Tellement de mystère autour du programme officiel qu’on en venait à se demander s’il n’avait pas, lui aussi, subi un léger retard ou s’ il ne serait pas parvenu à Ouagadougou en retard. Ce qui pourrait justifier le léger retard d’IB. « Une hypothèse » qui pourrait expliquer le petit décalage observé dans l’arrivée du président Ibrahim Traoré. Car, à lire l’agenda tel qu’il circulait, ou plutôt tel qu’il ne circulait pas, tout semblait dire que les trois chefs d’Etat devraient tout faire ensemble. Sauf que…
À peine arrivé à l’aéroport pour accueillir le Général Abdourahamane Tiani, il devait aussitôt se retrouver devant les caméras de la télévision de l’AES pour recevoir les trois chefs d’État, avant de filer, à une vitesse réglementaire mais ambitieuse, vers la BICD pour un nouvel accueil présidentiel.
Un agenda digne d’un marathon diplomatique était pour le Premier ministre, Général Abdoulaye Maïga. Sauf que… le programme a connu un léger mais costaud remaniement.
C’est à 10 h 45 minutes à Bamako que le président du Niger, le Général Tiani, a été accueilli au bas de la passerelle par son homologue malien, le Général d’armée Assimi Goïta. Sourires le visage, salut fraternel, ponctué d’un échange de poignet, honneurs militaires. Calebasses traditionnelles, lait frais et noix de cola, salutations aux ambassadeurs accrédités au Mali, puis aux délégations et à la communauté nigérienne. Même exercice du côté malien. Ensuite, place aux hymnes : « L’Honneur de la Patrie » du Niger, suivi de « À ton appel Mali », puis l’hymne de l’AES, « Sahel Benkan ».
Une séquence solennelle, qui a conduit les deux chefs d’État vers le pavillon présidentiel pour un bref tête-à-tête, pendant que le protocole, lui, s’arrangeait à installer les autres membres de la délégation dans les véhicules.
Koulouba sans IB, ou presque
Après ce bref échange, direction Koulouba. Et c’est là que l’agenda officiel commence à montrer quelques plis. L’arrivée annoncée du président burkinabè, capitaine Ibrahim Traoré, accuse un léger retard. Suffisant pour lui faire manquer un moment peut-être mémorable : le bain de foule. Les deux chefs d’État déjà présents, arrivés qui sont peut être arrivés « à l’heure officielle », ne se sont pas privés de cette communion populaire. Acclamations, liesse populaire, contact avec la chaleur malienne et sahélienne.
« Je n’ai pas le programme » le refrain du sommet
S’il y a bien un secret jalousement gardé lors de ce sommet, c’est le programme officiel. Journalistes, cameramen, reporters armés de stylos, calepins, dictaphones et trépieds, ont longtemps cherché cet agenda… sans succès. Certains, convaincus de couvrir l’ouverture de la 2e session du Collège des chefs d’État dès le lundi matin, se sont donné rendez-vous au CICB. Arrivés entre 6 h et 7 h pour les uns et au -delà pour les autres, ils se sont retrouvés pris de court. Le programme réel, secret ou inaccessible, était tout autre : arrivée des chefs d’État à l’aéroport, installation au salon d’honneur, direction télévision AES, ensuite inauguration BICD, fin de la première journée et ce n’est que le mardi que le sommet proprement parlé était schématisé.
Mesures sécuritaires, ajustements protocolaires ou simple retard de transmission ? Difficile à dire. Toujours est-il que beaucoup ont été surpris. Peut-être pas seulement les journalistes et les officiels… Peut-être même que le président IB n’avait pas reçu l’agenda à temps. Ce qui expliquerait ce léger décalage et le grand déballage de tous les bagages au sens propre comme au figuré du programme de cette session.
En tous cas, la mise en œuvre du programme officiel de la rencontre des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES) a connu un léger réajustement lors de la journée d’arrivée des délégations présidentielles à Bamako. Un décalage de calendrier qui a entraîné quelques modifications dans le déroulement initialement prévu des activités protocolaires.
Malgré ces légères perturbations, les autorités ont veillé au bon déroulement des activités essentielles, dans un esprit de coordination et de coopération. Ces ajustements n’ont en rien entamé l’importance de cette rencontre, qui s’inscrit dans la dynamique de la continuité après un mandat robuste du Mali.
Ousmane Tangara/Le Challenger
