Mali: Affaire Wagner : Paris ne décolère pas, Bamako demeure inflexible !

 

Depuis la révélation d’un possible accord entre les autorités de la transition malienne et la société paramilitaire russe, Wagner, et le passage du Premier ministre, Dr. Choguel Kokalla Maïga, à la tribune des Nations unies, la tension monte entre Paris et Bamako. Le mardi 5 octobre dernier, le président français a fait une sortie médiatique qui a mis en colère Bamako, qui n’a pas tardé à convoquer l’ambassadeur de France.

Après 8 ans de présence de plus 29 000 forces étrangères au Mali, menées par la France, sans résultats escomptés, et la décision de Paris de redéfinir son engagement militaire au Sahel, les autorités de la transition malienne ont décidé de tendre la main à d’autres partenaires pour les aider à sécuriser et à recouvrer l’intégrité du territoire national. En plus, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, sans citer la France, a déploré un abandon de son pays en plein vol pour justifier la décision des plus hautes autorités. Ces décisions de Bamako ont incommodé Paris. Et l’escalade diplomatique a commencé.

Après avoir investi beaucoup d’efforts humains et financiers dans des opérations militaires au Mali et dans le Sahel, la France se voit contrainte de composer avec d’autres partenaires. Ce qui était loin d’être son objectif au moment où elle a refusé l’accès de Kidal aux militaires maliens en 2013. Du coup, les autorités françaises ont perdu leur latin et sont en train d’user de tous les moyens pour barrer la route aux autorités maliennes dans leurs nouvelles entreprises.

Ainsi, le mardi 5 octobre dernier, le président français a fait une sortie médiatique qui a fait réagir Bamako. «Sans la France au Sahel, il n’y aurait plus de gouvernement au Mali. Si le président Hollande n’avait pas décidé en janvier 2013 d’intervenir avec l’opération Serval, puis l’opération Barkhane, les terroristes auraient pris le contrôle d’abord de Bamako et puis de tout le pays.

Il y a 18 mois, j’ai dit aux Etats de la région en particulier aux Maliens, que notre présence doit évoluer parce qu’on ne peut pas demander à nos soldats de remplacer ce qui est le travail de vos Etats, en particulier de votre Etat. Il faut que l’Etat revienne avec sa justice, sa police partout en particulier au Mali et au Burkina. L’armée française n’a pas à se substituer au travail de l’Etat malien», a dit le président français sur la chaîne locale.

Ces propos d’Emanuel Macron ont été jugés inamicaux et désobligeants par les autorités maliennes qui ont convoqué l’ambassadeur de France au Mali pour lui «signifier l’indignation et la désapprobation du gouvernement du Mali et élever une vive protestation contre ces propos regrettables, qui sont de nature à nuire au développement de relations amicales entre nations».

 

Y.Z/L’Oeil du Mali

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