Sit-in des travailleurs de la BCI : L’incompétence de Mme Haïdara Zeinabou Koureichi décriée

 

Les agents de la Banque pour le Commerce et l’Industrie (BCI-Mali) ont tenu, les 5 et 6 octobre 2021, un sit-in devant leur direction générale pour dénoncer l’incompétence de Mme Haïdara Zeinabou Koureichi. Ils réclament l’application de la convention collective des Banques, Assurances et Etablissements financiers du Mali.

«Gestion d’une entreprise n’est pas synonyme de gestion d’une famille », « Mettez-nous dans nos droits. Trop, c’est trop », « Entre la direction et le comité syndical, le respect doit être réciproque », « Nous ne sommes contre personne mais contre la violation de nos droits et un mauvais système de gestion », « L’égo et l’orgueil, deux mauvais compagnons d’un responsable », « Préservons notre bien commun à tous : la BCI »…

Voilà, entre autres, des slogans que l’on pouvait lire lors de ce sit-in organisé les 5 et 6 octobre derniers par les agents de la BCI devant la direction générale. A travers ce rassemblement qui a paralysé le fonctionnement de l’établissement bancaire pendant plus d’une heure, les travailleurs réclamaient l’application de la Convention collective des banques, assurances et établissements financiers.  

La direction générale, sourde aux doléances

Selon le secrétaire général du Comité syndical de la BCI, Nouhoun Samassékou, la direction générale est en train de violer depuis 2018 la Convention collective des banques, assurances et établissement financiers du Mali. Le Comité syndical, a-t-il rappelé, a tapé à toutes les portes pour dénoncer certains agissements de la directrice générale Mme Haïdara Zeinabou Koureichi. A l’en croire, elle refuse d’appliquer le protocole d’accord signé sous l’égide de la direction nationale du Travail ayant permis la levée du dernier mot d’ordre de grève avec l’application intégrale de cette Convention collective. « Cela fait plus d’une année. Ce protocole n’est toujours pas respecté », a regretté Nouhoun Samassékou. L’allocation de congés que la direction générale avait commencé pour la première fois en août 2020 depuis l’ouverture de la banque a été arrêtée depuis le mois de juillet dernier, suite à la publication d’une note. « Nous avons dit stop. Nous avons décrié et nous avons fait tout ce que nous pouvons », a martelé le secrétaire général du Comité syndical de la BCI.

Nouhoun Samassékou veut que les agents qui assurent l’intérim de leurs supérieurs bénéficient des avantages liés à cette responsabilité autrement dit qu’ils perçoivent des avantages qui leur sont dus. Le Comité syndical veut que la direction générale s’engage à respecter les engagements relatifs à l’évaluation des travailleurs. « La Convention dit aussi que tous les personnels doivent être évalués au plus tard le 31 mars de chaque année. Maintenant nous sommes en octobre et notre direction n’a toujours pas évalué », a dénoncé le leader syndical.

Selon son secrétaire général, le Comité syndical demande tout simplement le respect des engagements pris par la directrice générale et a montré toute sa bonne foi en laissant la porte ouverte au dialogue. « Même hier (ndlr le lundi 4 octobre), c’était prévu qu’on arrête les discussions à 10h. Mais on leur a donné encore une dernière chance jusqu’à 17h. À 17h, nous avons constaté l’échec des négociations. On a demandé le respect des engagements. C’est ce qui pose problème. La direction reste sourde à notre préoccupation et à notre doléance. C’est ce qui nous a conduits à ce sit-in », a-t-il lancé. Après ce sit-in, le Comité syndical, a fait savoir Nouhoun Samassékou, va déposer un préavis de grève reconductible à 72 heures.

Soutien total du Synabef aux travailleurs de la BCI

Dans ce combat, les travailleurs de la BCI ont le soutien du Syndicat national des banques, établissements financiers et microfinances du Mali (Synabef). Le trésorier général du Synabef était présent à cette manifestation pour accompagner ses camarades de la BCI. « Ce sit-in est venu après plusieurs années de négociation. En tant que syndicat, nous en avons été témoins. Il y a deux semaines, nous étions là pour trouver un terrain d’attente entre le bureau local et la direction générale. Malheureusement, nous n’avons pas été bien accueillis ici. Nous étions obligés de partir et la suite c’est ce matin. Nous avons voulu éviter ce sit-in, mais le comportement de la direction de la BCI fait que nos camarades se sont vus dans l’obligation de l’organiser », a affirmé le trésorier général du Synabef. Il a dénoncé un rapport erroné produit par un expert recruté par la direction générale de la Banque. « Ils ont fait recours à un expert qui a produit un rapport erroné, un rapport basé uniquement sur le Code du Travail alors que notre Convention collective y apporte plus d’amélioration. Nous avons dit d’appliquer la Convention…. La BCI est signataire de cette Convention. Nous ne pouvons que soutenir nos camarades. Ce n’est pas une revendication mais une réclamation parce qu’un avantage déjà acquis », a déclaré Abdoulaye Kéïta. Il a rassuré ses camarades de la BCI de l’accompagnement sans faille du Synabef.

Dans les coulisses de ce sit-in, de nombreux agents de la BCI ont dénoncé l’incompétence de la directrice générale, Mme Haïdara Zeinabou Koureichi.

Chiaka Doumbia/Le Challenger

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