Les rites et les traditions:Le ciel noir, le fer noir, le canari noir, ce sont ces trois choses qui sont à la base du monde…

Selon une tradition orale recueillie par l’historien Drissa Diakité, la grande place de rassemblement de Soundiata, là où il organisait ses festivités s’appelait bien Kankanyafuga, qu’il ne faut pas confondre avec Kurukanfuga.Ce site historique est à Keniebakongo village situé dans les monts mandingues. Et c’est là qu’après la liquidation de Niani massa Kara Kamara et des autres rois réfractaires fut convoquée la grande assemblée de la réconciliation .Un à un tous les rois réfractaires à l’autorité de Soundiata furent vaincus. Certains avaient dit que c’était un enfant. D’autres avaient demandé que chacun reste avec son patrimoine. Eh bien ! Tous furent tués et leur patrimoine furent ajoutés à celui de Soundiata.
Le Mandé ne fut plus qu’un patrimoine unique et il était entre les mains de Soundiata. Voilà ce qu’on a dit quand Soundiata a pris en mains le destin du Mandé. Le monde même est basé sur trois choses : le ciel noir, le fer noir, et le canari (marmite de terre noir).Les fondements du monde sont ceux-ci. Pour que les hommes prospèrent il faut bien qu’ils vivent, or, peuvent-ils vivre sans se nourrir ? Il faut bien qu’ils travaillent la terre pour mettre quelque chose dans la grande marmite familiale. Mais peuvent-ils travailler la terre sans le fer noir du forgeron. Il leur faut bien recourir au fer noir de la forge, s’ils veulent travailler la terre. Mais avec tous les instruments du monde, s’il ne pleut pas, que peut-on faire ?Le ciel noir annonce la pluie, car il faut bien que des nuages s’amoncellent dans le ciel pour qu’il pleuve. Eh bien !, le ciel noir, le fer noir, le canari noir, ce sont ces trois choses qui sont à la base du monde. Ils évoquent tous la primauté du travail de la terre.
On réaffirma aussi la primauté et la majesté de Soundiata, on convint que les Kamara continueraient à détenir la propriété du sol tandis que le pouvoir politique serait l’apanage des Mansaren( Keita, Konaté), on codifia les cinq règles légitimant la possession d’un bien, on interdit le commerce des esclaves et l’assassinat, on institua la protection publique des lignages talentueux, le mariage et ses règles. On proclama les règles de la Senankuya et on détermina les références de la socialité mogonifinnya tagama serew, on créa les sociétés initiatiques etc..

B.CAMARA, Journaliste, Chercheur

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