ALIOU BOUBACAR DIALLO ET LA DISSOLUTION DE L’AN: L’incohérence d’un opportuniste politique

Président d’honneur du parti ADP-Maliba, Aliou Boubacar Diallo est un « apprenti » politicien qui incarne l’incohérence et le manque de vision. Très versatile, l’homme change de posture au gré des événements.

Hier fervent défenseur du maintien de l’Assemblée nationale, aujourd’hui, Aliou Boubacar Diallo se refuse à cautionner cette idée. Il va jusqu’à affronter ceux avec qui il militait hier contre la dissolution de l’Hémicycle.  

Au lendemain de la mise en place du Bureau de l’Assemblée nationale, Aliou Boubacar Diallo, alors député élu à Kayes, avait réuni autour de lui des élus d’autres formations dans un groupe parlementaire dénommé ‘’Benso’’. Il en avait assuré lui-même la présidence. Quelques jours après, il démissionne de la tête de ce groupe. Suite à la vague de contestation qui a suivi les législatives, il crée le ‘’club des députés du peuple’’ pour tenter de s’opposer à la dissolution de l’hémicycle. Ainsi, il organise une grande foire politique à Kayes, où il déclare officiellement son opposition à cette idée. A la suite des événements malheureux des 10, 11 et 12 juillet, Aliou Diallo annonce son départ de la majorité présidentielle pour militer dans l’opposition.

Le lendemain de la chute du régime IBK, il pond un pamphlet pour peindre la gestion du pouvoir en noir.  Après que le président sortant a dissout l’Assemblée nationale, certains de ses anciens alliés d’hier se sont retrouvés pour tenter de s’opposer à cette décision. Aliou Boubacar Diallo n’a pas attendu longtemps pour produire un document pour les vilipender.

 

« Alors que les Maliens ont le regard résolument tourné vers l’avenir, j’apprends qu’à l’initiative d’un de mes anciens collègues contestés, un groupe des élus de la défunte législature organise une manœuvre bancale pour essayer de rétablir l’ancienne Assemblée nationale. C’est un coup d’épée dans l’eau ! », écrit-il. Il s’agit de ce même homme qui voulait le maintien de l’Assemblée nationale hier.

Dans une démarche démagogique, l’apprenti politicien, devenu amnésique depuis peu, affirme qu’il comprend ceux des ex-députés qui estiment avoir été bien élus. Il soutient qu’ils trouvent injuste d’avoir été privés de leurs sièges régulièrement obtenus dans les urnes. Mais, pour lui,  au regard des événements, cette posture est « intenable ». Car l’ancien député de Kayes pense que les Maliens se diront simplement que tous ces députés sortants ne pensent qu’à leurs postes et à leurs privilèges.

Aliou Diallo, l’amnésique

Comme s’il n’a jamais défendu la posture actuelle de ses anciens collègues, Aliou Boubacar Diallo s’érige en d’honneur de leçons. Il déclare : « A un moment où nos compatriotes marquent clairement leur désir de conjuguer au passé l’épisode des élections législatives, il n’est ni utile ni productif de chercher encore à proposer ce genre de petits arrangements. D’aucun voudrait faire croire que nous sommes tous solidaires de la démarche. Ce n’est pas le cas! Pour ma part, j’estime qu’après la crise politique et les évènements du 18 août, nous ne devons penser qu’à l’avenir du Mali et non au nôtre. Nous devons être au chevet des populations et soutenir la dynamique de stabilisation en cours, conduite par le CNSP. »

Comme une girouette et fidèle à son mode opératoire dans lequel il est passé maître incontesté et inconstatable, Aliou Diallo veut vaille que vaille séduire les nouveaux maîtres du pays. Pour y parvenir, il est connu pour être un homme qui ne lésine sur aucun moyen. Opportunisme politique, quand tu nous tiens !

Harber MAIGA/Azalaï Exprese

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