L’Observatoire régional africain pour la résilience des systèmes éducatifs (ARESRO) a officiellement lancé son projet, le mercredi 17 septembre 2025, au Mémorial Modibo Kéita. La cérémonie s’est tenue en présence du directeur national de l’Enseignement fondamental, Issoufi Maïga, du recteur de l’Université Yambo Ouologuem, Pr Belco Ouologuem, ainsi que de plusieurs personnalités de ladite université, qui pilote le projet.
L’objectif de l’ARESRO est clair : renforcer la résilience des systèmes éducatifs au Mali et en Afrique en produisant des données fiables et exploitables. Piloté par l’Université Yambo Ouologuem de Kabala, l’Observatoire bénéficie d’une subvention d’environ 1,5 million de dollars canadiens. Il s’inscrit dans l’initiative mondiale « GPE-KIX » visant à soutenir les systèmes éducatifs face aux chocs persistants : pandémie de COVID-19, changement climatique, conflits et autres perturbations.
«L’interruption scolaire due aux conflits, les impacts climatiques sur les infrastructures rurales et les inégalités d’accès à l’école pour les enfants vulnérables constituent des défis majeurs. Ce projet représente un levier concret pour transformer ces vulnérabilités en forces durables », a déclaré Issoufi Maïga, directeur national de l’Enseignement fondamental (DNEF). Il a invité les participants à un engagement total et réaffirmé le soutien indéfectible de la Direction nationale à l’initiative afin qu’elle devienne « un phare guidant l’école malienne et africaine vers un avenir prospère et résilient». Il n’a pas manqué de remercier l’Université Yambo Ouologuem et son recteur, Pr Belco Ouologuem, pour « la qualité de l’organisation de l’atelier et sa contribution scientifique ».
Dans le même sens, Pr Belco Ouologuem a dressé un constat sans appel sur les dysfonctionnements du système éducatif malien, fragilisé par les multiples crises que traverse le pays depuis plus d’une décennie : « Aujourd’hui encore, des centaines de milliers d’enfants sont privés d’école à cause de la fermeture d’établissements dans les zones d’insécurité. D’autres souffrent d’un accès limité à des infrastructures adaptées », a-t-il regretté. Conscients du rôle crucial de l’éducation dans la construction d’une société résiliente, les universitaires de Kabala, sous la direction du recteur, entendent mettre leur expertise au service de la nation pour bâtir un système éducatif plus solide, plus inclusif et plus performant. Cela passe par la production de données fiables issues d’analyses rigoureuses et par la formulation de recommandations facilitant la prise de décision au niveau national en matière d’éducation. «La résilience éducative n’est pas une option, c’est une nécessité», a souligné le recteur, appelant à une synergie des efforts pour concrétiser les ambitions de l’ARESRO. Il convient de rappeler que le projet concerne 42 pays africains pour une période d’exécution de cinq ans. Le Mali dirige un groupe de cinq pays comprenant le Bénin, le Togo, le Burkina Faso et le Niger.
Broulaye Koné
