Portrait : ‘’Pédagogie’’, le coiffeur de Samé

De son vrai nom, Issa Soïba, ’’Pédagogie’’ vit depuis dix-sept ans de la coiffure, métier qu’il a appris auprès d’un porteur d’uniforme et qu’il exerce avec un talent qui a forgé sa réputation. Mais, alors, pourquoi ce sobriquet ‘’Pédagogie’’ pour un coiffeur ? Parce que, devenu un cas d’école dans son domaine, ce jeune aime apprendre son art à d’autres jeunes inspirés par son exemple.    

La trentaine, teint légèrement brûlé, haut d’environ 1 m 65, de gros yeux,… le profil de «Pédagogie» est bien familier à Samé, un quartier populaire de la commune III du District de Bamako. Il a ouvert un salon depuis 2006 pour la coiffure. Son métier l’a rendu si célèbre, à en juger par la nombreuse clientèle attirée sans nul doute par son immense talent.

Issa Soïba, de son vrai nom, a les cheveux noirs toujours bien soignés et aime porter un T-shirt noir sur un pantalon kaki s’il n’a pas sa blouse sur lui. Son sobriquet lui a été collé non pas seulement pour la qualité de ses prestations et son comportement vis-à-vis de sa clientèle qu’il sait toujours mettre à l’aise, mais pour   une autre raison. A plusieurs jeunes inspirés par son exemple, il a transmis ses connaissances. Ainsi au cours de ses dix-sept années d’exercice, Issa Soïba a à son actif plusieurs jeunes formés un peu partout à Bamako. «J’ai formé beaucoup de jeunes dans ce domaine, en commençant par mon propre frère, puis des élèves et étudiants et même des enfants non scolarisés. Ils ont tous leur propre salon actuellement où ils gagnent leur vie. Chaque fois que je vois ces jeunes, je me sens fier de moi».

Ne voyant pas son avenir à l’école, il a dû l’abandonner à partir de la 7è année pour la coiffure, raconte-t-il. «J’aimais déjà ce métier depuis mon jeune âge. Aujourd’hui, je vis de ça. J’ai fondé un ménage et aussi construit ma maison rien qu’en le pratiquant», nous confie-t-il. Un talent inné ? Comment l’a-t-il appris ?

‘’Ma maman m’a aidé à ouvrir mon premier salon…’’

Et ‘’Pédagogie’’ de nous révéler qu’il a été initié par un porteur d’uniforme, agent de la Garde nationale, Abdoulaye Niaré dit ‘’Blo’’, au Camp de Kati. «Je partais dans son salon. Il me donnait des conseils et m’encourageait également. Après mon perfectionnement, ma maman m’a aidé à ouvrir mon premier salon, un abri en bois. Dieu merci, maintenant, je l’ai refait en ciment».

D’après Soïba, les débuts n’ont pas été faciles. «Un moment donné, j’ai confié le salon à mon petit frère, qui était mon apprenti, pour aller tenter ma chance sur les sites d’orpaillage, car ce que je gagnais ne me permettait pas de satisfaire les besoins de mes parents, mes frères et sœurs. Comme je voulais changer aussi l’image de mon salon pour attirer les clients, je faisais des rotations entre là-bas et ici. Cet objectif atteint, je suis revenu m’installer définitivement». Mais son rêve est d’avoir plus d’espace pour «un salon complet pour les hommes et les femmes». En attendant, ‘’Pédagogie’’ vend également aux clients des produits pour mieux entretenir leurs cheveux.

Mais, en plus de son métier, sa première passion, l’homme en a une autre : les films. «Je voulais être acteur dans les films séries». lance-t-il. Son intime ami, Moumine Sanogo, le décrit comme un homme «bavard, vertueux et généreux, parfois nerveux à l’égard de personnes surtout malhonnêtes». Il a une aversion totale pour l’alcool et déteste toute forme d’atteinte à nos mœurs.

 

Boubacar Idriss Diarra/Le Challenger

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