La salle des conférences du Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme (MACIHT) a accueilli, le 22 mai 2025, la 3ᵉ réunion du comité de pilotage du programme de réparation collective des destructions des bâtiments protégés de Tombouctou. La rencontre s’est tenue sous la présidence du représentant du MACIHT, Mamadou K. Diarra, en présence d’Aulde De Golf, représentante du Fonds au profit des victimes (FPV), ainsi que de plusieurs autres participants.
Selon Mme Aulde De Golf, cette troisième session marque un tournant important dans la mise en œuvre du programme de réparation ordonné par la Cour pénale internationale (CPI). Elle a salué le travail acharné réalisé en collaboration avec la communauté de Tombouctou et les autorités maliennes. Elle a également souligné les avancées majeures du programme : 100 % des réparations individuelles et symboliques ont été réalisées, ainsi que 80 % des réparations collectives. Parmi les nouvelles mesures mises en œuvre, 15 viennent renforcer et élargir l’impact du programme, dont la réhabilitation du musée de Tombouctou. Elle a précisé que le programme s’achèvera en décembre 2025.
Oumou Dicko, représentante de l’UNESCO, a salué le partenariat inédit avec le FPV et la CPI dans le cadre de l’affaire Al Faqi. Grâce à ce partenariat, plusieurs réalisations importantes ont été menées à bien à travers le projet « Réhabilitation et valorisation des bâtiments protégés de Tombouctou ». Elle a également mis en valeur la synergie d’action entre les différentes parties prenantes – FPV, UNESCO, CIDEAL, et CFOGRAD – et l’approche communautaire adoptée pour la mise en œuvre des activités. Les résultats du programme sont fortement appréciés par les autorités et les communautés locales, qui y voient un levier de résilience, de préservation du patrimoine, et de relance économique.
Mamadou K. Diarra, représentant du ministre de la Culture, a pour sa part remercié tous les participants et partenaires ayant contribué à la réhabilitation des bâtiments protégés. Il a rappelé que des biens culturels d’importance nationale et mondiale – tels que les mausolées de saints musulmans et la porte secrète de la mosquée Sidi Yahya – ont été gravement et délibérément endommagés, dans leurs dimensions matérielles comme immatérielles. Il a souligné que ces destructions ont porté atteinte à des valeurs sociales essentielles : la cohésion, le dialogue des cultures et le vivre-ensemble. Face à ce contexte difficile, le gouvernement du Mali, en partenariat avec la communauté internationale, notamment l’UNESCO, a entrepris plusieurs actions pour protéger le patrimoine culturel, reconstruire les biens détruits, et préserver les manuscrits anciens. Le programme de réhabilitation vise également à soutenir la justice internationale, à travers les sanctions prononcées par la CPI contre les auteurs de ces crimes contre l’humanité.
Sidy Modibo Traoré et Rokia Coulibaly/Le Challenger
