Les dernières évolutions démontrent sans doute un élargissement des champs d’actions des filiales du Jnim (Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn) d’Iyad Ag Galy au Mali et au Burkina et un retour en force de l’Etat islamique au Niger.
Au pays des hommes intègres, Djibo, Diapaga, Thiou et autres localités martyres gardent encore les stigmates du passage des combattants d’Ansarul Islam, la filiale du Jnim qui mène depuis 2015 l’insurrection armée contre le pouvoir central.
Au Mali, il y a eu les attaques contre le site minier chinois à Naréna et le chantier de la société Covec à 90 km de Kayes, le poste de Sandaré et le camp de Dioura dans le cercle de Ténenkou (région de Mopti).
Au Niger, les équipées contre la base militaire d’Eknewan dans la commune Tillia (région de Tahoua) et la caserne de Mossipaga continuent de marquer les esprits. Tout comme l’attaque audacieuse de la ville stratégique de Diffa entre 1h et 5h par les combattants de l’Etat islamique au grand Sahara. Une attaque repoussée grâce à la vigilance des forces armées nationales du Niger.
Le Bénin continue de soigner ses plaies suite à l’attaque meurtrière du 17 avril dernier dans la zone des trois frontières (Bénin, Niger et Burkina Faso) contre une position de ses forces armées. Le lundi dernier, le Jnim a attaqué une position abandonnée par l’armée béninoise en capturant une quantité importante d’armes et de munitions.
Du Bénin au Mali en passant par le Burkina et le Niger, les attaques récurrentes du Jnim ou de l’Eigs suscitent de profondes inquiétudes et pourraient présager des lendemains encore plus incertains. Visiblement, il y a une réorganisation du Jnim et de ses filiales avec l’usage de plus en plus accru de moyens technologiques. Qu’ils soient du Jnim ou de l’Eigs, les combattants se servent des drones kamikazes pour ouvrir les hostilités avant d’aligner des hommes au sol.
Le recours à cette technologie avec des engins modifiés pour porter des charges explosives change la nature d’une guerre asymétrique et met à mal le dispositif des forces républicaines de défense et de sécurité. Il s’agit-là d’une escalade qui préoccupe, voire inquiète. Ce nouveau mode opératoire de ces groupes armés illustre parfaitement leur capacité d’adaptation.
Au même moment, des observateurs constatent un changement stratégique du discours prôné par le Jnim. Le ton et les attaques autrefois virulentes contre l’occident ont beaucoup évolué depuis les évènements en Syrie avec la prise du pouvoir d’Ahmed al-Charaa, de son nom de guerre Abou Mohammed al-Joulani. La propagande djihadiste raffine ses prises de parole à l’image des sorties récentes de Mahmoud Barry et d’un responsable important d’Ansarul Islam. À quelle fin ? L’avenir nous édifiera !!!
Chiaka Doumbia/Le Challenger
