La survie économique des États de l’AES, Mali, Burkina Faso, Niger dans un monde globalisé n’est pas une illusion, mais elle n’est possible qu’au prix d’une alchimie stratégique – pas magique, mais politique, économique et géopolitique.
La mondialisation n’est pas finie, elle est fragmentée, l’AES n’est pas face à la mondialisation mais à plusieurs mondialisations concurrentes : Le bloc des occidentaux (UE–États-Unis), celui des puissances émergentes, la Chine, l’Inde, et la Turquie. Enfin des pôles géopolitiques alternatifs, Russie, pays du Golfe. Contrairement à ce qu’on croit, survivre n’est pas s’isoler, mais changer de circuits.
De la souveraineté économique
L’AES a gagné en autonomie politique, mais cela reste fragile sans base économique solide. Cela suppose : La maîtrise des ressources stratégiques (or, uranium, coton, bétail), la fin du simple rôle d’exportateur de matières premières, la création de chaînes de valeur locales (raffinage, transformation, stockage). En guise d’exemple clé, un kilo d’or raffiné localement vaut plus qu’un kilo exporté brut. La souveraineté commence après la mine, pas dans la mine. Autre alchimie, faire de l’intégration AES une réalité économique parce que, l’AES ne survivra pas comme trois économies isolées. En urgence, l’érection d’un marché commun AES réel (libre circulation des biens, capitaux, personnes), des politiques agricoles et énergétiques coordonnées, une banque confédérale AES crédible, orientée vers : Le financement des PME locales, des projets structurants (énergie, routes, agro-industrie), la sécurisation de l’épargne régionale. Sans instruments financiers propres, la souveraineté reste une rhétorique. Le vrai risque : la fatigue sociale et la promesse non tenue. Le danger majeur n’est ni les sanctions, ni l’isolement, mais : la dégradation du pouvoir d’achat, le chômage des jeunes, la perception selon laquelle, les sacrifices ne mènent à rien. Si la souveraineté ne se mange pas, elle sera rejetée. En guise de conclusion, une alchimie possible, mais exigeante, les États de l’AES peuvent économiquement survivre — et même exister avec dignité dans un monde globalisé, à trois conditions : convertir la rupture politique en transformation économique réelle, faire de l’AES un espace productif et non seulement sécuritaire, livrer rapidement des résultats visibles aux populations. Sans cela, l’alchimie devient un slogan. Avec cela, l’AES, peut devenir un modèle sahélien inédit.
Sory de Motti/Nouvelle Patrie
