Les travaux de la 72ᵉ session du Conseil d’administration des Aéroports du Mali (ADM) se sont tenus le 27 août dernier, au nouveau siège de la structure. À cette occasion, le président-directeur général des ADM, le colonel Lassina Togola, a présenté le bilan du trafic enregistré dans les différentes plateformes aéroportuaires du pays au cours des six premiers mois de 2025. Ce rapport met en lumière une évolution contrastée du secteur.
Ainsi, le nombre de voyageurs ayant transité par les aéroports du Mali a dépassé 466 000 au premier semestre 2025, soit une hausse de 15,03 % par rapport à la même période en 2024. En revanche, les mouvements d’avions ont reculé, avec 8 116 atterrissages et décollages, soit une baisse de 11,7 %.
Le fret aérien et le courrier postal affichent également des performances positives : plus de 4,3 millions de kilogrammes de marchandises transportées (+1,67 %) et 21 477 kg de courrier postal, en forte progression de 51,45 % par rapport à l’année précédente.
Selon le colonel Lassina Togola, l’évolution du trafic et le taux de réalisation du budget au 30 juin 2025 devraient permettre à l’ADM d’atteindre les objectifs fixés par le Conseil d’administration d’ici au 31 décembre.
Ces résultats traduisent une tendance marquée : moins de vols, mais des avions mieux remplis, ce qui témoigne d’une optimisation des capacités par les compagnies aériennes. Le phénomène, observé ailleurs dans la région, confirme que la demande reste soutenue malgré un contexte régional complexe et des relations diplomatiques parfois tendues.
Cette dynamique nourrit les ambitions des autorités maliennes, qui y voient une base solide pour renforcer le rôle du pays dans le réseau aérien régional et soutenir les projets d’investissement dans les infrastructures aéroportuaires. Plusieurs initiatives d’extension sont d’ailleurs en discussion dans la sous-région.
L’absence d’Air France, conséquence des tensions diplomatiques entre Bamako et Paris, a marqué un tournant. La compagnie française, longtemps leader sur la liaison Bamako-Paris, a suspendu ses vols, laissant un espace qu’ont cherché à occuper d’autres transporteurs régionaux et internationaux. Dans le même temps, l’État malien a affiché sa volonté de promouvoir de nouvelles compagnies locales, comme Mali Airways, dont le lancement est prévu dans les prochaines années. Ce repositionnement stratégique vise à réduire la dépendance vis-à-vis des compagnies étrangères et à renforcer la souveraineté nationale dans ce secteur clé.
Par Abdoulaye OUATTARA
