Après les déclarations de Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, qui a qualifié, ce 30 juillet Mamadou Hawa Gassama DIABY d’« ouvrier », Me Mamadou Ismaïla KONATE, l’avocat de ce dernier, est aussitôt monté au créneau pour réaffirmer le statut de parlementaire de son client « bénéficiant d’une immunité reconnue au Mali ».
Il s’agit d’un nouveau rebondissement dans les déboires judiciaires de Mamadou Hawa Gassama incarcéré en Côte d’ivoire.
Le porte-parole du gouvernement ivoirien a laissé entendre ce 30 juillet que son pays ne reconnait par l’intéressé en tant que diplomate mais comme un « ouvrier ».
En réponse à une question de la presse à l’issue du Conseil des ministres, Amadou Coulibaly a déclaré ceci : « Pour ce qui est donc de M. Gassama, oui, il a été pris ici, mais à partir du moment où une procédure est engagée, vous comprenez que je me réserve de commentaires sur cette interpellation. Un parlementaire malien, oui, peut-être que l’immunité dont il jouit dans son pays. Je ne crois pas que le passeport dont il disposait était un passeport diplomatique, ce qui lui aurait conféré une certaine immunité, puisque des éléments qui nous reviennent, il était ouvrier ».
Des déclarations qui ont sorti Me Mamadou Ismaïla KONATE, l’avocat de Mamadou Hawa Gassama, de son silence. L’ancien ministre de la justice a répondu au porte-parole du gouvernement ivoirien en ces termes sur X (ancien Twitter):
« L’ouvrier Mamadou Hawa GASSAMA, plusieurs fois député, actuellement membre du Conseil national de la transition du Mali (CNT), attend sereinement d’être entendu par le juge compétent, dans le respect de la procédure. Il ne s’est jamais soustrait à la justice et se tient prêt à s’expliquer sur le fond », a-t-il réagit.
Pour l’avocat, en sa qualité de représentant du pouvoir législatif de la transition, bénéficiant d’une immunité reconnue au Mali, « Il ne saurait être soustrait aux exigences de la justice, mais mérite que l’on fasse preuve, à son endroit, de la considération due à sa fonction », a-t-il rétorqué.
De ce fait, dit-il, il est aussi en droit d’attendre une certaine courtoisie dans le traitement de sa situation, au nom des principes de bon voisinage et de fraternité entre États liés par l’histoire, la géographie et le sang des peuples.
« Un sage ivoirien me rappelait récemment une parole chère au Président Félix Houphouët-Boigny : « Le Mali et la Côte d’Ivoire sont comme la colas et le sel. Une fois la cola mâchée, c’est avec le sel que l’on se racle la gorge. »
Dans cette épreuve malencontreuse, sachons demeurer maliens et ivoiriens à la fois, fidèles à l’esprit de la cola et du sel : liés par les rites, la mémoire et la nécessité de la modération. Puisse la sagesse africaine guider les cœurs et les institutions », a-t-il plaidé.
Pour Me Mamadou I. KONATE, le porte‑parole ivoirienne nie immunité, Mamadou Hawa Gassama DIABY alors que le statut parlementaire est consigné dans le droit international.
« C’est une tentative grave de légitimation de l’injustice », a-t-il prévenu.
Par Abdoulaye OUATTARA
