c’est sûr qu’il ya des plantes qui sont déjà identifiées et qui auraient des propriétés pharmacologiques, c’est-à-dire, des propriétés sur l’hyperglycémie qui peuvent faire baisser la glycémie. Tout compte fait, il faut qu’il y ait plusieurs études sur un échantillon énorme d’une population donnée. Ces études doivent être documentées avec des expériences sur les personnes comme sur les animaux pour pouvoir attester qu’effectivement, ces médicaments peuvent être utilisés avec garantie. C’est vrai que déjà, il y a des sociétés, des industries qui s’en occupent et qui sont chargées de la phytothérapie en Afrique. De façon générale, ces médicaments auraient des propriétés sur l’hypoglycémie.
Je ne peux pas m’aventurer sur la question parce que je ne la maîtrise pas beaucoup. Mais, je sais qu’il y a des plantes médicinales qui ont des propriétés pharmacologiques par rapport à la prise en charge du diabète. Maintenant, pour la question de faire le mélange entre la phytothérapie et le traitement conventionnel médical par rapport à la prise en charge du diabète, je préfère le trainement médical conventionnel, parce que là, il y a beaucoup d’expériences, il y a beaucoup de sociétés, de laboratoires pharmaceutiques qui se sont engagés et qui ont fait leur preuve. Il faut suivre le traitement conventionnel et les conseils du médecin.

Propos recueillis par Moussa DIARRA/Le Challenger

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