De Bafoulabe à Bamako l’esclavage en passe de prendre un nouvel élan :Mamadou Djassa Lah aux trousses d’esclaves révoltés 

Le bras-de-fer entre traditionalistes et modernistes dans la première région est loin d’atteindre son épilogue. Il a plutôt dégénéré en redoutable chasse aux minorités déjà victimes de supplices corporels et moraux dans nombre de contrées, depuis l’échec d’une certaine conférence régionale sur le phénomène annoncé par le ministre de la justice garde des sceaux à l’issue de la 24e session de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID). Ladite conférence, qui devait permettre aux protagonistes (maîtres et esclaves) de trouver un terrain d’entente pour de bon, n’a jamais vu le jour pour des raisons que les seules les plus hautes autorités pourront expliquer. En attendant, les descendants d’anciens esclaves, après avoir perdu champs et bétails, subissent une chasse à l’homme jusqu’à Bamako. C’est du moins ce que laisse croire l’aventure spectaculaire de Tiémoko Diarra, interpelé sans convocation et qui s’est étrangement retrouvé à la Maison d’Arrêt Central.

Les faits…

Ce qui est arrivé à Tièmoko Diarra ressemble moins à une arrestation qu’à un enlèvement. Sans convocation, sans mandat d’arrêt ou une quelconque situation susceptible de le mettre dans le viseur de la justice, il est capturé à son domicile et conduit manu-militari à l’Interpol. Derrière cet enlèvement, se cache apparemment la persistance des relents esclavagistes dans la zone de Bafoulabé. En effet, explique un proche de Tiémoko Diarra, leur famille est l’objet de persécutions et pièges tendus sur fond d’ennuis judiciaires depuis qu’elle a affiché son hostilité à la pratique de l’esclavage. Le détenu extrajudiciaire et sa famille soupçonnent, en clair, une discrète vengeance contre sur ceux ou celles qui disent non à la pratique de l’esclavage dans la zone de Bafoulabè.

Arrêté en même temps que ces frères Fousseiny et Yoro, Tiémoko Diarra impute son sort un certain Mamadou Lah de Kérsigané, dans la zone de Bafoulabé.

Il s’agit d’un richissime opérateur économique résidant à l’extérieur et qui serait déterminé à réduire au silence toute personne qui tenterait de briser les chaînes de l’esclavage. A l’instar notamment des frères Diarra, qui figureraient parmi les esclaves qui se sont d’ailleurs révoltés en 2019. C’est ainsi que la semaine dernière, l’intéressé aurait soudoyé des acteurs de la justice et Interpol pour mettre à tout prix le grappin sur le sieur Tièmoko Diarra et ses deux frères. Le motif d’inculpation et d’arrestation des sieurs Diarra, en violation de toute procédure, en dit long. En effet, il est reproché à Tièmoko d’avoir reçu l’appel téléphonique de l’un de ses frères, lequel aurait injurié une vieille dame dans un audio téléphonique. Le malheur de Tiémoko, selon nos sources, vient du fait qu’il a été la première personne appelée par le frère en question. Il n’en fallait pas plus pour l’accuser de complicité et que des individus en civil – mais armés jusqu’aux dents – fassent irruption dans son domicile à Kalabancoura ACI pour le tirer d’un profond sommeil. Sans convocation ni notification d’une quelconque plainte au préalable, il est ainsi conduit à l’Interpol où on lui a notifié les raisons de son arrestation.

Affaire à suivre…

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