TRANSITION : Assimi Goïta face à son destin

 

Le Mali est à un tournant décisif de son existence après le coup de force perpétré par la junte militaire une seconde fois le 25 mai. Par cet acte, celui qui a décidé de présider aux destinées du pays se retrouve face à son destin et à l’Histoire.

 

Organiser des élections propres, renforcer la sécurité, désamorcer la bombe sociale, mettre le Mali sur les rails et regagner les casernes. Ce sont là les grandes actions de la lourde tâche qu’Assimi Goïta a décidé de poser le temps de la transition. Malgré son jeune âge et l’inexpérience de son entourage, il a fait le pari de tester son destin.

Indexé par tous depuis le 18 août, date à laquelle lui et ses camarades du Conseil national pour la salut du peuple (Cnsp) ont décidé de « parachever » l’œuvre du M5-RFP, Assimi Goïta, peu bavard, a fait montre d’une certaine sagesse et d’une discrétion qui cachaient mal les ambitions de l’homme.

Si au départ il a voulu jouer le premier rôle de la transition, que la communauté internationale lui a refusé, cette fois-ci il a décidé de braver tous les avis défavorables pour garder le poste de président de la transition.

Un pari hautement risqué, dirait l’autre. Dans un pays avec des grandes disparités sociopolitiques, conduire la destinée de 20 millions de Maliens n’est pas comparable au commandement d’un bataillon militaire. Parce qu’à ce niveau, il ne suffit pas de donner des ordres pour être obéit, encore moins menacer le peuple avec le gros canon de son arme surdimensionnée. La gestion d’un pays ne s’apprend point dans une école de guerre. Il va falloir ménager la classe politique, amadouer la société civile et séduire les partenaires techniques et financiers. Le grand défi réside à ce dernier palier, surtout quand on sait qu’un homme en treillis n’inspire pas confiance à la communauté internationale.

Assimi Goïta devra veiller à ce que le panier de la ménagère ne soit pas dégarni, que les caisses de l’Etat soient permanemment renflouées, que le tissu social soit recousu et que la paix et la quiétude reviennent dans les contrées lointaines du Centre et du Nord. Pour ce faire, la volonté seule ne suffit pas. Il lui faut d’urgence trouver les hommes et les femmes capables de l’aider dans cette mission herculéenne. Pour l’instant, ce n’est pas gagné, car son entourage actuel laisse à désirer.

Mais, l’homme a la réputation d’être vif d’esprit et très futé. Il ne reste plus qu’à lui souhaiter d’avoir l’inspiration nécessaire pour parvenir au bout de son initiative. Ainsi, il pourra avoir son nom auprès de ceux qui l’inspirent, en l’occurrence Amadou Toumani Touré du Mali, John Rawlings du Ghana ou Thomas Sankara du Burkina Faso.

En attendant de voir la direction dans laquelle il conduira le bateau Mali, tout le monde retient son souffle. Pour sûr, le colonel-président joue à quitte ou double.

Dieu veille !

Harber MAIGA/Azalaï Express

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