L’angoisse se fait déjà sentir chez les paysans

Le Mali qui s’est vu détrôner par le Bénin au 1er rang du classement de la production cotonnière a décidé de fixer le prix du coton à 275 FCFA afin de susciter les producteurs à se surpasser et atteindre l’objectif d’un million de tonnes de coton graine. Le résultat risque d’être très amer en raison d’une pluviométrie qui, non seulement est loin de rassurer, mais aussi risque d’engendrer la famine dans certaines localités connues pour leurs exploits en matière de culture de coton.

En fixant les prévisions de production de coton graine à 1 million de tonnes pour la reconquête de la première place de production cotonnière, le gouvernement du Mali a à priori laissé les paysans à leur sort malgré la rareté des pluies en début de juillet. Ce qui signifie déjà une perte énorme pour les producteurs qui non seulement ne peuvent plus être au rendez-vous des premières semences de coton de 1ere et 2ème qualités, mais aussi le risque de famine dans plusieurs milieux ruraux demeure d’actualité. Pour qui connaît l’apport des 1res catégories de coton en termes de poids, les signaux d’une contre-performance du Mali dans la production cotonnière à l’échelle planétaire s’intensifient.

Avec une telle pluviométrie comme le décrivent les paysans, c’est désormais le sauve qui peut. Car la priorité actuelle est la recherche de la ration alimentaire céréalière annuelle. Toute chose qui laisse croire que les objectifs fixés par nos autorités ne semblent plus être d’aucune utilité.

Déjà à Kabé, dans la commune rurale de Sanankoroba, à une trentaine de kilomètres de Bamako, les paysans sont aux abois. Devenus orpailleurs par circonstance, les habitants dudit village, par manque de pluie, se rendent tous les jours à Tourela pour l’orpaillage. Selon Salia Goïta, résidant dudit village, après avoir entendu que le prix du coton avait grimpé de 25 FCFA de plus, ils étaient nombreux à s’y engager pour une première fois ; mais avec cette sécheresse, ce n’est plus à l’ordre du jour. Pire, les gens craignent pour leurs stocks de céréales.

Comme le dit ce proverbe chinois : « Quand la nécessité de la survie plane, la luxure s’écarte ». Voilà de quoi alerter les autorités qui, dans l’incapacité de secourir les paysans avec le système de pluies provoquées, espèrent avoir 1 million de tonnes de coton graine. D’ores et déjà, dans de nombreuses localités dans la région de Koutiala, la joie des paysans, en particulier les cotonculteurs, risque d’être de très courte durée en raison de cette calamiteuse pluviométrie qui sévit dans plusieurs localités du pays. À peine deux mois que les autorités maliennes ont fixé le prix du coton pour la campagne 2018-2019 à 275 FCFA, les choses semblent prendre une tournure très  désastreuse.

En effet, c’est dans le souci de se faire une idée de l’évolution de l’hivernage dans certaines localités rurales, il faut dire que ce n’est que désolation et grande inquiétude minent les habitants qui voient déjà leurs espoirs en péril. Selon nos sources, il y a plus de 10 communes rurales qui attendent une pluviométrie conséquente pour commencer l’hivernage. Et les quelques rares villageois qui ont semé assistent, impuissamment, à la sécheresse.

A en croire Seydou Traoré, maire de la commune rurale de Sinkolo, les paysans de sa commune commencent à s’inquiéter du déroulement de l’hivernage. Déjà en fin juin, toute sa commune attend toujours la pluie pour labourer. Des signes très inquiétants qui laissent planer un mauvais pressage. Et l’heure serait plutôt à la survie au regard d’une telle mauvaise pluviométrie.

Il faut dire que l’amertume est la même dans les communes rurales de Fagui, Kapala, Molobala et Zangasso, où les habitants ont évoqué que les périodes adéquates pour le coton de 1re et 2ème  catégories sont totalement passées, et qu’il ne reste que la dernière catégorie dont la période de semence est située entre le1er et le 15 juillet.

Pour Siriman Dembelé, enseignant à Molobala, c’est la première fois depuis 10 ans qu’il voit certains grands producteurs de coton de son villagese résignés face aux dettes des intrants qu’ils ont l’habitude de payer grâce au coton ; à  moins qu’il ne pleuve jusqu’en octobre. Selon toujours la même source, il y a également d’autres producteurs qui avaient prescrit 10 ou 20 hectares. Ils se contentent du tiers de cette superficie. Pire, certains chefs de familles restent terrifiés car, plus d’une dizaine de jeunes ont déjà quitté le village pour les villes.

Source: La Preuve

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