Réhabilitation des structures sanitaires du Mali: Quand l’Etat plombe l’hôpital du Point G

Plusieurs services-clés du Centre hospitalo-universitaire du Point G ne fonctionnent plus depuis plus de deux ans, à cause de l’arrêt des travaux de réhabilitation entrepris dans le cadre du Programme présidentiel d’urgences sociales. Une situation angoissante pour l’administration hospitalière devenue le bouc-émissaire d’une situation dont elle est, bien au contraire, la première victime. L’état actuel du Point G interpelle au plus haut sommet de l’Etat notamment le président de la Transition, colonel Assimi Goïta.

Si l’hôpital Gabriel Touré a eu la chance de voir ses travaux de réhabilitation se terminer dans le cadre du Programme présidentiel d’urgences sociales, tel n’est pas le cas pour le Point G car, depuis plus de deux ans, les locaux abritant les Urgences, l’Imagerie, le bloc opératoire et le laboratoire, sont en chantiers. Pire, les travaux de réhabilitation exécutés par Maryliss BTP sont à l’arrêt. Bloquant ainsi le fonctionnement normal de cet hôpital de référence. Des équipements arrivés sont stockés à certains endroits de la cour de l’hôpital, à la merci des intempéries.
L’arrêt des travaux serait motivé par le non paiement par le gouvernement du Mali des fonds de l’entreprise Maryliss BTP d’Adama Bictogo, vice-président de l’Assemblée nationale de la Côte d’Ivoire.
Avec cet état de fait, l’hôpital du Point G se trouve quasiment sans bloc opératoire (les trois salles en service fonctionnent à minima), sans service Imagerie et service des Urgences. Pour soulager la souffrance des patients en situation d’urgence, l’administration, selon des témoignages recueillis, a mis à contribution le service Cardiologie, pour installer un service des Urgences de fortune. Et l’administration hospitalière est devenue le bouc émissaire d’une situation qui ne dépend pas d’elle mais dont elle est, bien au contraire, la première victime.
Il nous est revenu que l’administration du CHU du Point G qui n’a pas voulu se prononcer sur cette affaire, histoire de ne pas embarrasser les plus hautes autorités, a tapé à toutes les portes pour alerter. En vain ! En un mot, c’est l’Etat malien qui plombe le CHU Point.
Cette situation doit être l’une des urgences du prochain gouvernement. Elle interpelle au plus haut niveau de l’Etat, notamment le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta qui doit prendre à bras le corps cette affaire qui illustre à suffisance l’irresponsabilité notoire du gouvernement de la République du Mali.

Chiaka Doumbia/Le Challenger

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

maliafrique.ml

GRATUIT
VOIR