Rapport 2014 du Végal sur les fournitures de l’armée : Le scandale éclabousse la hiérarchie militaire !

 

En publiant, quelques cinq ans plus tard, le Rapport du Vérificateur général, sur le scandale des fournitures de l’armée, l’actuel Végal, Samba Alhamdou BABY, qui n’est autre que l’ancien chef de cabinet de Hamadoun Konaté, très proche d’IBK et inamovible ministre, est en service commandé.

La coïncidence, avec la croisade contre l’ancien Premier Ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, ne relève pas du hasard, car ce dernier était justement Ministre de la Défense du tout premier gouvernement de l’ère IBK, et étroitement impliqué dans l’élaboration et la passation de ce marché trop sulfureux. Mais ce faisant, en voulant enfoncer davantage SBM, le régime de IBK éclabousse plutôt la hiérarchie de l’Armée malienne qui a par ses avis techniques, à l’occasion de cette mascarade, poussé SBM à produire une attestation de conformité favorable au devis estimatif présenté par Guo Star, la société bénéficiaire de ce marché, détenue par Mohamed Kagnassy, alors justement Conseiller Spécial de… IBK !

En effet, relativement aux matériels listés en réponse à la commande de l’Etat du Mali, le Ministre de la défense d’alors avait signé un document au terme duquel officiellement, il «atteste (…) que les matériels commandés auprès de la société ‘’Mag Force’’ en France, précédemment inspectés par les services techniques de mon département correspondent à nos demandes». En foi de quoi, poursuit l’attestation de conformité du Ministre, «je délivre la présente attestation pour servir et valoir ce que de droit». L’attestation était signée de Soumeylou Boubèye Maïga !

Des militaires peu techniques

Seulement voilà, si la publication de cette attestation fait ressortir la responsabilité du Ministre, elle remet surtout en cause fondamentalement la ‘’technicité’’ des cadres officiers militaires, constituant «les services techniques du département» de la défense, censés évaluer et déterminer la ‘’conformité’’ des «matériels commandés». Car pour ce qu’on sache, le Ministre partout au monde est d’abord un politique chargé de l’élaboration, de la planification et de la mise en œuvre de la politique nationale dans le domaine dont la tutelle relève de lui. Le Ministre n’est pas un technicien et s’appuie, dans sa prise de décision, sur les conseils avisés des cadres techniques du département et des services qui y sont rattachés, car ceux-ci sont la mémoire à la fois administrative du département mais aussi l’essence technique qui en fait sa spécificité. Sous ce rapport, ‘’SBM est responsable, mais pas coupable’’, pour paraphraser la ministre française de la santé Georgina Dufoix à propos du scandale du sang contaminé courant 1980-1990.

Ceci n’occulte certes pas la puissance et l’autorité qu’une personnalité politique d’envergure peut avoir sur ceux qui relèvent de son autorité ministérielle. Mais dans un domaine aussi sensible que celui militaire et de surcroît à une période extrêmement délicate pour le pays, la responsabilité première est celle des cadres militaires censés conseiller puis aider le Ministre à la prise de décision, par leurs avis techniques. En réalité, connivence ou pas, la chaîne des culpabilités remonte d’abord et surtout aux officiers supérieurs et militaires commis à la mise en œuvre de la politique de défense et de sécurité. Car ils en sont étroitement associés par consultations, par fonctions et par responsabilité dans les surfacturations, le recours à des sociétés peu spécialisées pour une matière militaire très technique et l’achat de camelote refourguée aux militaires qui tombent comme des mouches sur le théâtre des opérations anti-terroristes, en conséquence de l’utilisation de ces matériels vieillots et peu adaptés aux besoins. Jusque-là, les cadres militaires, dans ce pays, disposent d’une certaine ‘’souveraineté’’ qui les confère davantage de droits de regard sur la matière qui les concerne.

Une pratique liée au pouvoir et non à SBM

D’ailleurs, les récents achats d’hélicos Puma désuets et des Tucanos obsolètes, dont IBK s’est abondamment vanté pour servir sa campagne électorale de la dernière présidentielle, ne l’ont pas été sous l’ère SMB Ministre de la Défense. Pourtant à ce propos et pour les hélicos katakatanis, l’Ambassadeur de France Joël Meyer a assuré que «avant de passer la commande, les acheteurs étaient bien conscients qu’il s’agissait d’hélicoptères d’occasion avec tous les risques que cela comporte, y compris celui lié à la maintenance». Signe qu’en dépit de l’éclatement du scandale des fournitures de l’armée en 2014 et suivantes, la pratique des surfacturations s’est allégrement poursuivie. Visiblement, les menaces des bailleurs de fonds de couper tout appui au Mali et les engagements du bout des lèvres de poursuites judiciaires, au demeurant sans lendemain, de IBK pour sanctionner tous les coupables, n’ont pas refroidi les ardeurs à la prévarication et à la corruption pour ce qui concerne l’équipement de l’armée et l’amélioration des conditions de vies des militaires. Soit les ‘’acheteurs’’ ont été à la bonne école de SBM, soit il existe un réseau dont peut-être pour son malheur, l’ancien Ministre de la défense du premier gouvernement n’a été qu’un maillon à un moment donné et qui continue de prospérer. La seconde hypothèse paraît plus proche de la vérité.

Nous l’avons souligné en maintes publications, la cohorte des officiers généraux ne doit leur poitrail couvert des généreuses breloques d’IBK que pour mieux servir de lampistes à l’incurie du Président de la République. En plusieurs occasions, le Chef de l’Etat n’a pas hésité à les couvrir publiquement d’infamie et d’opprobres en les jetant en pâture à l’opinion pour couvrir ses insuffisances et la médiocrité de ses politiques en matière de sécurité. Le plus souvent, il fait croire à une démonstration de fermeté (toujours sélective d’ailleurs) en les renvoyant publiquement, tout en les ramenant subrepticement quelque temps après que la bourrasque soit retombée, ou en les admonestant publiquement comme la scène surréaliste à Sobane Da du Chef d’Etat-major général des Armées, vertement tancé et menacé de renvoi et qui acquiesçait avec une servile obséquiosité.

Bien qu’ayant soulevé les lièvres des surfacturations et de la corruption généralisée autour des achats d’équipements de l’armée, IBK et son fils font en ce moment feu de tout bois. Au risque de consumer la hiérarchie militaire servile qui asseoit pourtant aujourd’hui leur pouvoir. Par maladresse et dans leur détermination à en découdre avec SBM !

Source: la Révélation

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