‘’Entre Nous’’ : Avec tous et personne !

 

Il existe une catégorie de Maliens dont le reflexe est d’observer la direction du vent pour bien s’orienter. Ils sont apparemment avec ceux qui ont pignon sur rue, mais en réalité ils ne roulent que pour leurs intérêts. Devraient- ils pour faire composer avec le diable. Et là vous pouvez être sûrs qu’ils ne ratent jamais leur coup. Le Mali ? Ils n’en ont rien à foutre.

Ces ‘’situationnistes’’ et ‘’profitationnistes’’ selon notre regretté expert en latin-grec, infestent toutes les couches socioprofessionnelles. Ils recourent à toutes sortes d’astuces pour coller aux baskets des princes du jour et bénéficier de leurs attentions et faveurs. Ils sont sans vergogne tant qu’il s’agit de parvenir à leurs fins et savent comment s’y prendre pour courtiser les proches de ces derniers, se faire des amis au sein de leurs familles et autres relations. Car il n’est pas question pour eux d’être éloignés un seul instant des cercles du pouvoir. Ils ne sauraient survivre!

C’est comme ça au Mali depuis plusieurs décennies ! Ils ont léché les bottes de Moussa Traoré, massé les pieds d’Alpha Oumar Konaré, applaudi à se rompre les phalanges ‘’le grand bâtisseur, le soldat du développement, le soldat de la démocratie, le soldat de la paix !’’ : le Général ATT. Ils se sont couchés à plat ventre au pied d’Amadou Haya Sanogo et rampé devant Dioncounda Traoré. Après avoir chanté les louanges du camarade ‘’kankéléntigui’ et partagé l’amour du Mali, les voici en train de faire croire à Assimi Goïta qu’il est l’homme de la situation, «le sauveur», «l’homme qui a rendu au pays sa souveraineté et sa dignité», «l’indéfectible et imperturbable patriote».

Leur objectif atteint à coups de flagorneries à l’eau de rose, ces opportunistes deviennent subitement aveugles, sourds et muets. Par peur de perdre les privilèges liés à leurs fonctions. Ils ferment les yeux sur les dérives de la gouvernance. Sourds aux atteintes aux libertés fondamentales et autres violations des droits de l’homme, ils restent aphones devant les cas d’instrumentalisation d’une justice aux ordres, au grand dam du principe de la séparation des pouvoirs dans un Etat qui dit aspirer à mieux conduire les politiques publiques.  

Mais une chose est certaine : les commanditaires tout comme les commettants d’abus et leurs soutiens zélés ou de circonstance ne sont pas plus condamnables que ceux qui restent de marbre, parce que craignant pour leur situation acquise de la façon que l’on sait.

L’autre certitude est que personne n’échappera à ces nouveaux modes opératoires de nos institutions. Ceux qui s’y plaisent ou s’en accommodent doivent se ressaisir rapidement s’ils ne veulent être les prochaines victimes. Car l’histoire récente de notre pays est riche de ces cas d’exécuteurs de la basse besogne passés à leur tour à la guillotine.

Jamais un citoyen – le mot a bien un sens- ne devrait fermer les yeux sur les cas d’enlèvements, de disparitions, de séquestrations, de tortures, ni encourager l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire à des fins politiques ou personnelles. «Nul n’est à l’abri de la violation de ses droits. La protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée» répète à qui veut l’entendre le Président de la Commission nationale des Droits de l’homme, Aguibou Bouaré.

Notre regretté et non moins célèbre confrère Norbert Zongo ne disait pas autre chose : «chaque compromission avec une dictature est toujours payée au prix fort. La règle ne souffre pas d’exception».

Par Chiaka Doumbia

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