Reprise du trafic ferroviaire : Les cheminots pris en otage ?

Le train a sifflé le 9 juin 2023 grâce au sacerdoce d’une équipe de cheminots extrêmement motivés et heureux de la perspective de percevoir enfin leurs salaires après de si longues années. Mais cet espoir rallumé depuis plusieurs mois est-il en train de tourner au désespoir ? Les cheminots sont-ils pris en otage comme le pensent certains ? Par qui ? Le département de tutelle ?

Après une interminable période d’inactivité, les cheminots ont consenti ne ménageant ni leur énergie ni leur savoir-faire ni leur temps un lourd sacrifice pour la reprise du trafic ferroviaire. Cependant, l’espoir de voir leur vie sortir de la mouise a rapidement laissé place au désespoir : ils n’ont toujours perçu le moindre kopeck en guise de salaires.

Pourtant, la reprise a commencé sous de bons auspices, avec une forte demande de voyageurs. Les recettes générées dès le premier mois ont dépassé les 100 millions CFA. Malgré ce résultat encourageant, les travailleurs peinent toujours à satisfaire leurs besoins vitaux. Faute de salaire. Les recettes engrangées ne pourraient –elles pas déjà contribuer à faire face aux salaires du personnel, comme cela était le cas avec Transrail pendant la concession. A cette époque, la masse salariale qui atteignait les 600 millions CFA est actuellement en deçà des 100 millions.

Le ministre de l’Équipement et des Transports, Dembélé Madina Sissoko, est-elle au courant de cette situation fort embarrassante ? Ces travailleurs méritent un traitement équitable, car ils ont fait des sacrifices considérables pour redynamiser le trafic ferroviaire. La récente affaire de billets fictifs pourrait être une conséquence du manque de salaires et il est légitime de se demander si un responsable qui travaille dans de telles conditions ne risque pas de devenir un potentiel voleur.

De plus, le risque d’une crise de billets de voyage plane aujourd’hui. Car l’imprimeur qui en assurait la production se trouve en prison suite à l’affaire des billets fictifs. Selon des sources proches, il a accepté de bon cœur d’imprimer les billets sur fonds propre en attendant que la situation financière de la société de patrimoine ferroviaire s’améliore. Au point que la société déjà lui doit à ce jour une importante somme d’argent, apprend-on de bonne source.

Par ailleurs, les conditions dans lesquelles se sont déroulées les arrestations laissent penser que cette affaire renferme de nombreux non-dits. Au lieu d’une enquête juste et équitable afin de situer les responsabilités, tout se passe comme si on a choisi de faire fi de la présomption d’innocence.

A suivre

Drissa Togola/Le Challenger

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