Opération suspecte sur le compte de l’UGP-FM/GAVI : Orabank et Banque Atlantique flouées ?

Une opération effectuée sur le compte de l’Unité de Gestion des Projets Fonds mondial et Gavi (UGP-FM/GAVI) éclabousse deux établissements bancaires de la place : Orabank et Banque Atlantique.

Le 10 février 2023, la Banque Atlantique au Mali effectue un virement d’un montant de 98.575.294 FCFA du compte de l’Unité de Gestion des Projets Fonds mondial et GAVI sur le compte d’une société dénommée «Afrique Travaux» domiciliée à Orabank. Coup de théâtre : quelques jours après, l’UGP-FM/GAVI saisit l’établissement bancaire pour contester l’ordre de virement, lequel n’aurait jamais été émis par ses soins.

Des enquêtes internes permettent effectivement de mettre en lumière le caractère frauduleux de ce virement. Mais bien trop tard car, le 22 février, il y a eu un premier retrait de 53 millions de FCFA du compte de la société «Afrique Travaux» puis un second de 45,5 millions le lendemain le 23 février. Après son retrait, la personne ayant effectué ces opérations au compte d’Afrique Travaux offre 50 000 F. CFA à une chargée à la clientèle d’Orabank.    

Embarrassée par la situation, la Banque atlantique et Orabank sollicitent le Service d’investigations judiciaires de la Gendarmerie nationale. Colonel Haïdara et ses limiers se mettent à la tâche. Adjudant-chef Lamine Mantalla Traoré, Officier de police judiciaire et expert en investigations financières, dirige les opérations de traque sous la conduite du très discret et efficace Chef du SIJ. Un plan est concocté par les deux banques afin de tendre un piège aux auteurs de cette fraude. Ainsi, un faux ordre virement portant sur la somme de 151. 000.000 FCFA tombe dans le compte de l’entreprise. Le 09 mars, l’homme d’Afrique Travaux a eu vent de ce virement grâce à la chargée clientèle à qui il a fait cadeau de la somme de 50.000 FCFA à son dernier passage.

 

Quelle aubaine !

Dès le lendemain c’est-à-dire le 10 mars, il se présente tout surexcité à la caisse pour retirer ce montant. Informée au préalable, la caissière s’exécute le plus naturellement du monde. Le quidam effectue son retrait à mille lieux de se douter de quoique ce soit. Il se permet même d’offrir, cette fois-ci 250 000 FCFA à la chargée clientèle. Surprise à la sortie de la banque : il est interpellé par des agents des forces de sécurité aux aguets pendant tout ce temps. Le paquet d’argent fraichement retiré est immédiatement restitué aux responsables d’Orabank. Lui-même est alpagué est conduit au SIJ sis au Camp I de la Gendarmerie nationale où les enquêteurs entretiennent un grand mystère autour de cette affaire avec un silence légendaire dont ils sont les seuls à détenir le secret.

De sources bancaires et judiciaires, «Le Challenger» en sait un peu sur le mode opératoire de l’homme de l’entreprise «Afrique Travaux ». Le compte bancaire ouvert à Orabank a été fait sous une fausse identité. Ce nom était différent de son identité réelle découverte lors de son interpellation. Le suspect aurait « établi un faux ordre de virement au nom de GAVI au profit du compte de sa société.» Son téléphone portable aurait aussi livré certaines informations ayant permis d’établir des connexions.

A ce stade, l’existence de certains indices aurait conduit à l’interpellation, en plus du principal suspect, de cinq autres personnes dont trois d’Orabank, un de Banque Atlantique et un de Gavi. La suite des investigations permettra de savoir davantage sur cette affaire qui a porté préjudice à Orabank et Banque Atlantique.

Chiaka Doumbia/Le Challenger

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