Sanctions contre le Mali:Deux poids, deux mesures de la Cedeao

La politique de deux poids deux mesures de l‘organisation supranationale ouest-africaine.

Il a fallu que la junte formée par le Comité National pour le Salut du Peuple – CNSP – mette le holà à la crise pré insurrectionnelle qui perdurait plus de deux mois, en obligeant le président Ibrahim Boubacar Keïta à rendre le tablier, le 18 août dernier, pour voir le Mali isolé. Cela après des condamnations de principe par la CEDEAO, l’UE, l’UA et les Etats –Unis.
L’organisation ouest-africaine a eu la main lourde par la suite: embargo économique sur le Mali, gel des flux financiers de la BCEAO, quand bien même celle-ci n’appartient pas à la CEDEAO, la fermeture des frontières
Pour les Chefs d’Etat de la CEDEAO, la levée de ces sanctions est conditionnée à l’application d’un chapelet de mesures de la part du CNSP au pouvoir : le transfert du pouvoir à un gouvernement entièrement civil : la désignation d’un président civil et d’un Premier ministre civil de la transition ; l’abrogation de l’Acte fondamental N°001/CNSP du 24 août 2020 du Secrétariat général du gouvernement ; l’insertion de la disposition selon laquelle le vice-président ne peut remplacer le président de la transition en cas de vacance ou d’empêchement (pour qu’on ne se réveille pas dans trois mois, avec un militaire à la tête de l’Etat, selon le médiateur GoodLuck Jonathan) ; la publication de la Charte de la transition au Journal officiel ; la dissolution du Comité National pour le salut du Peuple (CNSP) ; la libération de tous les officiels arrêtés (le Premier ministre Boubou Cissé, le président de l’Assemblée nationale, Moussa Tembiné, les ministres en charge de la Défense, Ibrahim Dahirou Dembélé, et de la Sécurité, M’bemba Moussa Keïta).
La junte a renoncé à une prérogative capitale pour son chef, le 1er octobre dernier, selon un document officiel publié et l’organisation de cette période transitoire. Les colonels se sont engagés à rendre le pouvoir aux civils à l’issue d’une période transitoire de18 mois, ils ont élaboré une charte, document fondamental qui organise la transition et qui complète la Constitution existante sur laquelle elle prévaut en cas de contradiction. Aucune version de cette charte n’avait été publiée avant le 1er octobre dernier, bien qu’elle ait servi le vendredi 25 septembre de fondement à l’investiture du président Bah N’Daou et du vice- président Goïta, qui n’est autre que le chef de la junte.
«Le vice-président est chargé des questions de défense, de sécurité», dispose son article 7, sans mention d’une prérogative de remplacement du président. Après avoir lâché du lest, le CNSP déplore la lenteur dans la levée des sanctions imposées au Mali, à rebours des deux Etats voisins, la Côte d’Ivoire et la Guinée, dont les chefs d’Etat, ont pourtant fait un coup d’Etat constitutionnel, en violation des textes régissant la vie de ces Etats : ils rempilent pour un 3ème mandat présidentiel illégal.
La CEDEAO, syndicat des Chefs d’Etat, n’a jamais exprimé sa désapprobation, à leur égard. Seul le président nigérian Mohamed Buhari en a fait une condamnation ‘’édulcorée’’. C’est le Mali qui en a pris pour son grade, quand son armée paracheva la révolution citoyenne du M5 RFP, le 18 août dernier en déposant l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta.
En dépit de la nomination des membres de l’attelage gouvernemental malien de la transition, force est de convenir que le M5 RFP doit continuer à surveiller le nouvel exécutif comme le lait sur du feu. Il reste la seule sentinelle vigilante pour faire aboutir le changement tant souhaité du commun des mortels.

Vivement une CEDEAO des peuples !

Mohamed KONE, Correspondant à Kadiolo/Le Challenger

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