Mali: Entre Nous: Attention aux dérives !

Le Président de la Transition, Bah N’Daw, a prêté serment, le 25 septembre dernier, au Centre international de conférence de Bamako au cours d’une cérémonie présidée par le Président de la Coup Suprême, Ouffi Wagadeye. Cinq jours avant, cet officier à la retraite avait été désigné par le Comité national pour le Salut du Peuple pour diriger la Transition suite au départ forcé du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta.
En démissionnant en 1990 de son poste d’aide de camp du Général Moussa Traoré et en quittant volontairement sa confortable position du chef de l’Etat-major de l’Armée de l’air en 2004 sous le président ATT, Bah N’Daw était loin d’imaginer qu’il sera appelé à accéder un jour à la magistrature suprême. Un véritable coup du destin !
Le Président Bah N’Daw à la réputation établie et à l’intégrité irréprochable semble comprendre ce coup du destin si l’on s’en tient à son discours lu après sa prestation de serment. Il a tenu un discours rassurant. Espérons qu’il sera ce dirigeant courageux et patriote, insensible aux cris de sirène des laudateurs du jour et de nuit. Un vrai leader très soucieux de l’intérêt général qui saura dire non aux jeunes militaires du Cnsp si ceux-ci posent des actes allant à l’encontre de la défense des intérêts supérieurs de la nation.
En choisissant Bah N’Daw, le Colonel Assimi Goita et ses compagnons du Cnsp, acculés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) de céder le pouvoir, se sont mis la corde au cou. Si par leurs agissements, ils parvenaient à pousser le Président de la Transition à claquer la porte, ils perdraient tout et risqueraient d’avoir et l’opinion nationale, et la communauté internationale sur le dos. C’est pourquoi les jeunes du Cnsp devraient se garder de céder à la tentation du pouvoir. Car on se demande pourquoi insistent-ils tant à mettre dans la Charte de transition que le vice-président remplace le Président en cas d’empêchement et de vacances du pouvoir.
Les uns et les autres devraient comprendre les dangers qui guettent la patrie si les Maliennes et les Maliens continuent à être divisés sur l’essentiel. Tous les patriotes doivent accompagner l’équipe de Transition. Cet accompagnement ne veut pas dire qu’il faut fermer les yeux sur les dérives et autres déviances du Président de la Transition et de son équipe. Bah N’Daw n’est pas un messie et ne dispose pas d’une baguette magique pour soigner les maux dont souffre le Mali. Accompagner Bah N’Daw et son équipe, c’est leur dire la vérité en tout lieu et en toute circonstance.
L’échec de cette transition serait lourd de conséquences pour l’unité du Mali. Il est temps qu’on arrête d’accuser les autres d’être la cause de nos malheurs. Chacun de nous constitue une partie du problème et chacun de nous constitue une partie de la solution. Donc, ne nous trompons pas d’enjeux et d’ennemis !
Travaillons ensemble pour poser les jalons d’une démocratie au vrai sens du terme dans laquelle la vigilance citoyenne empêchera tout dirigeant et son clan de faire du Mali sa propriété privée.

Chiaka Doumbia/Le Challenger

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

maliafrique.ml

GRATUIT
VOIR