Une année après sa signature, le Ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’intégration africaine et le Chef de Mission de l’OIM au Mali ont coprésidé, la première revue du Dialogue institutionnel entre leurs deux partenaires. L’exercice s’est résumé à dresser le bilan des réalisations de 2025 et à adopter une feuille de route conjointe pour l’année en cours. «L’année 2025 a démontré que lorsque l’OIM et le ministère avancent ensemble, les résultats sont tangibles et bénéfiques pour les Maliens et les migrants», en a déduit Dr Boubacar Seybou, en égrenant des acquis telles la signature d’un accord de coopération, la mise en place d’un cadre de concertation régulier et l’opérationnalisation d’infrastructures d’accueil pour les migrants. La période écoulée aura été marquée, en effet, par un impressionnant labeur en collaboration avec le Gouvernement malien pour apporter une assistance humanitaire multiforme à plus de 41 000 personnes déplacées internes dans les régions de Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et Ménaka. S’y ajoute le retour au bercail de plus de 8 500 Maliens parmi lesquels près de 4 500 ont amorcé leur processus de réintégration, grâce au programme d’aide au retour volontaire. Le représentant de l’OIM en a profité pour rassurer de l’engagement indéfectible de ses services à soutenir le Mali dans la consolidation d’une gouvernance migratoire moderne, efficace et conforme aux ambitions du pays.
Le ministre Ag Attaher a exposé pour sa part les priorités pour 2026, en mettant l’accent sur la nécessité d’une action coordonnée. « Face à l’évolution constante des défis migratoires, il est crucial d’anticiper et de renforcer nos interventions», a-t-il indiqué avant d’annoncer les axes prioritaires de son département pour 2026 : l’amélioration des données migratoires pour éclairer les décisions et le renforcement du positionnement international du Mali, « afin que notre pays porte une voix sahélienne responsable dans les instances multilatérales ». Le ministre des Maliens établis à l’Extérieur a plaidé par la même occasion en faveur de la migration comme levier de stabilité, de développement et de dignité humaine et non comme défi à relever.
L’exercice s’est conclu par l’adoption d’une feuille de route qui s’articule autour de dix priorités stratégiques dont le renforcement de la gouvernance migratoire, l’amélioration des données, la protection des migrants, la promotion d’alternatives à la migration irrégulière, la révision de la politique nationale de migration et les préparatifs du Forum international sur l’examen des migrations (IMRF) annoncé pour cette année.
Amidou Keita/Le TEMOIN
