{"id":2901,"date":"2025-10-06T13:18:56","date_gmt":"2025-10-06T13:18:56","guid":{"rendered":"https:\/\/maliafrique.ml\/?p=2901"},"modified":"2025-10-06T13:18:57","modified_gmt":"2025-10-06T13:18:57","slug":"tribune-ogm-et-coton-en-afrique-trouver-la-voie-de-lequilibre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maliafrique.ml\/index.php\/2025\/10\/06\/tribune-ogm-et-coton-en-afrique-trouver-la-voie-de-lequilibre\/","title":{"rendered":"Tribune\u00a0: OGM et coton en Afrique: Trouver la voie de l\u2019\u00e9quilibre"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Cette tribune du ministre Harouna Niang sur l\u2019\u00e9volution du secteur coton en Afrique vise \u00e0 ouvrir le d\u00e9bat. Pour lui, l\u2019enjeu n\u2019est pas de dire \u201coui\u201d ou \u201cnon\u201d aux OGM, mais de choisir la voie qui renforce la comp\u00e9titivit\u00e9 du coton africain tout en prot\u00e9geant la sant\u00e9, l\u2019environnement et l\u2019ind\u00e9pendance des pays producteurs.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Afrique est aujourd\u2019hui face \u00e0 un dilemme. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, la pression des changements climatiques, des maladies des plantes et de la concurrence mondiale pousse les producteurs de coton \u00e0 chercher des rendements plus \u00e9lev\u00e9s. De l\u2019autre, beaucoup redoutent qu\u2019en ouvrant la porte aux organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM), le continent ne devienne d\u00e9pendant de quelques grandes entreprises de semences et ne prenne des risques sanitaires encore mal connus sur le tr\u00e8s long terme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi certains d\u00e9fendent les OGM<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans de nombreux pays producteurs de coton comme les \u00c9tats-Unis, le Br\u00e9sil, l\u2019Inde ou la Chine, les vari\u00e9t\u00e9s de coton dites Bt (r\u00e9sistantes \u00e0 certains insectes) ont montr\u00e9 des r\u00e9sultats impressionnants : en moyenne +20 % de rendement, \u201335 \u00e0 \u201340 % de pesticides, et donc une am\u00e9lioration du revenu des cultivateurs. Moins de pesticides<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">signifie aussi moins d\u2019intoxications et une pression moindre sur l\u2019environnement. Des pays africains ont d\u00e9j\u00e0 franchi le pas : le Nigeria et le Kenya ont autoris\u00e9 le coton Bt, avec des gains de rendement et une r\u00e9duction des pulv\u00e9risations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pourquoi d\u2019autres restent prudents<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019exp\u00e9rience du Burkina Faso est un avertissement. Apr\u00e8s quelques ann\u00e9es d\u2019utilisation, le pays a retir\u00e9 le coton Bt parce que la qualit\u00e9 de la fibre s\u2019\u00e9tait d\u00e9grad\u00e9e, ce qui p\u00e9nalisait les filatures et faisait chuter le prix de vente. Dans d\u2019autres r\u00e9gions du monde, comme en Inde, certains insectes ont fini par d\u00e9velopper une r\u00e9sistance, obligeant les agriculteurs \u00e0 reprendre les traitements chimiques. Beaucoup craignent aussi une d\u00e9pendance \u00e9conomique : les semences OGM sont plus ch\u00e8res et prot\u00e9g\u00e9es par des brevets. Enfin, l\u2019acceptation par les consommateurs reste un sujet sensible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un \u00e9cart de productivit\u00e9 pr\u00e9occupant<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant ce temps, l\u2019Afrique reste loin derri\u00e8re : au Mali, au Burkina ou au B\u00e9nin, le rendement moyen tourne autour de 350 \u00e0 480 kg de coton fibre par hectare, quand les champions mondiaux d\u00e9passent 1 800 kg\/ha. Cet \u00e9cart ne s\u2019explique pas seulement par l\u2019absence d\u2019OGM : il tient aussi \u00e0 l\u2019irrigation, \u00e0 la m\u00e9canisation et \u00e0 la qualit\u00e9 des intrants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Que faire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019enjeu n\u2019est pas de copier aveugl\u00e9ment les pays avanc\u00e9s, mais de construire une strat\u00e9gie africaine. Quelques pistes:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2022 Investir dans la recherche locale : tester des vari\u00e9t\u00e9s OGM dans des instituts publics, en v\u00e9rifiant la qualit\u00e9 de la fibre et l\u2019impact sur l\u2019environnement avant toute diffusion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2022 N\u00e9gocier des licences \u00e9quitables avec les d\u00e9tenteurs de brevets pour \u00e9viter une d\u00e9pendance excessive et permettre aux producteurs de conserver un droit de ressemis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2022 Combiner les OGM avec d\u2019autres pratiques : irrigation raisonn\u00e9e, rotation des cultures, lutte int\u00e9gr\u00e9e contre les ravageurs. Les OGM ne sont qu\u2019un outil parmi d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2022 Informer et associer les citoyens : d\u00e9bats publics, \u00e9valuations scientifiques transparentes et claires pour b\u00e2tir la confiance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Un choix de souverainet\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Afrique ne peut rester spectatrice des innovations qui redessinent l\u2019agriculture mondiale. Mais elle ne doit pas non plus sacrifier sa souverainet\u00e9 semenci\u00e8re ni la qualit\u00e9 de son coton, qui est son principal atout dans la cha\u00eene textile. Le v\u00e9ritable d\u00e9fi est donc de participer \u00e0 la recherche et d\u2019avancer par \u00e9tapes, avec des r\u00e8gles strictes et des objectifs clairs, afin que la technologie serve d\u2019abord les int\u00e9r\u00eats des producteurs et de l\u2019\u00e9conomie africaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>H. Niang<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette tribune du ministre Harouna Niang sur l\u2019\u00e9volution du secteur coton en Afrique vise \u00e0 ouvrir le d\u00e9bat. 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