Situation politique du Mali de l’indépendance à nos jours : Le Pr. Salikou Sanogo invite les autorités à donner le bon exemple

Dans le cadre de la célébration du 22 Septembre, nous avons rencontré le Pr. Salikou Sanogo, 1er vice-président du parti de la poignée de main, URD, une figure respectée dans l’arène politique. Il livre sa vision sur le Mali, 61 ans après son accession à la souveraineté nationale et internationale.

Journal l’Empire : Professeur pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Professeur Salikou Sanogo : Je suis le Professeur Salikou Sanogo, premier vice-président de l’Union pour la République et la Démocratie, un parti politique créé par feu Soumaïla Cissé, paix à son âme.

Journal l’Empire : Alors professeur pourriez vous nous faire une rétrospective de la situation politique du Mali de 1960 à nos jours ?

Professeur Salikou Sanogo : Bien… ça c’est un vaste chantier car de l’avènement du Mali à l’indépendance, à la souveraineté nationale et internationale aujourd’hui ça fait 61 ans j’ai eu la chance d’être là en 1960 étant jeune élève ayant suivi les évènements, ayant participé à certains défilés en particulier celui du 20 juin c’était pas encore le Mali mais plutôt la fédération du Mali ensuite traverser la période de l’union soudanaise RDA que j’ai vécu à ses débuts en grande partie étant en France pour les études. La période de la deuxième République et jusqu’à la troisième République dans laquelle nous sommes bien entendu ces périodes sont différentes.

La première période, c’est vraiment la période des pères fondateurs de notre pays et comme les autres pays de la sous-région et plusieurs pays dans le monde c’était vraiment l’époque des indépendances, des luttes pour une libération nationale. Et nous, nous avons, en tant que jeunes élèves et étudiants, suivi ce mouvement là ici au Mali bien entendu et aussi à l’extérieur. Concernant le Mali comme je l’ai dit c’est la période de l’indépendance, les pères fondateurs de notre pays étaient des patriotes ils étaient animés d’une grande foi pour notre pays et en souvenir des luttes contre la pénétration coloniale et une lutte de libération pour aboutir à l’indépendance.

À l’indépendance il y avait des difficultés bien entendu particulièrement avec l’éclatement de la fédération du Mali où notre pays a été obligé de compter sur lui-même et sur ses voisins pour forger une identité, construire une nation, bâtir une économie nationale qui avait jeté le ballon d’une industrialisation dans notre pays. Dans tous les domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle et était cité en exemple, une sorte d’avant garde sur le plan économique. Sur le plan de l’éducation c’est la réforme du système éducatif de 1962 qui a fait référence. Nous avons assisté à l’éclosion d’une nation qui était fière et combative bien entendu les difficultés n’ont pas manqué et ces difficultés internes certainement exacerbées par l’intervention extérieure ont abouti à un coup d’Etat dont l’aboutissement a contribué à la 2ème République avec le général Moussa Traoré.

La 2ème République a fait aussi son petit bonheur de chemin mais comme au niveau de la première République, la 2ème République du point de vue politique c’était le parti unique qui prédominait. Là aussi, il y a eu des luttes cette fois-ci des luttes pour l’avènement d’un régime démocratique. Et cela a abouti aux événements de la révolution de 1991 dans laquelle les forces démocratiques que se soient estudiantines, syndicales, les partis politiques clandestins ont conjugué leurs forces dans le cadre d’un forum pour aboutir à un changement suite à la réclamation du multipartisme intégral. Ainsi, nous sommes entrés dans une période de démocratie au Mali d’un multipartisme intégral, éclosion des partis politiques, éclosion des associations ça a été un moment extrêmement fort où les maliens se sont sentis libérés, et où la parole était possible où l’écrit était possible ceci nous a amené à des résultats très appréciables. Sur le plan des libertés démocratiques éclosion des radio privées, éclosion des journaux privés, sur le plan associatif des dizaines d’associations, sur le plan éducatif une réforme tel que le prodec qui a permis de développer l’éducation non seulement dans le système public mais aussi les écoles privées. Le système éducatif a fait un bon en avant. Nous sommes arrivés à développer les écoles publiques , les écoles privées et les écoles communautaires et pratiquement tous les villages étaient demandeurs d’une école d’où le slogan « un village une éclosion ou un CED ». Ce slogan a eu une réalité tangible parce que rares sont les villages au Mali où il n y avait pas d’école. Donc ça a été un grand succès et ça a permis au peuple du Mali de s’affirmer. Bien entendu des difficultés ont continué mais je peux dire que beaucoup de choses ont été faites tels que la création des IFM des CSCOM de cette période de la 3ème République, la période de la démocratie.

Professeur avez vous un appel à l’endroit des dirigeants du Mali et précisément ceux qui sont au pouvoir présentement ?

Il faut que les dirigeants du Mali donnent le bon exemple tout en luttant contre la corruption en diminuant le train de vie de l’Etat oui c’est vrai tous les problèmes du Mali ne peuvent pas se résoudre en un clin d’œil ou encore en une seule journée mais ça serait un travail de longue haleine où nos dirigeants devront être s’armer de courage.

‘’Nous n’avons pas le droit de casser l’instrument que Soumaïla Cissé nous a laissé’’

Pour ce qui est l’appel à l’endroit des militants et militantes du parti URD pour rappel quand feu Soumaïla Cissé a été enlevé nous avons tout fait pour garder l’unité de notre parti et le défi était de faire en sorte que Soumaïla Cissé revienne trouver son parti uni. Il est revenu et il a trouvé que son parti était uni et prêt à s’engager dans les batailles politiques à venir. Et tout le monde était réconforté qu’il vienne et on était sûr que s’il restait on avait énormément de chance pour que les prochaines échéances électorales nous soient favorables. Malheureusement il est parti, nous nous sommes trouvés sans notre leader.

Au départ nous avons eu beaucoup de découragement des gens qui étaient démoralisés des gens qui pensaient que c’était terminé mais au fur et à mesure que le temps passe on s’est ressaisi et on s’est dit que nous n’avons pas le droit de cesser le combat. Il faut qu’on fasse honneur à la mémoire de Soumaïla Cissé, il a commencé un travail qu’on doit poursuivre, il nous a laissé un outil qu’est l’urd. On doit le maintenir et on doit le développer et le perfectionner. Donc je demande aux militants de l’urd et à nos sympathisants de ne pas perdre espoir car la victoire est au bout de l’union.

Notre parti c’est union pour la république et la démocratie ce mot union là, il faut que nous le considérons comme étant un mot sacré et qu’on fasse tout ce qui est possible, tout le sacrifice à notre endroit pour que cette union soit là et cette union se renforce que de plus en plus de gens viennent nous rejoindre parce que nous incarnons la vision de Soumaïla Cissé vision à laquelle la majorité de peuple a finalement fini par se rallier. Nous n’avons pas le droit de baisser, de casser l’instrument que Soumaïla Cissé nous a laissé si nous nous réclamons de lui faisons en sorte que l’urd résiste, que l’urd continue et que l’urd se développe.

 

Entretien réalisé par Boubacar Traoré/L’Empire

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