ENTRE NOUS: Donner la chance aux solutions endogènes

C’est en début de soirée, le 8 octobre 2020, que le gouvernement de la République du Mali a confirmé la libération de notre compatriote Soumaïla Cissé, de l’humanitaire française, Sophie Petronin ainsi que de deux autres otages de nationalité italienne, Nicolas Chiacchio et Pierre Luigi Maccali. Dans la même soirée, les ex-otages ont été reçus par le Président de la Transition qui était en compagnie du Vice-président et du Premier ministre. Au-delà de leurs familles et pays respectifs, le soulagement est manifeste pour tous ceux qui se sont mobilisés les premières heures de leur captivité.
Dans un message posté sur les réseaux sociaux, les USA ont salué la libération de l’opposant Soumaïla Cissé. «L’Ambassade des États-Unis à Bamako adresse ses meilleurs vœux à la famille de Soumaïla Cissé, maintenant qu’ils sont réunis. La nation malienne a longtemps attendu ce jour et le peuple malien a gardé M. Cissé et sa famille dans son cœur et dans ses prières. Son enlèvement pendant la campagne électorale a mis en évidence les sacrifices parfois endurés par ceux qui soutiennent la démocratie. Les États-Unis condamnent les groupes terroristes qui cherchent à empêcher les Maliens d’exercer leurs libertés ».
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA, Mahamat Annadif «s’est félicité, dans un message sur Tweeter, de l’annonce de la libération de deux otages au Sahel : le chef de l’opposition malienne Soumaïla Cissé et la travailleuse humanitaire française Sophie Pétronin». Il a appelé le Conseil de sécurité des Nations Unies à accompagner le Mali dans le processus de crise. Selon le chef de la MINUSMA, «La paix est à portée de main et la balle demeure encore dans le camp des Maliennes et Maliens. La MINUSMA est plus que jamais engagée à leurs côtés».
Les négociations ayant abouti à la libération de ces otages devraient encourager les autorités de la Transition dans cette voie. Il faut se réjouir du fait que le dialogue avec les groupes radicaux du Mali figure dans la feuille de route de la Transition. Il s’avère même indispensable que les autorités de la Transition s’attèlent rapidement à créer les conditions pour entamer le dialogue avec ces groupes.
Le travail formidable accompli par les services de renseignement avec l’appui d’intermédiaires doit se poursuivre afin de maintenir le contact avec les principaux responsables du Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans, en l’occurrence Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa Diallo. C’est le moment de foncer. Le Président et le gouvernement de transition gagneraient à prendre le leadership d’un tel processus inter-malien sans interférence extérieure.
Pour une paix durable au Sahel, il importe que la communauté internationale donne une chance à une telle initiative malienne. Après tant d’efforts, il ne sert plus à rien de se substituer aux Maliens. Que les Nations Unies, l’Union européenne, l’Union africaine et leurs experts donnent une chance aux solutions endogènes ! Une amnistie générale pourrait être accordée à tout ceux qui veulent déposer les armes. Y compris Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa !

Chiaka Doumbia/Le Challenger

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

maliafrique.ml

GRATUIT
VOIR