Banque pour le Commerce et l’industrie : Les agents en colère contre la directrice générale

Après deux jours de sit-in (les 6 et 7 juillet), les agents de la BCI-Mali menacent d’aller en grève pour 72 heures si la directrice générale, Mme Haïdara Zéinabou Kouréichi, continue de faire la sourde oreille à leurs revendications.  

Les 6 et 7 juillet 2023, les travailleurs de la Banque pour le commerce et l’industrie (BCI) ont pris d’assaut la devanture des bureaux de la direction générale pour un sit-in de protestation contre ‘’certaines pratiques’’ au sein de l’établissement. Les pancartes brandies portaient l’essentiel de leurs griefs : «Non au management autoritaire !» ; «Oui au management participatif !»  «Pour l’application des protocoles d’accord 2020, 2023, la justice, le respect, la considération, la formation, la promotion interne du personnel  et un management qualifié» ; «ensemble nous sommes forts, unis nous vainquons », «Ancien doit être reconnu, valorisé, et récompensé» ; «Nous voulons une formation adaptée pour le personnel » ; «Trop, c’est trop. Nous voulons un management qualifié » ; «Nous voulons un traitement juste, équitable de tous les employés » ; «Le conseil d’administration doit être à l’écoute de tout le personnel et une seule personne» ; «Non au clanisme et au favoritisme dans notre institution bancaire» ; «Une bonne gestion des carrières permet d’améliorer continuellement leur performance et réaliser le potentiel en accord avec les objectifs de l’entreprise». 

Selon le Secrétaire général du comité syndical, Nouhoun Samassékou, la volonté des travailleurs de maintenir un climat social apaisé s’est heurtée au silence méprisant de la direction générale. Les anciens cadres, a-t-il expliqué dans un document, se sentent « persécutés, délaissés et écartés par l’instance dirigeante ….». En d’autres termes, les responsables de la BCI sont en train d’écarter les  compétences internes au profit des nouveaux venus. Plus grave :« nous assistons à la formation d’un clan autour de la hiérarchie et de mise à l’écart des anciens qui se sont investis corps et âmes pour propulser notre entreprise».

Dénonçant l’absence de plan carrière, le responsable syndical a déclaré que des caissiers sont au même poste depuis 15 ans. A la différence des autres banques, la BCI n’organise pas de formation pour ses agents à en croire Nouhoun Samassékou. Il dénonce aussi les lenteurs dans l’application de l’accord établissement homologué par le Directeur national du travail, les irrégularités sur le bulletin de paie, le manque de considération du personnel et les conditions de vie et de travail difficiles.

Nouhoun Samassekou a cité les cas de deux dames. La Première a été relevée de son poste sans que la moindre faute lui soit reprochée et un huissier a été commis pour défoncer la porte de son bureau en son absence. La seconde a été injustement gardée à vue pendant une journée au commissariat de police du 5ème arrondissement. Depuis des années, a-t-il expliqué, elle vient et part sans rien faire. Elle ne peut même accéder à un prêt. Le Secrétaire général regrette que la BCI n’évolue pas comme les autres établissements bancaires. «La direction générale reste sourde à nos doléances» et le Comité syndical est déterminé  à défendre les droits matériels et moraux des travailleurs de la BCI. La prochaine étape de la lutte, a-t-il annoncé est le dépôt d’un préavis de grève de 72 heures.

Chiaka Doumbia et Fatoumata Djourté, stagiaire/Le Challenger

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