Mission de suivi de la Cedeao sur la Transition au Mali : Le voile se lève enfin sur les intentions d’Assimi et Choguel

A la faveur de la mission de la Cedeao conduite par l’ancien président du Nigéria sur le suivi de la Transition au Mali, le voile se lève enfin sur les intentions réelles du président de la Transition, Col. Assimi Goïta et du Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, quant à la prorogation de la transition.

Du 5 au 7 septembre 2021, l’envoyé spécial et médiateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan, a conduit une mission au Mali, dans le cadre du suivi de la situation au Mali, conformément aux recommandations des chefs d’État et de gouvernement. Goodluck Jonathan était accompagné, entre autres, par Mme Shirley Ayorkor Botchwey, ministre des Affaires étrangères du Ghana, présidente du Conseil des ministres de la CEDEAO et Jean Claude Kassi Brou, président de la Commission de CEDEAO.

Dans son communiqué, la mission de la CEDEAO a apprécié l’expression renouvelée des autorités de la Transition à respecter la période convenue de la transition devant la communauté internationale. « Toutefois, la Mission reste préoccupée par l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus », déplore la mission de la CEDEAO. « La mission a rappelé l’importance du respect de la date des élections annoncées, afin de montrer la crédibilité du processus de transition. Elle a encouragé le gouvernement de transition à présenter rapidement un chronogramme détaillant le calendrier, les réformes et actions prioritaires qu’il urge d’entreprendre pour la tenue des élections présidentielles et législatives. Il s’agit notamment du consensus sur le cadre légal devant servir aux élections, la préparation de la liste électorale, et le choix de l’organe ou des organes devant conduire les élections », observe-t-elle.

Les préoccupations de la Mission de l’organisme sous-régional relatives à l’insuffisance d’actions concrètes dans la préparation effective du processus électoral sont justifiées. Car, depuis la mise en place du deuxième gouvernement de Transition conduite par Dr Choguel Maïga, le processus est grippé par des fortes divergences entre le gouvernement et une frange importante de la classe politique et de la société civile qui tient au respect de la durée de la Transition. Ce qui ne semble pas être l’avis du colonel Assimi Goïta ni de Choguel Maïga. Et ce séjour de la mission de la CEDEAO a permis de lever le voile sur les intentions réelles du président de la Transition et du Premier ministre.

Que vaut la parole d’honneur !

Sur la page Facebook de la présidence de la République, il y a un article intitulé : « Mission d’évaluation et de Suivi de la CEDEAO au Mali : Les attentes pressantes du peuple malien au cœur des débats ». Dans cet article sans signature, on peut lire : « Il faut signaler par ailleurs que cette rencontre se tient à un moment où des voix s’élèvent de plus en plus, partout dans le pays, à l’intérieur comme à l’extérieur, pour réclamer la prolongation de la Transition eu égard à la persistance de certains défis majeurs, entre autres, la lutte contre l’insécurité, l’impunité et la corruption. Ces deux derniers volets connaissent déjà des résultats encourageants et le président de la Transition a insisté sur la prise en compte par la CEDEAO des aspirations du peuple malien et a mis un accent particulier sur les réformes institutionnelles sans lesquelles les idéaux de la refondation seraient de vains mots. » Ça veut dire ce que ça veut dire.

Dans une note de presse sur la visite de la mission de la CEDEAO au Mali, la cellule communication de la Primature explique que « les recommandations et conclusions issues des Assises nationales de la Refondation auront un caractère exécutoire et serviront de base pour les réformes constitutionnelles concernant les questions ou matières ci-après ». Il s’agit notamment la relecture de la loi électorale ; la relecture de loi portant Charte des partis politiques ; l’élaboration de l’avant-projet de la Constitution ; et la tenue du referendum constitutionnel. « Toutes ces réformes interviendront de septembre 2021 à février 2022 », ajoute la note sur le bas de laquelle est mentionné le nom et les contacts de Manga Dembélé, chef Cellule communication, Primature.

Toujours selon la note de presse, « le gouvernement du Mali a expliqué à l’envoyé spécial et médiateur de la CEDEAO, S.EM. Goodluck Jonathan, la nécessité d’organiser, tout d’abord, les Assises nationales de la Refondation, avant de se mettre d’accord, à l’issue d’un large consensus national, sur un chronogramme précis et détaillé devant conduire aux élections générales dans les plus brefs délais. La mise en place de l’Organe unique indépendant de gestion des élections n’est pas liée au calendrier de tenue des Assises nationales de la Refondation et est sans préjudice du chronogramme des élections ».

Les positions sont ainsi affichées. Colonel Assimi Goïta et Choguel Kokalla Maïga mettront tout en œuvre pour obtenir une prorogation de la transition au-delà des dix-huit mois. Pourtant les deux personnalités se sont toujours engagées à respecter les engagements pris devant la communauté nationale et internationale. Comme quoi, le respect des engagements et la parole d’honneur ne concernent que ceux ou celles qui croient au Mali-Kura.

CD/Le Challenger

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