Les autorités de la Transition ont dédié l’année 2025 à la culture. Après six mois d’actions culturelles, les acquis incitent à l’espérance aux dires du ministre de la Culture, de l’Artisanat, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.
Décrétée année de la culture, par le Président de la Transition, pour promouvoir les valeurs sociétales et revitaliser le patrimoine national, 2025 affiche déjà un bilan éloquent : réformes, projets structurants, promotion des talents, éducation citoyenne et diplomatie culturelle. En ligne de mire, l’inscription durable de la culture comme moteur d’unité, de cohésion sociale et de développement économique.
Au tableau de chasse du département de la culture, on peut mettre en relief : la caravane pour la paix du célèbre couturier nigérien Alphady, le 15 août dernier, au Musée national. Transit sur la route du Festival International de la Mode Africaine (Fima). Ensuite, au Mémorial Modibo Keita, en ce mois d’août, le professeur et cinéaste Cheick Chérif Kéita, parrain culturel dudit mois, a offert au public une plongée dans l’univers du « Rossignol de la musique mandingue », Salif Keïta sous le thème « Mbemba : Salif Kéita et sa quête d’une légitimité artistique », morceau phare extrait de l’album éponyme sorti en 2009.
Pont entre le passé et le présent
Ce soir-là, au Mémorial, « Mbemba » n’était pas qu’une chanson. C’était un pont entre passé et présent, un écho vibrant de la mémoire collective malienne. Derrière l’artiste adulé se cache un homme resté fidèle à ses racines, malgré la célébrité et les scènes internationales.
A l’exposition universelle Osaka 2025, deux artistes plasticiens, Mamari Diallo résidant au Japon et Souleymane Ouologuem, basé au Mali, ont réalisé un vernissage de l’exposition d’art contemporain avec honneur, grâce au ‘’Ginna, la Fondation de la société’’, exposé au Japon.
A l’occasion de la 79è fête d’indépendance de l’Inde, un Festival du film Inde-Mali a été organisé, du 15 au 17 août dernier, dans la salle Balla Moussa Kéita du CICB au cours duquel un hommage a été rendu aux doyens de l’industrie cinématographique.
Au Musée national du Mali, notre compatriote Pr Chérif Kéita, résidant aux Usa, a invité le public à la découverte du film documentaire ‘’Remembering Nokutela’’, réalisé en Afrique du Sud. Ce film de 57 minutes est un chef-d’œuvre cinématographique, qui résume le combat du Pr Chérif Kéita, pour rappeler à la mémoire collective ce que fut l’engagement de Nokutela Mdima Dubé, née en 1873 et décédée en 1917.
En perspective, du 18 au 28 décembre prochain, la Biennale artistique et culturelle, édition Tombouctou 2025, est un événement très attendu, surtout en cette année de la culture.
« L’homme ne vit pas que de pain», dixit le sage
La métaphore du pain et de la culture est inspirée de la citation biblique ‘’L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ‘’. Elle met en évidence le besoin humain de nourriture spirituelle et culturelle, en plus des besoins matériels.
En cette période de crise sécuritaire multidimensionnelle, tout le monde est au front : front militaire, front médiatique, front économique, front cybernétique, front culturel…
De tous ces fronts, le front culturel est le levier le plus prégnant, car plus proche du peuple, à travers le vecteur linguistique. Par exemple la parenté à plaisanterie est une colombe de la paix. Elle vient à bout de beaucoup de nos différends.
Selon le ministre Daffé, les six mois ont contribué à jeter les bases de la renaissance culturelle du Mali. La seconde partie de l’année sera entamée avec abnégation en vue de consolider les acquis et de raffermir la réputation dont jouit notre pays.
Mohamed Koné
