Entre Nous : De quelle souveraineté retrouvée ?

Le Conseil des ministres du 06 janvier 2023 a pris un projet de décret instituant la Journée nationale de la Souveraineté retrouvée. Ce texte « institue le 14 janvier de chaque année, Journée nationale de la Souveraineté retrouvée ». Selon le communiqué officiel du conseil des ministres, « le Président de la transition, Chef de l’Etat a décidé, lors de la session du Conseil des Ministres du 30 novembre 2022, d’instituer la Journée nationale de la Souveraineté retrouvée, en souvenir de la grande mobilisation contre les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines de la CEDEAO et de l’UEMOA ».

Pour la première fois, le gouvernement de transition souligne que « plus de 4 millions de Maliens se sont mobilisés à l’intérieur et à l’extérieur du pays le vendredi 14 janvier 2022 pour dénoncer ces sanctions ». Toujours selon le texte officiel du Secrétariat général du gouvernement, « la célébration du 1er anniversaire de cette grande mobilisation est prévue le 14 janvier 2023. Elle vise à renforcer le sentiment patriotique et à magnifier la souveraineté retrouvée du Mali qui repose désormais sur les trois principes définis par le Président de la Transition, conformément à la vision du Peuple malien, à savoir : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix stratégiques et de partenariats opérés par le Mali ; la défense des intérêts vitaux des populations maliennes dans toutes les décisions prises ».

Après une première annonce, le gouvernement a décidé de surseoir aux manifestations gigantesques qui étaient prévues, ce samedi 14 janvier, à Bamako et ailleurs à travers le pays compte tenu de la situation sécuritaire du pays.

Face aux urgences qui assaillent la nation, un gouvernement qui doit organiser cinq ou six scrutins et s’atteler à la libération des zones jusque-là occupées par des forces hostiles au pouvoir étatique a vraiment d’autres défis…..Mais entre nous, de quelle souveraineté, le Colonel Goïta et son gouvernement se réjouissent-ils ?, s’interroge-t-on au sein d’une partie de l’opinion publique.

Une équipe de transition qui n’arrive pas à exercer son autorité sur les 2/3 du territoire national, livré à des groupes armés radicaux se substituant à l’Etat ne saurait évoquer une souveraineté retrouvée. Une équipe de transition qui achète à prix d’or les services « d’instructeurs russes » dans sa reconquête du territoire ne saurait célébrer une souveraineté retrouvée. Une équipe de transition qui se dispute avec des groupes armés du monopole de la violence armée ne saurait instaurer le 14 janvier, journée la souveraineté retrouvée. Une équipe de transition qui ne peut pas donner le nombre des zones reprises des mains des groupes armés radicaux après deux (2) ans d’exercice du pouvoir d’Etat ne saurait se réjouir d’une souveraineté retrouvée. Une équipe de transition qui perd de plus en plus le contrôle de son territoire ne saurait se réjouir d’une souveraineté retrouvée. Une équipe de transition qui assiste impuissamment au déplacement massif des populations ou au vol de leurs biens ne saurait se réjouir d’une souveraineté retrouvée. Une équipe de transition qui compte des centaines d’écoles fermées du fait des groupes armés radicaux ne saurait se réjouir d’une souveraineté retrouvée.

Par Chiaka Doumbia/Le Challenger

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