Crise socio-politique au Mali : Trop c’est trop !

Ce n’est un secret pour personne que le Mali se trouve être frappé de plein fouet par une crise multidimensionnelle exacerbée. La pandémie du Coronavirus, l’insécurité rampante qui se déplace du Nord et du Centre vers le Sud. Pour preuve, le poste de contrôle de Sandaré (Région de Kayes) a été récemment attaqué par des individus armés avec comme bilan, deux gendarmes grièvement blessés et des dégâts matériels importants.

A ces dérives sanitaire et sécuritaire vient s’ajouter une crise socio- politique à haute intensité dévastatrice qui oppose deux camps ennemis intimes.

Le M5- RFP, animé par de bouillants politiciens à la gueule fendue avec la caution morale d’un Imam harangueur de foule et la Majorité présidentielle coachée par IBK, famille, amis et alliés, les increvables barons du RPM et certains partis politiques et mouvements alimentaires.

Le premier a choisi de se faire entendre à travers conférences de presse, meetings et désobéissance civile. Suite à une de ses manifestations, le sang a coulé.

Le second qui s’est confiné dans une indifférence indescriptible ne serait pas étranger aux tirs à balles réelles sur des manifestants aux mains nues. Il y a eu des morts devant la mémoire desquels nous nous inclinons et des blessés auxquels nous souhaitons prompt rétablissement.

Pour démontrer sa puissance de feu, il a montré ses muscles en refusant catégoriquement de donner suite favorable à une des exigences majeures du M5-RFP : la démission pure et simple du Président de la République qui, manifestement semble avoir atteint son seuil d’incompétence.

Eu égard à la ligne rouge tracée par la mission des chefs d’Etat de la CEDEAO concernant la remise du tablier par le Président IBK, le M5-RFP doit revoir ses ambitions à la baisse en acceptant de faire partie du nouvel exécutif en cours de formation pour mieux le contrôler et l’orienter. L’heure n’est plus au radicalisme destructeur.

Dans quel pays sommes-nous ? Que voulons-nous ? Allons-nous assister au désolant spectacle de la disparition de notre propre patrie ?

Les maliens dans leur majorité pensent que trop c’est trop. Il faut mettre un terme définitif aux tiraillements inutiles, oublier les préoccupations partisanes, les querelles hyper personnelles et les divergences politiques. La religion et la politique ne font pas bon ménage, cela doit être clair pour tout le monde.

La victoire finale est assurée si les gouvernants et les gouvernés mettent le Mali au-dessus de tout. Pour ce faire aucun sacrifice ne sera de trop.

En réalité trop d’urgences interpellent le Mali. Il s’agit entre autres de :

-Choisir une Assemblée Nationale composée d’une nouvelle race de députés patriotes, clairvoyants et intègres au lieu de la racaille à laquelle nous avons été habitués.

-Refuser en bloc tout gouvernement laxiste et affairiste à la solde d’un Président qui, sept ans durant a roulé les maliens dans la farine.

-Redonner à l’école malienne ses lettres de noblesse

-Assurer à tous les fils du pays des soins de santé à hauteur de souhait en équipant nos hôpitaux de plateaux techniques ultra- modernes

-Octroyer un emploi décent aux jeunes qui, totalement déboussolés, arpentent les déserts et empruntent les bateaux à la recherche d’une vie meilleure en Europe s’ils n’atterrissent pas dans les labyrinthes de la délinquance, de l’oisiveté et de la facilité.

– Engager une lutte sans merci contre la pandémie meurtrière du Coronavirus et contre les djihadistes, les narcotrafiquants et les autres bandits de grand chemin qui pullulent dans notre pays.

-Remplir le panier de la ménagère en valorisant les revenus et en mettant un frein à la hausse licite et illicite des prix des denrées de première nécessité

-Alpaguer les corrompus et les délinquants financiers et les traduire devant les tribunaux en restituant au peuple malien tous leurs biens mal acquis.

-Ouvrir de vraies enquêtes aux fins de situer toutes les responsabilités dans les tueries perpétrées à Bamako Kayes et Sikasso au cours de certaines manifestations démocratiques.

Le gouvernement restreint mis en place par IBK et le Chérif de Nioro selon certaines mauvaises langues est une insulte pour le Mali à un moment où la contestation bat son plein.

Pour réussir cette noble et exaltante mission, chaque membre du prochain gouvernement doit être comptable de ses faits et gestes devant la nation. Il doit être un modèle de droiture dans chaque acte qu’il pose.

Les valeurs qui doivent désormais caractériser celui ou celle qui assume des responsabilités étatiques sont celles de l’intérêt général, du bien commun, de l’intégrité, de l’amour de la patrie, de la loyauté, de l’impartialité, de l’esprit d’écoute et du service public, de l’engagement, de la volonté et de la détermination.

Trop c’est trop. Le moment est venu pour les camps rivaux d’enterrer la hache de guerre et de fumer ensemble le calumet de la paix pour l’honneur, la magnanimité et le bonheur du Mali.

S’installer dans la logique de l’affrontement est suicidaire.

Le dialogue franc et sincère constitue une des meilleures armes de sortie de crise.

Par ailleurs, pour des considérations humanitaires, si l’honorable Soumaila Cissé est vivant et en bonne santé les maliens sollicitent qu’il plaise aux plus hautes autorités, toute affaire cessante, d’user de tous les moyens et de toutes leurs relations pour obtenir la libération sans condition du chef de file de l’opposition.

Prosper Ky/La Révélation

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