Sans les indispensables’’ états généraux de l’Homme malien’’ préconisés par le regretté ATT : L’impossible refondation ?

Émise par le regretté ATT que le seul forum qu’il restait à organiser pour sauver notre pays était les Etats généraux sur le Malien en personne, l’idée a plutôt fait sourire ses concitoyens que de susciter les nécessaires examens de conscience. Le temps lui a donné raison, la perspective restant plus d’actualité que jamais.

La refondation du Mali, «Mali Kura» des concepts reviennent en leit motiv dans le vocabulaire des hommes publics maliens depuis quelque temps. Auront-ils plus de succès que le changement qu’on prône dans ce pays depuis belle lurette ? Le temps nous édifiera car le changement est resté juste un mot dans la bouche, jamais traduit en acte concret dans le comportement des uns et des autres. Dans l’architecture du gouvernement mis en place, le 5 octobre 2020, figure un ministère en charge de la Refondation, chargé des Relations avec les institutions. Ce département a, semble-t-il, pour mission de conduire les réformes que les responsables de la Transition jugeront nécessaires pour la refondation de l’Etat.  

L’un des piliers du M5-RFP est ‘’’l’Espoir Mali Kura – EMK- lancé officiellement le 14 mai au cours d’une conférence de presse à la Mairie du District de Bamako l’EMK. Son Coordinateur, le cinéaste Cheick Oumar Sissoko, ancien ministre et non moins ancien président du Parti Sadi, était à la pointe des différentes manifestations visant à réclamer la démission du Président Ibrahim Boubacar Kéïta et son régime. Le 5 juin, date du premier meeting gigantesque à la Place de l’Indépendance, ce sont de leaders d’EMK – notamment Cheick Oumar Sissoko et Général Moussa Sinko Coulibaly – qui ont pris la tête d’un groupe de manifestants pour se rendre à Sébénikoro. Le convoi n’a été stoppé dans son élan qu’à coups de gaz lacrymogène, non loin de la gare routière de Djicoroni-Para !

Vers un activisme citoyen nouveau

Le 10 octobre 2020, un groupe de citoyens a lancé dans l’amphithéâtre de la Bibliothèque nationale un mouvement : «le Nouveau Type de Malien  -NTM-» avec comme slogan : «Le changement commence par chacun». Le premier responsable du  NTM, Séidina Oumar Maïga, a posté le 12 octobre, un message sur les réseaux sociaux, dont voici quelques extraits : «Le NTM veut un Mali nouveau avec des Hommes nouveaux au service du changement. Nous marchons sans ambages vers un activisme citoyen nouveau. Nous serons ensemble porteurs d’espoir et de lucidité́ au service d’une jeunesse émancipée et de citoyens édifiés. Le NTM de demain, c’est maintenant. La construction d’un Mali Nouveau est une œuvre collective et inclusive que le Mouvement NTM entend mener à travers un leadership participatif ».

D’EMK à NTM sans oublier le M5-RFP, le maître-mot reste le changement. Le NTM met en avant un nouveau Malien pour façonner le changement que chacun de nous scande ou chante à longueur de journée. Il faut nécessairement l’émergence d’un nouveau citoyen plus patriote et plus soucieux de l’intérêt général. Toute œuvre de refondation qui ne met pas au cœur le reformatage de l’Homme malien sera voué à l’échec.

Déjà en 2009, le très regretté Général Amadou Toumani Touré, après avoir organisé le Forum sur l’Education, les Etats généraux sur le Foncier, ceux de la Lutte contre la Corruption et la Délinquance financière, avait estimé qu’il faut maintenant se pencher sur le cas de l’Homme malien à travers un forum.

La famille a échoué à façonner l’Homme. La déchéance de l’école a pris le relais en jetant sur la place publique une race d’individus pouvant être qualifiées d’Osni (Objets submersibles non identifiés). Et la rue jadis un lieu d’éducation par excellence des enfants a parachevé le reste. Il suffit de regarder à côté pour se rendre compte des comportements honteux, donc contraires au développement du pays. 

Le comportement actuel de l’écrasante majorité de nos concitoyens devrait nous amener à étudier sérieusement «l’Homme malien» afin que le pays puisse prendre une autre trajectoire. Selon l’aristocrate polonais et roi de Pologne de 1704 à 1709, « l’amour de la patrie fait un bon citoyen, et un bon citoyen fait la gloire de sa patrie».

Pour la gloire de la patrie tant meurtrie par des tragédies suscitées par ses propres enfants, il faut des citoyens plus responsables.

Chiaka Doumbia/Le Challenger

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